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    Théâtre

    Partition harmonieuse pour trio discordant

    9 novembre 2015 | Marie Labrecque - Collaboratrice | Théâtre
    «Les haut-parleurs», un récit d’apprentissage
    Photo: Source Théâtre Bluff «Les haut-parleurs», un récit d’apprentissage

    On n’aurait pas nécessairement imaginé l’auteur de Ta yeule Kathleen écrivant pour les adolescents. Sébastien David s’y plonge avec sensibilité, s’intéressant de nouveau à des êtres en marge, chacun à leur façon. Sorte de récit d’apprentissage, Les haut-parleurs porte un regard plutôt tendre sur trois personnages dissemblables, mais qui ont en commun la solitude. Et une blessure. La production du Théâtre Bluff — solide compagnie qui, à 25 ans, est plus vieille que son public cible — peut aussi être appréciée par les adultes.

     

    Fraîchement arrivé avec son père dans une petite ville vidée de ses habitants par la canicule, un jeune de seize ans se lie avec Greta, une fille délurée et tapageuse. En parallèle, et en cachette, il noue aussi une relation amicale avec son voisin, un étranger reclus dont la rumeur publique a fait un sinistre personnage (habillé tout en noir, il ne sort que la nuit). Cet ancien compositeur électroacoustique initiera l’adolescent esseulé à Vivaldi. Et peut-être aussi à la vie.

     

    La transmission, l’art, le sacré, les préjugés, le choc des cultures, la dépression… En une heure à peine, le dramaturge parvient à convoquer beaucoup de sujets fondamentaux dans son récit qui avance rapidement. Parfois morcelée, son écriture tend à ne pas s’appesantir sur certaines révélations plus graves, laissées en suspens. Et la narration est au premier rang : les actions sont souvent suggérées plutôt que montrées. Les scènes où les trois personnages racontent un événement en parallèle comptent parmi les plus fortes.

     

    Attachante composition

     

    En ado sensible, Guillaume Gauthier offre une composition très attachante. Son jeu plein de finesse réussit à transmettre les malaises du jeune homme par le seul regard. Loin du mentor sûr de lui, le Voisin incarné par Richard Thériault communique une sorte de maladresse sociale, empreinte de bienveillance, qui le rend touchant. Marie-Hélène Bélanger hérite d’un rôle plus ingrat, et si elle apparaît d’abord tout en force, sans intériorité ni subtilité, les monologues qui lui sont réservés exposent bientôt la vulnérabilité et la peur sous sa façade tough.

     

    Sur scène, on alterne rapidement entre les deux univers diamétralement opposés de ces amitiés atypiques, voguant de l’ombre à la lumière aveuglante, d’un lieu à un autre. Le spectacle est très dépouillé, sauf pour une structure multifonctionnelle, laquelle, à défaut d’être esthétique, se révèle très utile pour suggérer les différents décors. Appuyée surtout par une bande sonore très évocatrice d’Olivier Girouard, la mise en scène de Sébastien David laisse beaucoup à imaginer pour le spectateur.

    Les haut-parleurs
    Texte et mise en scène : Sébastien David. Une production du Théâtre Bluff. Jusqu’au 21 novembre, à la salle Fred-Barry.












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