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    Théâtre

    Les mystères de l’art

    3 septembre 2015 | Christian Saint-Pierre - Collaborateur | Théâtre
    <em>La cantate intérieure</em> est un face-à-face entre le passé et le présent, entre l’artiste et le spectateur, mais aussi entre les vivants et les morts.
    Photo: Marlène Gélineau Payette La cantate intérieure est un face-à-face entre le passé et le présent, entre l’artiste et le spectateur, mais aussi entre les vivants et les morts.

    L’art est une raison de vivre. Toute l’oeuvre de Sébastien Harrisson est en quelque sorte traversée par cette grande idée. C’était déjà au coeur de Titanica, sa toute première pièce, créée au Théâtre d’aujourd’hui en 2001. C’était encore bien présent dans Musique pour Rainer Maria Rilke, présentée au théâtre Denise-Pelletier en 2012. Et c’est plus fondamental encore dans La cantate intérieure, le plus récent texte de celui qui dirige les Deux Mondes depuis 2013.

     

    Il y en a, c’est certain, pour trouver que le théâtre de Sébastien Harrisson est un tantinet moralisateur, ou à tout le moins sentencieux. Ceux-là, qui auront probablement trouvé qu’une pièce comme L’espérance de vie des éoliennes ne parvenait pas à transcender les questions intimes et sociales qui la sous-tendaient, devront reconnaître que La cantate intérieure, présentée en ce moment au Quat’Sous dans une mise en scène d’Alice Ronfard, vise bien plus juste. En explorant la vaste question de la part manquante, et surtout les retombées de ce deuil sur la construction identitaire des individus, et par extension des peuples, l’auteur donne naissance à une rencontre des plus salvatrices.

     

    Face-à-face

     

    Un face-à-face entre le passé et le présent, entre l’artiste et le spectateur, mais aussi, puisque nous sommes au théâtre et que la chose est possible, un face-à-face entre les vivants et les morts. Quand il s’agit de faire surgir des fantômes, c’est bien connu, Sébastien Harrisson n’a pas son pareil. Ainsi, entre la jeune artiste incarnée par Marie Bernier et le messager de la compagnie UPS campé par Stéphane Jacques, il y a une installation in situ, une chambre habitée par une femme mystérieuse, un être insaisissable et nimbé de lumière auquel Dorothée Berryman prête son corps et sa voix. Cette femme, que l’artiste est convaincue d’avoir inventée, l’homme y reconnaît hors de tous doutes la mère qu’il n’a pas eue.

     

    Grâce au dispositif imaginé par Gabriel Tsampalieros, un cube recouvert de projections et de dessins, une structure qui pivote comme si elle était emportée par la très belle musique de Michel Smith, Alice Ronfard nous fait entrer dans la psyché des personnages, elle donne à voir et à ressentir le tourbillon qui les emporte. La mécanique de ce théâtre de chambre est délicate, généralement sensible, mais il lui arrive aussi, il faut le reconnaître, d’être un brin artificielle. Quant aux toutes dernières minutes du spectacle, agressante débauche de sons et d’images, elles paraissent tout simplement inexplicables.

    La cantate intérieure
    Texte : Sébastien Harrisson. Mise en scène : Alice Ronfard. Une production des Deux Mondes. Au Théâtre de Quat’Sous jusqu’au 11 septembre.












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