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    Théâtre

    La petite vie

    22 octobre 2016 | Marie Labrecque - Collaboratrice | Théâtre
    Marie-Chantal Perron rend sa Jocelyne fort sympathique, simple et chaleureuse.
    Photo: Francois Laplante Delagrave Marie-Chantal Perron rend sa Jocelyne fort sympathique, simple et chaleureuse.
    Théâtre
    La Liste de mes envies
    Texte : Grégoire Delacourt. Adaptation : Maryse Warda. Mise en scène : Marie-Thérèse Fortin. Au Théâtre du Rideau Vert, jusqu’au 12 novembre.

    « Le bonheur, c’est de continuer à désirer ce qu’on possède », écrit Grégoire Delacourt, en citant saint Augustin, dans la postface de La liste de mes envies. Sans être un grand roman philosophique, le sympathique best-seller pose quelques questions, pas dépourvues d’intérêt à une époque nourrie de matérialisme, sur l’argent, le désir et la valeur d’une petite vie ordinaire. L’oeuvre, publiée en 2012, s’apparente un peu à un conte de fées, mais où le réel viendrait interjecter sa dose de désillusion et de gravité.

     

    Tandis que ses proches fantasment sur ce qu’ils achèteraient et comment ils transformeraient leur existence s’ils devenaient riches, Jocelyne, elle, a appris à aimer la « poésie simple » de sa vie. Son mari et elle sont parvenus à surmonter la mort d’un enfant et des problèmes matrimoniaux qui allaient jusqu’à la violence. Lorsqu’un gros lot de 18 millions lui tombe dessus, elle s’interroge : cette fortune vaut-elle de risquer son petit bonheur imparfait ?

     

    Adapté au contexte québécois par l’excellente traductrice Maryse Warda, ce récit à la première personne est converti en trame théâtrale dynamique, ludique. Mais ça s’accomplit au prix d’une grande légèreté. La pièce, produite par Juste pour rire Spectacles, privilégie l’angle de la comédie. Les réflexions intérieures cèdent beaucoup de place à des dialogues avec les omniprésentes amies de Jocelyne, ces jumelles exubérantes mais caricaturales, campées avec beaucoup d’entrain parodique par Anick Lemay et Tammy Verge. Dans cette veine humoristique, la scène du karaoké et les publicités de « La Loterie du bonheur » (un nom inventé qui nous éloigne de la réalité pour se camper dans la fantaisie) sont réussies.

     

    Il y a bien des touches de gravité : la présence du père à la mémoire défaillante (Marc Legault, tout en fragilité), le monologue final assez poignant du mari (crédible Steve Laplante). Mais ce qui domine surtout est ce ton qui flirte avec la caricature.

     

    Le roman traçait pourtant le portrait sensible d’une femme qui avait remisé ses rêves pour composer avec le réel. Un personnage — et c’est le risque de voir adaptée une oeuvre qu’on a lue — dont je m’étais fait une idée assez différente de la composition, disons plus expansive, qu’en propose Marie-Chantal Perron. La comédienne, à l’origine du projet d’adaptation, n’en rend pas moins sa Jocelyne fort sympathique, simple et chaleureuse.

     

    Le spectacle dirigé par Marie-Thérèse Fortin s’attache beaucoup au caractère concret de cet univers (la scène est transformée par la scénographe Geneviève Lizotte en atelier de couture plutôt coloré). On tique toutefois devant l’image vidéo finale. Une vision qui paraît bien fleur bleue pour conclure le récit d’une femme qui a payé sa chance à la loterie au prix du désenchantement.

    La liste de mes envies
    Texte : Grégoire Delacourt. Adaptation : Maryse Warda. Mise en scène : Marie-Thérèse Fortin. Au Théâtre du Rideau Vert, jusqu’au 12 novembre.












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