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    Théâtre

    Et avec votre esprit

    5 décembre 2012 |Sylvie Nicolas | Théâtre
    La performance solo de Rick Miller offre en partage un Christ dont on vend l’image depuis des siècles et des siècles.
    Photo: Michael Cooper La performance solo de Rick Miller offre en partage un Christ dont on vend l’image depuis des siècles et des siècles.

    Bigger than Jesus

    Texte : Rick Miller et Daniel Brooks. Mise en scène : Daniel Brooks. Avec : Rick Miller. Une coproduction WYRD et Necessary Angel. Au théâtre Périscope jusqu’au 8 décembre.

    Après avoir été acclamée un peu partout au Canada, aux États-Unis et en Europe, Bigger Than Jesus fait son apparition au Périscope (signe des temps et divin adon), ce lieu de théâtre installé dans l’ancienne synagogue juive Beth Israël Ohev Sholom, construite en 1944.

    Coécrite par Rick Miller et Daniel Brooks, la performance solo de Rick Miller emprunte à la messe et à la liturgie, débusque les interprétations du mythe, en dévoile les détournements historiques, et offre en partage un Christ dont on vend l’image depuis des siècles et des siècles.

     

    Miller accueille son public en bon larron et offre un résumé de ce qui va se dérouler sur scène. Il agrémente le tout d’une anecdote personnelle avant de procéder à une vivifiante démonstration professorale de ce qui, dans l’histoire de la figure christique, s’écarte de la pensée rationnelle. Une mise en contexte qui plaira davantage aux fervents de l’animation de foule et aux ouailles des humoristes populaires, mais qui ne prophétise en rien ce qui, chez Miller, témoigne de son indéniable talent. Puis, pieds nus, sans marcher sur les oeufs ou sur les eaux, il progresse allègrement dans les pas de Jésus.

     

    L’espace scénique est désert, sauf pour un écran en fond de scène. Le plateau devient le tableau d’écriture et le lieu de toutes les reconstitutions. C’est par la grâce de jeux de caméras en direct, de projections, d’effets de multiplications ou de télescopage que certains tableaux font du jeu de Miller un chapelet de souhaits exaucés. C’est ici que réside l’art de la résurrection : Miller déconstruit, déboulonne, renoue avec les rituels. Armé de ses deux ombres, il est sa propre Trinité, redevient l’enfant qui, à l’aide de ses petits bonshommes, nous ramène au Temple, à la dernière Cène, à la trahison et à la capture de la Sainte Figurine. Éclairages bleus et rouges cernent ces moments où le sacré dans sa gravité côtoie l’habile dénonciation des prédicateurs de salon et exhibe, sans avoir l’air de le faire, l’établissement de la très actuelle Église du Moi.

     

    Parmi les plus beaux moments, celui de la transfiguration où l’acteur se fait l’officiant de sa propre Eucharistie. Miller fait cela sur scène et sur écran, manifold de Lui, ange parmi les anges, pour retomber dans sa peau et, à mains nues, redessiner le crucifié dans le sable.

     

    Où est Rick Miller ? Rick Miller est partout. Pas encore aussi big que Jésus, mais diablement conscient que le verbe se fait chair.


    ***

     

    Collaboratrice













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