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Théâtre - Lettre au père

18 avril 2013 | Christian Saint-Pierre | Théâtre
Finement ponctuées par la musique, les images projetées sur deux écrans coulissants, mais aussi sur les corps, les tissus et les objets, sont à plusieurs reprises une source d’émerveillement.
Photo : Sam Heath Finement ponctuées par la musique, les images projetées sur deux écrans coulissants, mais aussi sur les corps, les tissus et les objets, sont à plusieurs reprises une source d’émerveillement.

Gold Mountain

Texte : David Yip et Kevin Wong.
Mise en scène : Daniel Meilleur.
Une coproduction des Deux Mondes et du Unity Theatre (Liverpool), aux Écuries, jusqu’au 27 avril.

Les spectacles des Deux Mondes, une compagnie fondée il y a 40 ans, portent la marque de trois artistes au style immédiatement reconnaissable. Le nouveau-né, trentième de sa lignée, a beau être le fruit d’une coproduction avec le Unity Theatre de Liverpool, où il a d’ailleurs été créé en 2010, il n’échappe pas à la règle. Gold Mountain présente sans ambiguïté la signature transculturelle et multimédia du triumvirat composé du metteur en scène Daniel Meilleur, du musicien Michel Robidoux et du vidéaste Yves Dubé.

Donné en anglais et surtitré en français, le spectacle s’appuie sur le récit d’un exil, celui d’un jeune homme qui, aspirant à une vie meilleure, s’arrache dans les années 1920 à une Chine de plus en plus communiste pour s’installer dans une Angleterre déchirée par la guerre et les conflits identitaires, une terre d’accueil qui ne sera pas l’Eldorado qu’il avait espéré, mais où il parviendra tout de même à fonder une famille. Cette histoire, qui en est une de dépossession en même temps que de rédemption, c’est celle du père de David Yip, le comédien britannique qui cosigne le texte du spectacle, en plus de partager la scène avec son compatriote Eugene Salleh.


Les échanges entre le père et le fils, inspirés d’entretiens qui ont réellement eu lieu, relient entre elles les nombreuses vignettes qui composent la représentation. De Canton à Liverpool, des promesses de l’enfance aux trous de mémoire de la vieillesse, de l’amour à la désillusion, des blanchisseries aux fumeries d’opium, des rêves d’un ailleurs meilleur au cauchemardesque quotidien d’une existence minée par le jeu et la drogue, Gold Mountain donne à voir et à entendre, dans un mélange de contes et d’images, d’intime et de politique, une vie jonchée d’échecs.


Étrangement, malgré le caractère universel du récit, malgré l’aspect poignant de ce qui s’apparente à une lettre de réconciliation adressée au père, l’émotion est rarement au rendez-vous. Reste que l’oeuvre, sans rivaliser avec les tours de force signés Robert Lepage, auxquels on peut difficilement s’empêcher de penser, est d’une beauté indéniable. Finement ponctuées par la musique, les images projetées sur deux écrans coulissants, mais aussi sur les corps, les tissus et les objets, sont à plusieurs reprises une source d’émerveillement. La cage d’oiseaux est une riche métaphore qui traverse toute la représentation, nous rappelant que notre vie est bien souvent une prison plus ou moins dorée dont nous aurions tout avantage à nous libérer.


 

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