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    Théâtre jeunesse - Portrait de groupe et de drame

    4 février 2013 |Marie Labrecque | Théâtre
    2:14
    Texte : David Paquet.
    Mise en scène : Claude Poissant. Production : Créations Ad Vitam. 
    À la Maison Théâtre, jusqu’au 9 février.
    L’événement tragique qui se révèle au cœur de 2:14 ne pourrait résonner plus douloureusement dans nos débats sociaux. On gardera secret ce qui relie tous les personnages de la pièce à l’heure fatidique — même si on finit par le deviner. Mais David Paquet n’essaie pas d’expliquer l’inexplicable. Son texte trace d’abord un portrait choral à six voix, dont celles de quatre adolescents.


    Des jeunes en marge, chacun à leur façon, figures assez typées : le premier de classe puceau, la rockeuse rebelle, l’ancienne « grosse » humiliée qui a perdu ses inhibitions sexuelles en même temps que ses kilos. Des êtres fragiles en transformation, qui tentent d’effacer leur solitude en se rapprochant d’autrui, quitte à devoir révéler qui ils sont réellement. C’est sans compter le personnage absent qui rôde dans l’ombre, et dont l’isolement est bien pire…

    Destiné à un public âgé d’au moins 14 ans, 2:14 séduit son auditoire par une forme fragmentée, rapide, bondissante, par son humour et sa langue sans détours.
     
    Appel à l’intellect

    David Paquet réussit à effleurer beaucoup de thématiques en à peine soixante minutes, à croquer ses personnages, malgré quelques traits caricaturaux. Le jeune auteur a le mérite d’avoir choisi de ne pas tout expliquer immédiatement, de parier sur l’intelligence de son public, en risquant de le déstabiliser un peu au départ, par la structure éclatée et les éléments insolites de la pièce. La « femme-hirondelle » qui ouvre la pièce prend ainsi son sens passablement plus tard…

    La deuxième œuvre signée par l’auteur de Porc-épic a des audaces (les fantasmes du jeune qui visite sa grand-mère malade) et témoigne de son don pour les images métaphoriques, de son attrait pour l’aspect fantaisiste ou onirique.

    La mise en scène très rythmée de Claude Poissant ordonne le récit avec inventivité et souplesse, mettant en avant un langage physique — soulignons l’importance du corps, de l’image corporelle pour les personnages. Les comédiens issus du collège Lionel-Groulx (David Blais, Mara Joly, Julien Lemire, Martine Pype-Rondeau, Guenièvre Sandré, Félix-Antoine Tremblay) endossent plusieurs rôles avec dynamisme.

    Se faisant l’écho de leur détresse, mais aussi de leur énergie, le spectacle tend un reflet très empathique aux jeunes, mais un miroir qui n’est pas exempt de dérision. Voir l’amusante diatribe du professeur de français contre ses élèves… Les adultes ne se sentiront pas exclus.

    ***
     
    Collaboratrice












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