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    Théâtre

    L’amour fou

    La Banquette arrière célèbre ses 15 ans avec brio

    4 octobre 2016 | Christian Saint-Pierre - Collaborateur | Théâtre
    «Le timide à la cour», une pièce écrite par l’Espagnol Tirso de Molina et mise en scène par Alexandre Fecteau
    Photo: Gunther Gamper «Le timide à la cour», une pièce écrite par l’Espagnol Tirso de Molina et mise en scène par Alexandre Fecteau

    C’est peu de dire que les pièces de Tirso de Molina, l’un des grands auteurs du Siècle d’or espagnol, sont peu montées de nos jours. En effet, l’homme, bien que célèbre pour avoir contribué au mythe littéraire de Don Juan avant Molière, n’était pas précisément en avance sur son temps en ce qui concerne les rôles sociaux et sexuels. En ce sens, certaines répliques du Timide à la cour, la pièce que met en scène Alexandre Fecteau ces jours-ci au Théâtre Denise-Pelletier, font grincer des dents. Reste que la plume de l’auteur est vive, ses dialogues, pleins d’esprit, et son intrigue, riche en rebondissements.

     

    Pour souligner les 15 ans de leur association, les membres de la Banquette arrière ne s’offrent rien de moins que la grande scène du TDP. Alors qu’ils ont fait leurs armes du côté de la création et des textes contemporains, voilà qu’ils prennent à bras-le-corps une oeuvre du répertoire, un classique qu’ils s’approprient sans pour autant le transposer, qu’ils se permettent de bousculer sans jamais le trahir. Les conventions sont claires : des comédiens, nos contemporains, jouent, sans jamais quitter la scène, une pièce écrite en 1611. Dans le ton, la manière et les apartés, les membres de la troupe ne perdent jamais leur esprit critique. Pour notre plus grand plaisir, faut-il le préciser ?

     

    Simple et ingénieuse

     

    La scénographie d’Olivier Landreville est simple et ingénieuse. Éclairés par André Rioux, manipulés par les comédiens, de grands panneaux pivotent, réfléchissent la lumière et les visages, découpent l’espace, évoquent aussi bien les grandes salles du palais que les alcôves. Cruciaux dans une société où l’habit fait souvent le moine, les costumes de Marc Sénécal, que les interprètes enfilent à vue, croisent brillamment les coupes d’hier et les étoffes d’aujourd’hui.

     

    L’intrigue est un brin alambiquée. Disons, pour faire simple, qu’elle met en scène les amours des deux filles du Duc, Seraphina et Magdalena, toutes deux aux prises avec des soupirants qui mentent sur leurs véritables identités. Les amateurs de quiproquos, de chassés-croisés et de révélations seront servis. Mais ce qui frappe dans cette histoire, c’est la liberté de corps et d’esprit des deux personnages féminins. Il faut voir comment le désir circule entre les êtres et à quoi ils sont prêts pour accéder à une vie meilleure. C’est de toute beauté.

     

    Tous les membres de la distribution se saisissent de leur personnage avec beaucoup de conviction. Kim Despatis est une Séraphina tendre et cruelle. Éric Paulhus, un Don Antonio perfide à souhait. Mathieu Gosselin est truculent dans tous ses rôles. Mais c’est Sophie Cadieux et Renaud Lacelle-Bourdon, dans un ballet amoureux irrésistible, sensible et acrobatique, spirituel et charnel, qui nous offrent les plus beaux moments de la représentation. On en redemande.

    Le timide à la cour
    Texte : Tirso de Molina. Mise en scène : Alexandre Fecteau. Scénographie : Olivier Landreville. Costumes : Marc Senécal. Éclairages : André Rioux. Avec Sophie Cadieux, Kim Despatis, Sébastien Dodge, Mathieu Gosselin, Renaud Lacelle-Bourdon, Roger La Rue, Anne-Marie Levasseur, Lise Martin, Éric Paulhus et Simon Rousseau. Une coproduction du Théâtre Denise-Pelletier et du Théâtre de la Banquette arrière. Au TDP jusqu’au 22 octobre.












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