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    Un comédien se dissocie d’une pièce sur Fredy Villanueva

    Le projet ne peut continuer sans l’appui explicite de la mère du jeune tué en 2008 à Montréal-Nord

    29 octobre 2016 |Philippe Orfali | Théâtre
    Ricardo Lamour est membre du Comité de soutien à la famille Villanueva.
    Photo: Annik MH De Carufel Le DEvoir Ricardo Lamour est membre du Comité de soutien à la famille Villanueva.

    Six mois après la fin d’une série de 21 représentations à guichets fermés de Fredy, pièce inspirée de la mort tragique de Fredy Villanueva survenue à Montréal-Nord en 2008, l’un de ses comédiens s’en dissocie sans équivoque. Proche de la famille du jeune homme abattu par les policiers, Ricardo Lamour expliquait alors, dans la pièce elle-même, ses réserves par rapport à l’oeuvre controversée d’Annabel Soutar. Mais dénoncer sur scène ne suffit plus : cette pièce ne doit plus jamais être produite, au Canada ou ailleurs, parce que la famille de la victime s’y oppose toujours, juge-t-il.

     

    Alors que la boîte de production Porte Parole tenterait de vendre les droits de l’oeuvre à l’étranger et que des projets de tournée à Montréal-Nord et ailleurs au Québec seraient sur la table, M. Lamour est désormais d’avis que la pièce représente un effort d’« appropriation culturelle » et lui reproche à nouveau d’avoir été écrite et réalisée sans le consentement de Lilian Madrid Villanueva, la mère de la victime.

     

    « Tout ce qui s’est passé le 9 août 2008, le fait de se permettre d’utiliser le nom de la victime, […] de faire une oeuvre où la tragédie est centrale, la commercialiser sans droit de regard de la part de la famille, c’est pour moi une appropriation culturelle. On en a fait un produit culturel. Fredy, c’est un nom qui marque, qui résonne, ça fait partie de notre histoire collective, et les principaux concernés n’ont pas eu le droit de s’exprimer », a déploré Ricardo Lamour en entrevue au Devoir.

     

    S’il avait répondu par l’affirmative à l’invitation de l’auteure de participer à la pièce, c’était pour pouvoir exposer le point de vue de la famille. Celle-ci était alors consciente que la pièce serait présentée, qu’elle le veuille ou non, au théâtre La Licorne. Son témoignage, à la toute fin de la pièce, permettrait d’exposer, sans filtre, la vision des Villanueva, espérait M. Lamour.

     

    « Intenable »

     

    L’opposition continue de lafamille Villanueva et les tensions suscitées au sein du Comité de soutien l’ont toutefois placé dans une situation « intenable », indique M. Lamour, qui est également intervenant social.

     

    Une rencontre tenue en juin entre l’équipe de la pièce de docu-théâtre et la famille du jeune homme se serait une fois de plus conclue par un échec.

     

    « La famille a dit et redit qu’elle ne voulait pas que la pièce soit présentée. Maintenant, il se peut qu’elle soit présentée ailleurs. Une fois de plus, la famille a dit non, mais Mme Soutar continue. Je ne suis pas d’accord avec l’acharnement dont elle fait preuve quand il s’agit de faire les choses sans l’accord de la mère de Fredy. C’était devenu très difficile à vivre. »

     

    L’auteure de la pièce n’a pas donné suite aux nombreux appels du Devoir, vendredi.

     

    L’un des comédiens de l’oeuvre, Solo Fugère, a, quant à lui, indiqué « comprendre » les motifs de M. Lamour. « Je m’y attendais un peu, parce qu’on sentait, tout au long du processus, les tensions, l’insatisfaction de la famille. Ce devait être dur, quand on est à sa place, de concilier » la pièce et sa participation au Comité de soutien, a estimé le comédien.

     

    Fredy mettait également en vedette Nicolas Michon, Iannicko N’Doua, Alice Pascual, Joanie Poirier et Étienne Thibeault, dans une mise en scène de Marc Beaupré.

    Ricardo Lamour est membre du Comité de soutien à la famille Villanueva. Le comédien Ricardo Lamour est désormais d’avis que ce docu-théâtre représente un effort d’« appropriation culturelle ».












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