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    Théâtre

    Réalité augmentée

    Jean-Philippe Lehoux offre un nouveau dépaysement

    8 septembre 2016 | Christian Saint-Pierre - Collaborateur | Théâtre
    La scénographie de Loïc Lacroix-Hoy vaut à elle seule le déplacement.
    Photo: Laurence Dauphinais La scénographie de Loïc Lacroix-Hoy vaut à elle seule le déplacement.

    En poursuivant la voie du voyageur transformé par le voyage, Jean-Philippe Lehoux est en train d’édifier une oeuvre d’une rare cohérence. L’écolière de Tokyo, la pièce qui lui a valu en 2013 le prix Gratien-Gélinas pour la relève en écriture dramatique, est produite ces jours-ci par le Théâtre Sans Domicile Fixe (un nom de circonstance !) dans une mise en scène de Charles Dauphinais.

     

    Il y a les pièces que le globe-trotteur écrit pour les jouer : Napoléon voyage et Normal, quasi solos drôles et attendrissants, un brin critiques, d’une humanité confondante. Puis il y a les pièces qu’il écrit pour d’autres : notamment Comment je suis devenue touriste, irrésistible road movie théâtral défendu avec conviction par les Biches pensives, et puis maintenant L’écolière de Tokyo, le récit d’une rencontre étonnante, une aventure tokyoïte où, pour une première fois, le drame occupe une place significative.

     

    Forme originale

     

    La forme est fort originale. La pièce se déroule pour ainsi dire dans les dédales d’une application linguistico-touristique : Le japonais pour les voyageurs libres et heureux. Rencontre entre la réalité et la fiction, structurée en leçons, ou encore en niveaux, la représentation évoque un jeu vidéo en réalité augmentée. Le professeur de ladite leçon est incarné de manière désopilante par Michel Olivier Girard. Sa pseudo-neutralité, sans cesse compromise, et sa complicité avec le public y sont pour beaucoup dans le charme du spectacle. Miro Lacasse est plus vrai que nature dans la peau de M. Tanaka, le tenancier du resto miteux dans lequel Sam, le héros vingtenaire, et Claude, l’antihéros sexagénaire, vont se croiser.

     

    Le coeur de la pièce, c’est cette rencontre pour le moins improbable entre deux Québécois au Japon, des exilés que tout oppose. Le jeune homme, instruit, insouciant, financé par ses parents, ne pense qu’à aimer, à très court ou à très long terme. Le vieil homme, analphabète, chômeur, est au Japon pour mettre fin à ses jours. Cette relation, qui nous entraîne de la confrontation à la complicité, de la trahison à la reconnaissance, mais surtout de l’intime au collectif, il est bien entendu essentiel qu’elle passe la rampe pour que la représentation prenne son envol. Or, on ne sait pas bien pourquoi, entre Daniel Gadouas et Jean-Philippe Perras, qui livrent pourtant des interprétations honnêtes, la chimie n’opère pas pleinement.

     

    Hommage à la beauté nippone

     

    Éclairée avec nuance et ingéniosité par Julie Basse, la scénographie de Loïc Lacroix-Hoy, qui nous entraîne du resto à la ruelle, du temple au bar karaoké et du jardin au love hotel, vaut à elle seule le déplacement. En ajoutant les costumes de Cynthia St-Gelais, la scène rend un vibrant hommage à la beauté millénaire du Japon comme à son versant extraordinairement kitsch.

    L’écolière de Tokyo
    Texte : Jean-Philippe Lehoux. Mise en scène : Charles Dauphinais. Scénographie : Loïc Lacroix-Hoy. Éclairages : Julie Basse. Costumes : Cynthia St-Gelais. Avec Daniel Gadouas, Michel Olivier Girard, Miro Lacasse et Jean-Philippe Perras. Une production du Théâtre Sans Domicile Fixe. À la salle Fred-Barry du théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 24 septembre.












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