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    Sur les rails

    13 avril 2013 |Sylvie Nicolas | Théâtre
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	Le roman Transpotting de l’Écossais Irvine Welsh a connu plusieurs interprétations théâtrales. </div>
    Photo: Gabriel Talbot-Lachance
    Le roman Transpotting de l’Écossais Irvine Welsh a connu plusieurs interprétations théâtrales. 

    Trainspotting

    Texte original : Irvine Welsh. Traduction et adaptation : Wajdi Mouawad et Martin Bowman. Mise en scène : Marie-Hélène Gendreau. Avec Lucien Ratio, Claude Breton-Potvin, Jean-Pierre Cloutier et Charles Étienne Beaulne. Une production du collectif FIX, présentée chez Premier Acte jusqu’au 27 avril 2013.

    Paru en 1993, le roman de l’Écossais Irvine Welsh a marqué le paysage cinématographique et connu quelques adaptations théâtrales, dont celle de Wajdi Mouawad et Martin Bowman qui prend l’affiche chez Premier Acte. Mis en scène par Marie-Hélène Gendreau, ce Trainspotting que présente le collectif FIX percute la scène avec la puissance des grands déraillements.

    Peu importe le pays, la grande locomotive économique accouche de ces mal-aimés qui se retrouvent sans autre ticket que celui de l’assistance sociale et de ses dérives. Les Mark Renton, Begbie, Sick Boy, Alisson et June d’ici et d’ailleurs trouvent dans cette distribution d’acteurs tout ce qui, de la souffrance et de l’impuissance, du désir, de la colère, de la révolte et du rêve occulté par la réalité, les enchaîne à la dépendance et à la décadence.


    La mise en scène de Gendreau est vive, précise, jamais convenue et d’une terrible efficacité. Les interprétations sont solides dans l’égarement autant que dans l’affirmation, et ce qui les magnifie est certes dû à l’équilibre entre leur jeu physique et le rendu du texte qui, loin de sombrer dans un hurlement univoque, trouve dans le ton de chacun ses temps de murmures, de relâchement, d’espoir, de détresse et d’abandon. Tous offrent de ces moments de théâtre qui glissent en soi dans le silence que nous portons. Certaines scènes ne nous quittent plus. Ratio près de la tombe, plaqué contre le matelas, l’épisode de la moufette, celui de la serveuse qui dessert les Anglais, ou celle, finale, du dernier fix. En fait, il devient indécent de n’en nommer que quelques-unes tant elles sont toutes essentielles à la mise en lumière du propos. Ratio, Cloutier, Beaulne et Breton-Potvin font de ces écorchés des êtres qui répondent au souhait qu’avait Jean Genet de voir s’incarner l’acte poétique plutôt que le spectacle.


    L’habillement sonore de Philip Larouche, les projections (judicieuses et parcimonieuses) de Jean-Philippe Côté, sont de la même eau. Le plateau conçu par Jean-François Labbé sert parfaitement les déplacements et le passage d’un tableau à l’autre ; on est là où nous devons être, en eux, avec eux, hors d’eux. Ses éclairages se hissent à un niveau de lecture qui dépasse largement le joli coloriage. On retient ici la qualité de ce qui les anime, l’effleurement des corps et la pénétration des sens.


    Le Trainspotting du collectif FIX nous rappelle que le théâtre est plus qu’un train de marchandises.


     

    Collaboratrice













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