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C’est la consécration pour l’un des événements-phares de la scène montréalaise

Le Festival TransAmériques devient le 28e récipiendaire du grand prix culturel montréalais

Cesena, d’Anne Terea de Keersmaeker
Photo : Herman Sorgeloos Cesena, d’Anne Terea de Keersmaeker

« La vie culturelle est intense, toutes disciplines confondues, estime Marie-Hélène Falcon, directrice générale et artistique du Festival TransAmériques. Elle est passionnante et très agréable tout au long de l’année. Notre festival est un temps fort dans la saison… depuis bientôt trente ans ! Nous faisons partie de toute une génération d’entrepreneurs culturels, qui ont eu à la fois la passion des arts et l’envie de jeter un éclairage nouveau sur notre époque. Alors, bien sûr, être finaliste pour le Grand Prix du Conseil des arts, c’était déjà toute une surprise tant l’honneur est grand… Mais nous proposons l’excellence, la qualité, la nouveauté et la longévité… Peut-être fallait-il s’y attendre ! »


Le jury du Grand Prix du Conseil des arts de Montréal a fait sien l’enthousiasme d’une Marie-Hélène Falcon : l’organisme autrefois connu sous le nom de Festival de théâtre des Amériques s’est vu attribuer, mardi dernier, le 28e Grand Prix que remet annuellement ce conseil montréalais.


Car, depuis 1985 et la première édition du Festival de théâtre des Amériques, l’événement a pris de l’ampleur, est devenu annuel et a changé de nom en 2007 pour prendre son identité actuelle et devenir le Festival TransAmériques, alliant théâtre et danse. Depuis 1985, le FTA, ce sont 750 000 festivaliers, 386 spectacles présentés, 45 pays accueillis, 82 coproductions pour plus d’un million de dollars investis ! Et tout cela toujours avec le même objectif, selon la formule d’André Ducharme, journaliste à l’Actualité, que Marie-Hélène Falcon n’hésite pas à faire sienne : « Choquer les certitudes ».

 

Engagement


Car ce festival se veut engagé. « L’idée, c’est l’échange. Nous faisons venir des compagnies internationales et nous participons également à la promotion de celles d’ici. Mais c’est aussi une prise de parole forte, un regard porté sur notre société, estime sa directrice. Les artistes que nous invitons, les créations que nous coproduisons, bref, tout ce que nous proposons pendant le festival invite à la réflexion, amène le spectateur à se questionner sur ses propres convictions, ses actions, etc. »


Ainsi, la compagnie italienne Motus a enthousiasmé le public l’an dernier avec deux spectacles alliant théâtre, danse, vidéo, installations et poésie : Too late (Antigone) et Alexi, une tragédie grecque. « Le deuxième part de la mort d’un manifestant de 15 ans lors des émeutes de 2008 en Grèce, raconte Marie-Hélène Falcon. Tous deux abordent une question essentielle : est-il trop tard pour se cabrer et changer le cours des choses ? La compagnie est arrivée l’an dernier à Montréal en plein printemps érable… Son propos était tellement proche de l’actualité d’ici… C’en était troublant pour nous et stimulant pour eux. Le public a été impressionné par le spectacle. C’était un grand moment de rencontre. »


Une rencontre tellement enrichissante pour tous que la compagnie Motus est de nouveau programmée cette année. Mieux, son nouveau spectacle, intitulé Nella tempesta (Animale Politico project), est même coproduit par le Festival TransAmériques et présenté en grande première à Montréal au printemps.


Un autre moment très attendu pour cette nouvelle édition, qui aura lieu du 22 mai au 8 juin, sera Un ennemi du peuple, de Thomas Ostermeier, adaptation contemporaine de l’oeuvre d’Henrik Ibsen. Où Ostermeier nous plonge dans un dilemme pourtant familier - l’intégrité ou l’argent ? - mais avec une telle acuité, une telle pertinence, une telle science des manoeuvres du pouvoir et un tel abandon à la fragilité humaine que le spectateur en vient lui-même à entrer dans la fiction au cours d’une mémorable séquence d’assemblée publique.

 

Lieu de débat


Car le Festival TransAmériques, c’est ça aussi, un espace de débat. Et, quand ce n’est pas à l’intérieur des oeuvres elles-mêmes, c’est après le spectacle. « Nous apportons chaque année quelque chose de neuf, nous sommes à la pointe, à l’avant-garde même, de ce qui se fait sur scène, affirme Marie-Hélène Falcon. Nous essayons d’enrichir le public, de le faire avancer dans sa réflexion sur lui-même et ce qui l’entoure, par le biais de l’art. Et ça n’empêche pas que ce soit du spectacle. En fait, le festival est toujours un grand moment de joie et de fête ! »


Collaborateur

Cesena, d’Anne Terea de Keersmaeker Nella tempesta (Animale Politico project), de la compagnie Motus Le corps en question, d’Isabelle Van Grimde
 
 
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