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    Carrefour international de théâtre de Québec - Choc du réel et de sa mise en marché

    10 juin 2013 |Sylvie Nicolas | Théâtre
    Le NoShow regroupe sept comédiens qui siègent devant le public comme s’il s’agissait d’une assemblée générale.
    Photo: Cath Langlois Le NoShow regroupe sept comédiens qui siègent devant le public comme s’il s’agissait d’une assemblée générale.

    Le NoShow

    Texte de François Bernier, Alexandre Fecteau, Hubert Lemire, Maxime Robin en collaboration avec Nancy Bernier et Guillaume Corbeil.
    Mise en scène: Alexandre Fecteau.
    Une production du Collectif Nous sommes ici et du Théâtre DuBunker, présentée au Carrefour international de théâtre les 5, 6, 8 juin.
     

    C’est du Chinois

    Concept et mise en scène: Edit Kaldor.
    Une production du Stichting Kata d’Amsterdam et du Productiehuis Rotterdam, présentée au Carrefour international de théâtre les 7 et 8 juin.

    Le NoShow et C’est du Chinois ont peu en commun du point de vue de la démarche, mais l’un comme l’autre génère son lot de réflexions. Le NoShow s’ouvre sur un écran, une longue table, et sept comédiens qui font leur entrée pour prendre place devant le public comme s’il s’agissait d’une assemblée générale. Bilan, état des lieux: ce qui se profile relève du rêve de vivre de son art et de sa collision avec la réalité. Hors de la revendication ou des récriminations, Nous sommes ici et le théâtre DuBunker déboulonnent la structure financière qui encadre la pratique. On pousse la réflexion et le jeu jusque dans les retranchements du vote populaire, adoptant ici une pratique qui, au Québec comme ailleurs, fait du sauvetage d’un lofteur, d’une «académicienne» ou d’un participant à une téléréalité une façon de faire entendre sa voix, d’effectuer son devoir de citoyen, et de participer à une célébration consensuelle et patriotique.


    Ainsi, le manque d’argent aux guichets (démonstration et chiffres à l’appui) forcera la production du NoShow à réduire ses effectifs. Les spectateurs, cellulaire en main, seront appelés à sélectionner ceux et celles qui resteront sur scène, éliminant de ce fait certaines scènes qui seront résumées en temps voulu. Les projections établissent un parallèle entre les subventions accordées au privé (qui ne font jamais l’objet de contestations) et ce qui, dans l’esprit d’un trop grand nombre, campe les artistes dans le rôle d’éternels «assistés» qui vampirisent les impôts des honnêtes travailleurs. Avec conviction et sensibilité, sous l’habile direction d’Alexandre Fecteau, Le NoShow est en fait un OuiShow où l’on entend battre le pouls fébrile de la passion, du doute, et la nécessité d’être là où nous sommes.


    C’est du Chinois relève de l’idée érigée en pari. On utilise le rapport à l’objet pour enseigner au public les mots de mandarin qui lui permettront de comprendre que la famille d’immigrés chinois est malheureuse. L’apprentissage du langage passe par l’objet d’usage courant, ce qui finit par faire du produit de consommation un langage universel. Le tout s’achève sur la vente d’un DVD, un rappel que toute expérience du vivant peut aboutir à sa mise en marché. Sympathique au départ, le concept d’Édit Kaldor manque de substance artistique.


    L’édition 2013 du Carrefour invite à la préservation de l’intime et du vivant, à l’urgence de résister au désastre qui fait de la vie et de nos choix un poste budgétaire soumis à une logique marchande.













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