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    Théâtre

    Comédie existentielle

    18 avril 2013 |Marie Labrecque | Théâtre
    Pour se protéger, les trois singuliers colocataires créés par l’auteur David Paquet se sont retranchés dans leur appartement, où s’insinuent malgré tout les voix du monde extérieur...
    Photo: Spinprod Pour se protéger, les trois singuliers colocataires créés par l’auteur David Paquet se sont retranchés dans leur appartement, où s’insinuent malgré tout les voix du monde extérieur...

    Appels entrants illimités

    Texte : David Paquet.
    Mise en scène : Benoît Vermeulen.
    À La Licorne jusqu’au 20 avril.

    En fait, cette « comédie existentielle » aborde dans une forme légère une question pertinente qui déborde largement des ados : quelle place ce monde tonitruant et envahissant accorde-t-il à la sensibilité humaine ? Sa masse écrasante, à l’unicité de l’individu ? Et comment s’ouvrir sans être atteint trop profondément par l’agitation, le bruit et la fureur de l’extérieur, en préservant son intériorité ?

     

    Son trio de fragiles mésadaptés vit ces problèmes avec une démesure toute hyperbolique. Dépourvu du « talent de l’indifférence » et incapable de se prémunir contre le bombardement d’informations, le paranoïaque Louis (Jonathan Morier) voit du danger partout. En quête de reconnaissance, Anna (Catherine Le Gresley) ressent le besoin de se déguiser constamment, comme une armure face au regard critique d’autrui dans cet univers compétitif. Sous la confiance, voire l’autoritarisme, qu’elle projette, Charlotte (énergique Catherine Larochelle) est une éclopée de l’amour et cherche son âme soeur en dehors de la Terre, tant son sentiment d’aliénation envers ses semblables est grand. Pour se protéger, ces singuliers colocataires se sont retranchés dans leur appartement, où s’insinuent malgré tout les voix du monde extérieur, avec ses messages de toutes sortes…

     

    La pièce bâtit un univers séduisant, marqué par des métaphores lisibles et une utilisation inattendue des objets. Un univers aux couleurs plutôt clownesques, bien servi par les costumes et la scénographie inventive de Julie Vallée-Léger, qui s’appuie surtout sur trois portes à la taille de chacun des personnages, comme une frontière de leur intimité propre. Et une quatrième, inquiétante, qui ouvre sur l’extérieur menaçant.

     

    La mise en scène éclatée, en ruptures, de Benoît Vermeulen y imprime un dynamisme joueur. Un feu roulant qui s’apaise un peu lorsque ces trois solitudes osent se défaire de leur carapace et tenter un contact avec l’autre. Si les personnages opposent une réponse finalement prévisible (l’amour) au monde, le spectacle reste presque jusqu’à la fin une joyeuse boîte à surprises.

     

     

    Collaboratrice













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