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    Théâtre

    D’hier à aujourd’hui

    14 avril 2014 |Sylvie Nicolas | Théâtre
    Photo: Cathy Lessard
    Trick or Treat
    Texte de Jean-Marc Dalpé, mise en scène d’Olivia Palacci avec : Jean-Denis Beaudoin, Maxime Beauregard-Martin, Jacques Leblanc, Simon Lepage et Patric Saucier, une production de La Bête noire, présentée chez Premier Acte jusqu’au 26 avril 2014.

    Québec — D’un côté, un mur d’écrans constitué de téléviseurs en veille, de l’autre, quatre colonnes qui délimitent les accès aux lieux bar et domicile. Au centre, un espace libre où les personnages transitent en solitaire pour livrer un fragment de vulnérabilité, ou pour interagir avec les autres dans l’urgence de s’extirper de leur misère. Des univers de gars fragilisés qui vont du délinquant aguerri (Jean-Denis Beaudoin) au père de famille pris au piège (Patric Saucier), de l’adolescent victime d’intimidation (Maxime Beauregard-Martin), confronté au nouveau chum de son père (Simon Lepage), au magouilleur de service (Jacques Leblanc).

     

    Créée en 1997, Trick or Treat demeure d’une troublante modernité dans sa structure dramaturgique et dans son propos. Façonnée par tableaux, et traversée de soliloques et de monologues où s’enchevêtrent propos oniriques, allusions religieuses et évocations apocalyptiques, la pièce impose une courtepointe où chaque morceau contribue à éclairer le visage humain et le paysage social. Le choix de recourir aux enregistrements des segments monologués, accompagnés de séquences filmées défilant sur les écrans, comportait le risque d’affaiblir la tension dramatique. Or, la lecture d’Olivia Palacci s’avère inusitée et riche de sens. La langue de Dalpé, dans cette production de La Bête noire, s’élève dans sa pleine mesure, crue, nerveuse, précipitée, radieuse, brutale et poétique.

     

    Si Jean-Denis Beaudoin campait un Cracked un peu trop appuyé en ouverture, il faut reconnaître qu’il s’est rapidement ressaisi. Il se révèle dans la beauté du jeu physique autant que dans l’intention, complexe, nuancé, et d’une authenticité qui laisse ses traces. C’est dans cette veine qu’on découvre un Leblanc, qui manie la langue comme une arme à bout portant, tout en camouflant sous le manteau de l’homme retors un fils d’immigré désarmé dans la relation au père. Saucier se fait touchant dans le rôle du père inconséquent, et Lepage tout à fait dans le ton dans celui du chum du père de l’ado. Une distribution complice, forte, doublée de la découverte sur scène d’un Beauregard-Martin qui campe un adolescent dont personne n’osera remettre en question la qualité de la présence silencieuse autant que celle de l’interprétation.

     

    Trick or Treat nous convie à ressentir la fragilité de nos existences, la violence qui sourd quand l’amour n’a pas su nous rattraper, à vivre l’expérience d’un théâtre organique, profondément vrai.


    Collaboratrice

    Trick or Treat
    Texte de Jean-Marc Dalpé, mise en scène d’Olivia Palacci avec : Jean-Denis Beaudoin, Maxime Beauregard-Martin, Jacques Leblanc, Simon Lepage et Patric Saucier, une production de La Bête noire, présentée chez Premier Acte jusqu’au 26 avril 2014.












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