Théâtre: Petits skieurs étranges
Texte : Marta Dalla Via et Diego Dalla Via, traduit de l’italien par Catherine Paré. Mise en scène : Marta Dalla Via. Une coproduction du Théâtre de l’Opsis et de Minimal Immoralia (Bologne). À la Casa d’Italia jusqu’au 14 avril.
Quel petit objet étrange que ce Petit monde alpin. Montée dans l’urgence en deux semaines à peine, la coproduction du Théâtre de l’Opsis et de la jeune compagnie italienne Minimal Immoralia est présentée sous l’étiquette de «laboratoire de création». Recevons-la comme tel, sans taire son état d’inachèvement, mais en tentant de dégager la singularité de cette rencontre interculturelle.
La fable crépusculaire imaginée par la metteure en scène Marta Dalla Via et son frère Diego repose sur une fratrie qui tient une auberge dans les Alpes. À la veille de l’ouverture de la saison de ski, l’aînée, championne déchue, tente en pestant de faire participer aux grands préparatifs les jumeaux — un garçon et une fille —, qui préfèrent dévaler les surfaces enneigées et deviser de la vie et de la mort en empruntant le remonte-pente. Reste le benjamin, que tous croient muet, qui s’acquitte de ses tâches de nettoyage en réservant à la seule attention du public ses inquiétantes théories sur les champignons.
Héritage trop lourd à porter, isolement qui finit par altérer les consciences, promiscuité forcée, rêves brisés : autant de facteurs permettant d’expliquer le décalage perpétuel dans lequel semble prise cette famille à la logique tordue. Pour donner forme scéniquement aux manies et aux obsessions de chacun, Marta Dalla Via a composé avec des matériaux de bric et de broc : quelques objets fétiches, costumes amusants soulignant à gros traits le caractère des personnages, grille d’éclairage fort limitée et bande-son insistante qui ajoute peu, voire qui irrite.
Voilà qui en laisse beaucoup sur les épaules des acteurs, un quatuor talentueux qui semble avoir adopté une attitude proactive. J’entends par là que Marie-Michèle Garon, Olivier Morin, Kim Despatis et Victor Andrés Trelles Turgeon y vont de compositions énergiques, jouant joyeusement de la langue assez entraînante choisie par la traductrice Catherine Paré. Les corps portent encore quant à eux les stigmates d’un travail trop récent et laissent entrevoir entre autres des influences clownesques.
Si l’exercice de style mériterait donc encore polissage, son côté artisanal en vient à ajouter à la bizarrerie de l’ensemble, ce qui ne manque pas de charme pour qui goûte comme moi ce genre d’univers. Présenté dans le cadre plus sympathique que professionnellement adéquat qu’est la Casa d’Italia, Petit monde alpin est programmé jusqu’à dimanche en alternance avec Signor Smytchkov, un solo mettant en vedette l’acteur Diego Dalla Via qu’a dirigé Luce Pelletier, orchestratrice de ce cycle italien.
La fable crépusculaire imaginée par la metteure en scène Marta Dalla Via et son frère Diego repose sur une fratrie qui tient une auberge dans les Alpes. À la veille de l’ouverture de la saison de ski, l’aînée, championne déchue, tente en pestant de faire participer aux grands préparatifs les jumeaux — un garçon et une fille —, qui préfèrent dévaler les surfaces enneigées et deviser de la vie et de la mort en empruntant le remonte-pente. Reste le benjamin, que tous croient muet, qui s’acquitte de ses tâches de nettoyage en réservant à la seule attention du public ses inquiétantes théories sur les champignons.
Héritage trop lourd à porter, isolement qui finit par altérer les consciences, promiscuité forcée, rêves brisés : autant de facteurs permettant d’expliquer le décalage perpétuel dans lequel semble prise cette famille à la logique tordue. Pour donner forme scéniquement aux manies et aux obsessions de chacun, Marta Dalla Via a composé avec des matériaux de bric et de broc : quelques objets fétiches, costumes amusants soulignant à gros traits le caractère des personnages, grille d’éclairage fort limitée et bande-son insistante qui ajoute peu, voire qui irrite.
Voilà qui en laisse beaucoup sur les épaules des acteurs, un quatuor talentueux qui semble avoir adopté une attitude proactive. J’entends par là que Marie-Michèle Garon, Olivier Morin, Kim Despatis et Victor Andrés Trelles Turgeon y vont de compositions énergiques, jouant joyeusement de la langue assez entraînante choisie par la traductrice Catherine Paré. Les corps portent encore quant à eux les stigmates d’un travail trop récent et laissent entrevoir entre autres des influences clownesques.
Si l’exercice de style mériterait donc encore polissage, son côté artisanal en vient à ajouter à la bizarrerie de l’ensemble, ce qui ne manque pas de charme pour qui goûte comme moi ce genre d’univers. Présenté dans le cadre plus sympathique que professionnellement adéquat qu’est la Casa d’Italia, Petit monde alpin est programmé jusqu’à dimanche en alternance avec Signor Smytchkov, un solo mettant en vedette l’acteur Diego Dalla Via qu’a dirigé Luce Pelletier, orchestratrice de ce cycle italien.








