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    Théâtre

    Caresses et autres vérités

    23 avril 2014 |Sylvie Nicolas | Théâtre
    <em>Faire l’amour</em>
    Photo: Stéphane Bourgeois Faire l’amour
    Faire l’amour
    Texte : Anne-Marie Olivier. Mise en scène : Véronique Côté. Avec : Anne-Marie Olivier, Maryse Lapierre, Eliot Laprise, Nicola-Frank Vachon. Une production de Bienvenue aux dames en codiffusion avec le Périscope. Au Périscope jusqu’au 3 mai.

    Québec — Issue d’une cueillette d’histoires vraies, de fragments d’intimité amoureuse, lumineux ou terrifiants, Faire l’amour trace, sous la plume sensible et précise d’Anne-Marie Olivier, une cartographie unique du désir et du sexe. Deux heures de pur bonheur théâtral.

     

    Et tout y concourt. Du plateau ouvert, délimité par quatre chaises, au nid de mouchoirs, qui occupe l’espace central et semble traversé par des centaines de lucioles, on baigne, au fil des scènes, dans des textures de plumes, d’herbes, de montagnes, de sol, de jardin. Les tringles et leurs « chevelures » couronnent l’espace et ajoutent à l’onirisme du lieu. De la douceur des lumières, aux pastels des costumes, on baigne dans le feutré, propice aux confidences. L’espace musical, en retrait, y contribue également, avec une discrétion et un doigté qui épousent les divers états d’être et d’âme. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, redonner à entendre et à voir ce qui, de nos histoires sexuelles, relève de la célébration, de l’improbable, de la fougue passagère, à ce qui se révèle digne d’être rangé dans une « valise amoureuse » ou propice au sacri=fice à « l’autel des amours mortes ».

     

    La mise en scène de Véronique Côté, toute en finesse, privilégie ferveur, retenue et pudeur (la scène finale en témoigne) et donne lieu à une constante recréation des lieux, à une reconstitution des situations, à des élans débridés autant qu’à de délicieux temps d’abandon. Les Anne-Marie Olivier, Maryse Lapierre, Eliot Laprise et Nicola-Frank Vachon forment une distribution réjouissante et complice. Sensualité, grâce, fragilités, tendresses et folles envies, la traversée des uns et des autres multiplie les âges, les expériences et les instants de vie. Tour à tour, ils seront celui ou celle qui permettra à l’autre de s’élever ou de chuter. Chacun deviendra le narrateur fervent d’une anecdote ou le protagoniste au coeur d’une séquence dramatique. Des mamies londoniennes et québécoises (Olivier) au jeune handicapé (Vachon), de la tendre Thérèse (Lapierre) au bébé prisonnier de son corps (Laprise), tous émeuvent et bouleversent.

     

    Faire l’amour loge à l’enseigne des anthologies dramaturgiques de la vie organique et vibrante. Le texte, par sa facture, rassemble ce qui de nos expériences les plus intenses, les plus intimes, rend compte de notre passage en ce monde. Une production d’une force vive qui s’impose comme un devoir de mémoire et une oeuvre de filiation.


    Collaboratrice

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    Faire l’amour
    Texte : Anne-Marie Olivier. Mise en scène : Véronique Côté. Avec : Anne-Marie Olivier, Maryse Lapierre, Eliot Laprise, Nicola-Frank Vachon. Une production de Bienvenue aux dames en codiffusion avec le Périscope. Au Périscope jusqu’au 3 mai.












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