Spectacle - Bibliothèque, mon amour
En reprise à l'Usine C, La Bibliothèque offre de plus au public deux spectacles pour le prix d'un: aux images vibrantes auxquelles Maheu nous a habitués s'ajoutent des extraits d'oeuvres d'écrivains.
De la butte de terre du Rail aux échelles rectilignes de La Bibliothèque, le metteur en scène Gilles Maheu en a parcouru, du chemin. Il a aussi abordé une grande variété de lieux. Il n'y avait que lui, cependant, pour rendre la sensualité d'une activité comme la lecture, pour exploiter son capital poétique tout en révélant la violence enfouie qu'un livre peut suggérer.
À présent en reprise à l'Usine C, La Bibliothèque offre de plus au public deux spectacles pour le prix d'un. Aux images vibrantes auxquelles Maheu nous a habitués s'ajoutent des extraits d'oeuvres d'écrivains, maniant le plus souvent une prose poétique. D'ailleurs, la juxtaposition de scènes plus athlétiques et de lectures, qui appellent une certaine lenteur, a en fait sourciller plusieurs. Certains y ont vu un problème de rythme et ont émis le souhait que des changements soient apportés au poème scénique.
Le metteur en scène n'a pas suivi leur avis. Pour l'essentiel, La Bibliothèque ou ma mort était mon enfance — pour citer le titre tout du long — est resté inchangé. Seule nouveauté, un danseur en a remplacé un autre. Sinon, Maheu aime le spectacle tel qu'il est et n'a pas senti la nécessité de toucher à la structure. Selon lui, les longueurs, les durées qui s'y trouvent sont justifiées par le contexte. D'ailleurs, le créateur dit avoir depuis longtemps cessé de faire des works in progress.
«Autant Robert [Lepage] utilise ce terme, dit-il, autant je l'ai abandonné. On retouche, c'est sûr. Mais mes spectacles sont courts. Au plus, je les resserre de deux ou trois minutes. Il est rare que je les redessine d'une version à l'autre. Je trouve qu'on abuse souvent de ce terme. Pour ma part, quand un spectacle est fait, je passe au prochain.»
Lorsqu'on lui fait remarquer qu'il ne se trouve aucun livre québécois parmi ceux dont on entend des extraits dans son spectacle, Maheu répond qu'il s'est demandé pourquoi. Il conclut cependant qu'il n'y a pas rencontré la petite musique littéraire à laquelle il est sensible. Comme bien des artistes québécois, il reconnaît aussi être fasciné par l'étranger.
Dans ce spectacle, il rend, bien sûr, hommage à cet objet qui, en le mettant sur la route de la culture, a changé sa vie. «C'est la littérature, rappelle-t-il, qui m'a emmené au théâtre et pas les pièces de théâtre.» Depuis, ce désir des livres ne l'a pas quitté. Et il veut le faire partager aux spectateurs, tout en soulignant les dérives qui peuvent naître d'un accès limité à la culture. Comme dans la réclame publicitaire, Gilles Maheu semble proclamer, par son spectacle, qu'un livre, ça ne change pas le monde. Sauf que...
LA BIBLIOTHÈQUE OU MA MORT ÉTAIT MON ENFANCE, de Gilles Maheu, en reprise à l'Usine C,
du 21 octobre au 7 novembre.
À présent en reprise à l'Usine C, La Bibliothèque offre de plus au public deux spectacles pour le prix d'un. Aux images vibrantes auxquelles Maheu nous a habitués s'ajoutent des extraits d'oeuvres d'écrivains, maniant le plus souvent une prose poétique. D'ailleurs, la juxtaposition de scènes plus athlétiques et de lectures, qui appellent une certaine lenteur, a en fait sourciller plusieurs. Certains y ont vu un problème de rythme et ont émis le souhait que des changements soient apportés au poème scénique.
Le metteur en scène n'a pas suivi leur avis. Pour l'essentiel, La Bibliothèque ou ma mort était mon enfance — pour citer le titre tout du long — est resté inchangé. Seule nouveauté, un danseur en a remplacé un autre. Sinon, Maheu aime le spectacle tel qu'il est et n'a pas senti la nécessité de toucher à la structure. Selon lui, les longueurs, les durées qui s'y trouvent sont justifiées par le contexte. D'ailleurs, le créateur dit avoir depuis longtemps cessé de faire des works in progress.
«Autant Robert [Lepage] utilise ce terme, dit-il, autant je l'ai abandonné. On retouche, c'est sûr. Mais mes spectacles sont courts. Au plus, je les resserre de deux ou trois minutes. Il est rare que je les redessine d'une version à l'autre. Je trouve qu'on abuse souvent de ce terme. Pour ma part, quand un spectacle est fait, je passe au prochain.»
Lorsqu'on lui fait remarquer qu'il ne se trouve aucun livre québécois parmi ceux dont on entend des extraits dans son spectacle, Maheu répond qu'il s'est demandé pourquoi. Il conclut cependant qu'il n'y a pas rencontré la petite musique littéraire à laquelle il est sensible. Comme bien des artistes québécois, il reconnaît aussi être fasciné par l'étranger.
Dans ce spectacle, il rend, bien sûr, hommage à cet objet qui, en le mettant sur la route de la culture, a changé sa vie. «C'est la littérature, rappelle-t-il, qui m'a emmené au théâtre et pas les pièces de théâtre.» Depuis, ce désir des livres ne l'a pas quitté. Et il veut le faire partager aux spectateurs, tout en soulignant les dérives qui peuvent naître d'un accès limité à la culture. Comme dans la réclame publicitaire, Gilles Maheu semble proclamer, par son spectacle, qu'un livre, ça ne change pas le monde. Sauf que...
LA BIBLIOTHÈQUE OU MA MORT ÉTAIT MON ENFANCE, de Gilles Maheu, en reprise à l'Usine C,
du 21 octobre au 7 novembre.
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