Théâtre - Le réconfort des oursons en peluche
Gabie
De Caroline Gendron. Mise en scène : Marie-Ève Gagnon. À l’Espace libre jusqu’au 30 mars.
La comédienne est connue des préadolescents pour ses rôles dans des émissions de Vrak.tv. Elle ne s’éloigne pas ici de ce registre : il faut dire que le personnage l’impose et qu’elle y imprime une véritable authenticité. Son jeu évolue entre la naïveté de l’enfance et la curiosité pour le monde adulte, dans une certaine maladresse et par l’entremise d’un rapport de proximité avec les objets. Les peluches la réconfortent et deviennent parfois des marionnettes avec lesquelles elle peut aborder des sujets délicats. Le téléphone, et surtout le répondeur, symbolise le monde extérieur et toutes les angoisses qui viennent avec lui. Pas de grandes idées dans cette mise en scène, mais rien ne coince : l’univers est cohérent.
Si le texte est un brin répétitif et souvent convenu, son principal mérite est d’aborder de manière frontale et intelligente la naissance du désir sexuel chez cette drôle de femme-enfant. Elle a 28 ans, ses angoisses sexuelles sont celles d’une préadolescente, mais peut-être ne sont-elles pas si éloignées des névroses vécues par la plupart des adultes dans un monde où le sexe fait l’objet d’une attention constante et se soumet à toutes les pressions sociales.
Hors de ces considérations, cette pièce est extrêmement compassionnelle et cherche plutôt mollement à attendrir son spectateur. On a déjà vu moteur dramatique plus puissant.
Collaborateur








