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    Théâtre

    Un «Billy» sur la barrière linguistique des préjugés

    17 octobre 2014 |Fabien Deglise | Théâtre
    Individualisme crasse, moralité excessive à saveur hygiéniste, arrogance, frustration et agressivité et surdimensionnement du moi, tout est là dans «Billy», du dramaturge Fabien Cloutier.
    Photo: Maxime Côté Individualisme crasse, moralité excessive à saveur hygiéniste, arrogance, frustration et agressivité et surdimensionnement du moi, tout est là dans «Billy», du dramaturge Fabien Cloutier.
    Critique
    Billy (The days of howling)
    Texte : Fabien Cloutier (traduction : Nadine Desrochers). Avec : Davide Chiazzese, Susan Glover et Nadia Verrucci. Mise en scène : Emma Tibaldo. Théâtre La Chapelle, jusqu’au 25 octobre.
    S’il y a deux choses qui sont réparties démocratiquement sur la surface du globe, sans se soucier des barrières de la langue, de la culture ou des classes sociales, ce sont bien le mépris de l’autre et les préjugés.

    Le dramaturge Fabien Cloutier en fait une nouvelle fois la démonstration avec sa pièce Billy qui, cette semaine, vient de faire une réapparition remarquée sur les planches d’un microthéâtre montréalais, dans une toute première traduction en anglais. Le transfert linguistique y confirme d’ailleurs l’universalité de cette oeuvre rugueuse de la dramaturgie contemporaine québécoise qui fait ressortir méthodiquement la face intolérante de la condition humaine pour mieux lui taper dessus.

    L’objet scénique livré dans sa version originale en 2012 à La Licorne, suit une jeune mère psychorigide qui prend en grippe le père du jeune Billy qu’elle croise parfois à la garderie. Elle le soupçonne de ne pas très bien s’occuper de son gars. Mais les apparences sont parfois trompeuses.

    Individualisme crasse, moralité excessive à saveur hygiéniste, arrogance, frustration et agressivité et surdimensionnement du moi, tout est là, conservé en l’état dans ce transfert de langue assuré par Nadine Desrochers. Difficile toutefois d’en dire autant du rythme, de la musicalité et des ponctuations verbales du texte qui, elles, ne tirent pas le même profit de la traduction.

    La carence cherche d’ailleurs à être comblée par une mise en scène plutôt ludique qui met en résonance symbolique des avalanches de peluches avec la chute de neige et le froid dans lequel cette incursion dans la bêtise humaine est inscrite. Fait troublant, la figure du père négligent, initialement posé dans la pièce de Cloutier dans un registre langagier rustique et limité, trouve ici son chemin dans un personnage affichant un anglais métissé, sans doute par des origines latines.

    Tout comme Scotstown cet été, autre création du dramaturge de Québec qui s’est ouvert au reste du monde en passant par la langue de l’autre, Billy arrive facilement à transmettre toute son émotion, sa réflexion sur le vivre-ensemble, sa charge sur les carcans mentaux et sociaux, sa finale coup-de-poing en sortant de ses frontières culturelles, pour mieux poser le fait, finalement, que l’ignorance, l’obscurantisme et ses dérives, eux, n’en ont malheureusement pas.
    Billy (The Days of Howling)
    Texte : Fabien Cloutier (traduction : Nadine Desrochers). Avec : Davide Chiazzese, Susan Glover et Nadia Verrucci. Mise en scène : Emma Tibaldo. Théâtre La Chapelle, jusqu’au 25 octobre.












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