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    Théâtre - Le paradis perdu

    21 janvier 2013 |Sylvie Nicolas | Théâtre
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	Comme dans la production originale, les comédiens Christian Michaud et Étienne Pilon interchangent leurs rôles. Ainsi, créature et créateur deviennent l’indissociable prolongement l’un de l’autre.</div>
    Photo: Vincent Champoux
    Comme dans la production originale, les comédiens Christian Michaud et Étienne Pilon interchangent leurs rôles. Ainsi, créature et créateur deviennent l’indissociable prolongement l’un de l’autre.

    Frankenstein

    Texte de Nick Dear d’après le roman de Mary Shelley. Traduction : Maryse Warda. Mise en scène : Jean Leclerc. Avec Danièle Belley, Jean-Jacqui Boutet, Pierre Chagnon, Pierre Colin, Catherine Hugues, Linda Laplante, Eliot Laprise, Christian Michaud, Étienne Pilon, Meggie Proulx Lapierre, Éva Saïda, Nicola-Frank Vachon. Une coproduction du Trident et du théâtre Denise-Pelletier, à l’affiche au Trident jusqu’au 9 février 2013.

    Le roman de Shelley nous mettait face à la créature qui échappe à son créateur, à la naissance d’un coeur tendre et bon, à cette notion d’humanité corrompue par le monde extérieur. Le monstre ne devient un monstre que dans le regard de l’autre et par le rejet dont il est l’objet. Dans l’adaptation qu’il signe, Nick Dear donne la parole à Frankenstein et lui ouvre la voie vers la réflexion et la capacité de vivre la dialectique du bien et du mal. C’est au metteur en scène de la production originale (Danny Boyle) qu’on doit cette idée d’amener les comédiens à interchanger leurs rôles sur scène. Sous la direction de Jean Leclerc, ce sont Christian Michaud et Étienne Pilon qui relèvent le défi de l’alternance. Ainsi, créature et créateur deviennent l’indissociable prolongement l’un de l’autre.



    Le Frankenstein coproduit par Le Trident et le théâtre Denise-Pelletier se présente comme un immense cadeau scénographique joliment enrubanné, un majestueux Titanic aux ponts étincelants, aux effets spéciaux (boucane, éclairage, projections, costumes) nickel. Rien à redire, sinon l’étrange impression de voir défiler des images et la désolation de constater que, sous la plume de Dear, les personnages secondaires ne sont que des accessoires soumis à l’illustration passive des étapes qui marqueront la bête et la mèneront de l’affranchissement à la vengeance.


    Michaud est remarquable dans le rôle de la bête. Il l’est davantage dans de rares scènes, plus substantielles, dont celle avec Pierre Colin (De Lacey) qui incarne avec justesse et sensibilité ce vieil aveugle qui fera du monstre un être d’intelligence et de raisonnement.


    Tout le reste est en reste, et la faute n’en incombe pas à la distribution, mais aux dialogues anémiques qu’on dirait inspirés d’un quelconque soap américain. La structure même de l’oeuvre est à remettre en question. Le fantasme de la créature féminine (très bien rendu) arrive trop tôt dans les séquences, l’échange entre le petit William mort et Victor Frankenstein est inutile, comme le sont les séquences du champ chargé et libéré de ses pierres, des vagabonds et du lapin mis à cuire ou encore cette petite jasette au pied du lit d’Élizabeth, qui relève de la conversation autour d’une tasse de thé. Quand, en finale, on se retrouve avec le traîneau et l’accoutrement de l’explorateur, on baisse les bras. On se croirait dans une série de pubs de Canadian Tire autour des équipements de plein air.


    Dear tente d’insuffler de l’âme à la bête. Son adaptation en manque.

     

    Collaboratrice













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