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    Carrefour international de théâtre de Québec - Reines et garçons

    1 juin 2013 |Sylvie Nicolas | Théâtre
    Un extrait des Reines dans une mise en scène de Frédéric Dubois.
    Photo: Annie Macfhay Un extrait des Reines dans une mise en scène de Frédéric Dubois.

    Les Reines

    Texte de Normand Chaurette, mise en scène de Frédéric Dubois, avec : Anne-Marie Côté, Laurie-Ève Gagnon, Marie- Hélène Lalande, Joanie Lehoux, Valérie Marquis, Édith Patenaude, présentée par Les Écornifleuses, à la Tour Martello du 22 mai au 2 juin 2013.


    Danse de garçons

    Chorégraphie de Karine Ledoyen en collaboration avec les comédiens et la participation de Fabien Piché, avec Charles-Étienne Beaulne, Jean-Michel Girouard, Christian Essiambre, Éliot Laprise, Jocelyn Paré, Jocelyn Pelletier et Lucien Ratio, présentée à la salle Multi de la Coopérative Méduse les 29 et 31 mai et le 1er juin 2013.

    Issues de l’univers shakespearien, Les reines de Normand Chaurette sont confrontées à ce qui, du rang, de la lignée, de l’ambition ou de la détresse, maintient leur corps, leur chair et leur coeur dans les donjons de l’Histoire. La structure du texte, son ampleur et son exigence font en sorte que ce qui s’érige trouve sa théâtralité dans les pans d’intimité et de souffrance qui lézardent le destin auquel sont soumises ces femmes.


    Frédéric Dubois, metteur en scène, et la troupe les Écornifleuses ne pouvaient rêver plus historique comme lieu que la Tour Martello du Faubourg Saint-Jean-Baptiste pour prêter voix et vie aux reines de Chaurette. Pourtant, l’exiguïté de l’espace de jeu, le recours à l’escalier de pierre qui échappe aux regards, plutôt que de nous happer, crée une sorte de distance qui semble avoir précipité, un temps du moins, le rendu du texte. Malgré ces fluctuations premières, toutes les comédiennes portent Les reines de Chaurette avec une conviction qui se hisse à la hauteur de l’écriture du dramaturge. Quand vient la scène entre Anne Dexter (Marie-Hélène Lalande), la reine sans mains, et la doyenne, Cécile d’Angleterre (Anne-Marie Côté), tout, absolument tout de l’oeuvre et du lieu nous est redonné. La pierre qui retient le corps de ces reines s’effrite, leur chair tremble et la pièce libère ses frissons.


    Né de l’urgence qu’avaient certains comédiens à explorer le langage du corps et l’espace scénique sans avoir recours à la parole, Danse de garçons se déploie bien au-delà de l’exploration première. Pantalons de travail, chaussures à semelle rouge, ils entrent au pas de course et s’approprient le territoire. Si leurs premiers pas se veulent un rappel de l’entrée au gymnase ou du simple exercice, tout ce qui vient par la suite fait appel à la nécessité de faire du corps un langage, de ce langage un récit intime, et de cette narration une quête résolument masculine.


    La structure de planches érigée en bout de piste n’a rien d’accessoire et le fracas de son effondrement se fait le véritable point de départ. Les acteurs ne frôlent plus les planches, ils se les approprient. S’amorce alors un réel jeu de construction, déconstruction qui donne naissance à son flot d’images : chantier, guerre, lutte, arène, labyrinthe, enfermement, poutre, obstacle ou chemin de traverse, tout prend vie et forme sans jamais sacrifier la beauté du geste ou le jeu d’ensemble.


    Chorégraphié par Karine Ledoyen, Danse de garçons, qui allie le souffle théâtral à l’organique quête physique de l’autre, trouve son apaisement dans l’éclairage final en rouge, les deux ou trois mouvements qui s’exercent au ralenti, puis sur la dernière image de ce dortoir de planches où se bercent les corps en équilibre. Magnifiquement ponctué par l’univers sonore signé Jean-Michel Dumas, Danse de garçon franchit avec conviction le pas entre théâtre et danse.


     

    Collaboratrice

    Un extrait des Reines dans une mise en scène de Frédéric Dubois. Une scène de Danse de garçons de Karine Ledoyen.












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