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    L’audace existe encore

    Créations, voix féminines et quelques paris épiques marqueront la saison théâtrale

    29 août 2015 | Marie Labrecque - Collaboratrice | Théâtre
    Frédéric Dubois dirigera un spectacle-fleuve inspiré du « Cycle des rois » de Shakespeare.
    Photo: Steph Bourgeois Frédéric Dubois dirigera un spectacle-fleuve inspiré du « Cycle des rois » de Shakespeare.
    Théâtre
    La divine illusion
    Du 10 novembre au 5 décembre, au TNM.

    Sauvageau Sauvageau
    Au Théâtre d’Aujourd’hui, du 22 septembre au 10 octobre.

    On pourrait dire que les théâtres ont connu des jours meilleurs. Dans ce contexte, il est d’autant plus frappant de voir certaines compagnies réunir sur scène de grosses distributions (une tendance remarquée dès l’an dernier). Et se lancer dans d’ambitieux projets qui défient l’austérité de rigueur.

     

    Épique. Il n’y a pas d’autre mot pour qualifier l’entreprise de Five Kings. L’histoire de notre chute, où plusieurs compagnies (le PÀP, le Théâtre des Fonds de Tiroirs, les Trois Tristes Tigres…) s’unissent afin de monter à l’Espace Go une saga politique campée durant les cinq dernières décennies. L’oeuvre d’Olivier Kemeid actualise les luttes de pouvoir des monarques shakespeariens, s’inspirant d’un projet autrefois avorté d’Orson Welles, qui avait tricoté un collage à partir du « Cycle des rois », ces huit pièces historiques dont plusieurs ne sont jamais montées ici. Un spectacle-fleuve dirigé par Frédéric Dubois. Notons que, presque en même temps, à la fin octobre, le metteur en scène trentenaire effectuera sa rentrée à la compagnie Jean Duceppe, en y montant Ils étaient tous mes fils de l’auteur fétiche Arthur Miller. Le terme épique peut aussi s’appliquer au Moby Dick d’Herman Melville. Récit culte que Dominic Champagne, en collaboration avec Bryan Perro, s’attelle au défi de porter sur la scène du Théâtre du Nouveau Monde (TNM), douze ans après son adaptation de L’odyssée.

     

    Sinon, la quasi-absence de répertoire classique — hormis le On ne badine pas avec l’amour dirigé par le nouveau directeur artistique du Théâtre Denise-Pelletier, Claude Poissant — est notable. Les grands textes du passé nourrissent toutefois quelques relectures. Dans son troisième spectacle très attendu, Angela Konrad déconstruit Macbeth — dans la traduction de Michel Garneau — à sa manière « capharnaüm-rock ». À l’Usine C.

     

    Après Himmelweg, le Théâtre à corps perdus dirigé par Geneviève L. Blais monte Si les oiseaux, de la Canadienne Erin Shields. Cette oeuvre lauréate de nombreux prix puise dans la mythologie grecque et s’inspire des Métamorphoses d’Ovide afin de dénoncer les viols subis par les femmes durant les guerres du XXe siècle. Au Prospero.

     

    Les femmes se dévoilent

     

    On pourra découvrir cette saison quelques oeuvres issues de pays dont les dramaturgies contemporaines nous sont rarement présentées, comme le Danemark (Bientôt viendra le temps, de Line Knutzon, qui lance le nouveau cycle du Théâtre de l’Opsis, consacré à la Scandinavie), le Congo (Bibish de Kinshasa, de Marie-Louise Bibish Mumbu, à l’Espace Libre) et la Roumanie (Stop the Tempo, de la réputée Gianina Carbunariu, à la salle intime du Prospero).

     

    Mais plus que jamais, le pari de la création domine. Et la saison semble réserver une place forte aux voix, aux imaginaires féminins. Dans Septembre, un spectacle du Nouveau Théâtre Expérimental, Evelyne de la Chenelière joue son propre texte : la dérive fantasmatique, et parfois inquiétante, d’une mère devant la cour de l’école de sa fille. Autre solo onirique : le Peepshow de Marie Brassard, qui revisite son conte de 2006 révélant les désirs tabous d’une dizaine de personnages. Avec cette fois Monia Chokri en interprète caméléonesque.

     

    Aussi à l’Espace Go, Cinq à sept s’annonce comme le pendant féminin d’Ils étaient quatre, créée l’hiver dernier par Orange Noyée. Sous la plume de la mordante Fanny Britt, des comédiennes (Kathleen Fortin, Julie Le Breton, Geneviève Schmidt) se dévoilent crûment. À La Licorne, le Théâtre de la banquette arrière est aux commandes de Voiture américaine, de Catherine Léger, texte lauréat du Prix Gratien-Gélinas 2006. Une oeuvre « d’anticipation » exposant les pulsions humaines face à la peur du vide.

     

    D’autres nouveaux textes à surveiller ? Avec La Liberté, créée à Fred-Barry, Martin Bellemare (Le chant de Georges Boivin) se penche sur la question du suicide assisté. David Paquet (Porc-Épic) occupe seul la petite salle Jean-Claude Germain pour un « stand-up poétique ». Enfin, pour ses soixante ans, le Quat’Sous s’offre en décembre un cabaret musical. Sous la direction de Véronique Côté, huit auteurs contribueront à La fête sauvage, une mosaïque de textes remettant enquestion les notions de territoire et d’identité.

     

    Vérité et fiction

     

    Le réel, voire une approche documentaire, vient alimenter certaines pièces prometteuses. Premier de deux spectacles présentés cette année par l’estimée compagnie Porte Parole, Le partage des eaux a été louangé lors de sa création aux Jeux panaméricains. Annabel Soutar y enquête sur un sujet capital : l’exploitation de notre plus précieuse ressource.

     

    Avec Je ne veux pas marcher seul, la compagnie Joe Jack et John, dirigée par Catherine Bourgeois, s’appuie sur des actes xénophobes réels pour traiter de la peur de l’autre. Olivier Choinière a travaillé avec des immigrants non acteurs pour son Polyglotte, repris aux Écuries. Et dans Ce que nous avons fait, à la salle Jean-Claude Germain, Pascal Brullemans et Michel-Maxime Legault fouillent la relation entre une schizophrène et ses parents. Du « théâtre-vérité » joué notamment par Sylvie Drapeau.

    Frédéric Dubois dirigera un spectacle-fleuve inspiré du « Cycle des rois » de Shakespeare. Olivier Choinière a travaillé avec des non-acteurs pour Polyglotte. Le partage des eaux a été louangé lors de sa création aux Jeux panaméricains. Anne-Marie Cadieux incarnera Sarah Bernhardt dans un nouveau texte de Michel Marc Bouchard. Dans son troisième spectacle très attendu, Angela Konrad déconstruit «Macbeth» à l’Usine C.












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