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    Théâtre - Un delirium d’angoissée revendiqué

    30 mars 2013 |Alexandre Cadieux | Théâtre
    Cette exploration exhaustive du désarroi amoureux, menée à train d’enfer, nécessite une qualité d’écoute de chaque instant pour bien attraper toutes les flèches tirées par l’auteure Marie-Ève Perron pour élargir son propos du personnel au plus politique.
    Photo: Justin Laramée Cette exploration exhaustive du désarroi amoureux, menée à train d’enfer, nécessite une qualité d’écoute de chaque instant pour bien attraper toutes les flèches tirées par l’auteure Marie-Ève Perron pour élargir son propos du personnel au plus politique.

    Gars

    Texte et mise en scène : Marie-Ève Perron. Une coproduction de Fille/De/Personne, de l’Espace Malraux de Chambéry et de la Comédie de Clermont-Ferrand. À la salle Jean-Claude-Germain du Théâtre d’Aujourd’hui jusqu’au 6 avril.

    Gars a laissé Fille, plongeant Fille dans la tourmente. Sur cette anecdote fort banale, Marie-Ève Perron a construit une performance solo d’une vertigineuse densité verbale, un « delirium d’angoissée » (ses mots) qui explose dans la salle Jean-Claude Germain et qui impressionne davantage par sa grande maîtrise que par l’originalité de son propos.



    Le monologue de Perron emprunte la forme hélicoïdale des quelques serpentins qui jonchent la scène, rappels matériels parmi d’autres que la fête est finie. Autour de l’axe, Fille tourbillonne une parole poétique qui oscille sans cesse entre la douleur qui fait voler en éclats toutes les convictions du personnage et la lucidité qui lui permet momentanément de reconnaître ses clichés et de rationaliser sa situation tout en se moquant durement d’elle-même.


    À ces soubresauts parfois violents de la psyché répond un jeu corporel à l’avenant, où Marie-Ève Perron se déconstruit en tordant ses muscles comme elle le fait de ses mots. Elle ne craint pas de s’aventurer dans le grotesque, déformant notamment les figures réelles ou imaginaires, bienveillantes ou malveillantes, que croise Fille dans sa course pour reprendre pied. Passer de la vamp au vieillard avant de revenir à la jeune femme simple ne lui fait jamais sauter un temps.


    Spectacle qui confirme donc un large registre d’écriture et de jeu, un acte personnel qui permettra à Perron de se dépouiller définitivement des derniers linges noirs et rageurs de Loup aux yeux de ceux qui ne la connaissaient que par ce rôle tenu pendant des années dans le spectacle Forêts de Wajdi Mouawad.


    Cette exploration exhaustive du désarroi amoureux, menée à train d’enfer, nécessite une qualité d’écoute de chaque instant pour bien attraper toutes les flèches tirées par l’auteure pour élargir son propos du personnel au plus politique. Deux cibles semblent attirer particulièrement ses traits souvent trempés dans un humour caustique : le choc des générations et l’imaginaire romantique formaté par les images consensuelles que charrient le cinéma et la télévision. Il reste que Gars, variation singulière et honnête sur un thème connu, ne chamboule pas particulièrement nos perspectives sur son sujet.

     

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