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    Théâtre - Les larmes de l’amour

    15 novembre 2012 |Sylvie Nicolas | Théâtre

    Le Projet Laramie

    Texte : Moisés Kaufman et le Tectonic Theater Project. Adaptation québécoise : Emmanuel Schwartz. Mise en scène : Gill Champagne. Avec Fabien Cloutier, Guylaine Jacob, Linda Laplante, Danielle Lesaux-Farmer, Kevin McCoy, Jean- Sébastien Ouellette, Jocelyn Pelletier, Lucien Ratio, Andrée Samson, Marjorie Vaillancourt. Une coproduction du Théâtre du Trident et du Théâtre Blanc, présentée au Trident jusqu’au 1er décembre.

    Laramie, Wyoming, octobre 1998. À l’aube de ses 22 ans, Matthew Shepard, jeune étudiant en théâtre, est battu, attaché à une clôture et meurt. Le crime haineux dont est victime le jeune homosexuel chamboulera la communauté, ébranlera les États-Unis et trouvera auprès de Moisés Kaufman, dramaturge et directeur du Tectonic Theater Project de New York, le point de départ du Projet Laramie qui prend l’affiche au Trident.

    Conscientisation et réflexion


    Issue du Moment Work, une technique qu’a développée Kaufman, la pièce couvre la genèse du projet, l’implication des membres de la troupe, leur arrivée à Laramie et les quelque 200 témoignages qu’ils ont recueillis, trace le profil de la victime, celui de la ville de 26 000 habitants dont il est issu, et englobe ce qui entoure la tragédie. Théâtre documentaire, Projet Laramie vise la conscientisation et, en accordant la parole aux citoyens concernés, participe en quelque sorte au processus de guérison. La structure de l’oeuvre s’articule à partir de moments-vérité, et la démarche elle-même n’est pas sans évoquer, même lointainement, celles du Living et de l’Open Theater.


    Outre les membres de la troupe Tectonic, les dix comédiens qui s’avancent sur la scène du Trident incarneront les citoyens, parents, enquêteurs, policiers, médecins, professeurs, journalistes, accusés, amis, étudiants, hommes d’Église, hommes de bar… Le plateau nu est traversé d’un chemin de terre oblique qui à chaque mouvement soulève la poussière, une idée simple et efficace. Dans le fond, l’énorme panneau de signalisation qui domine se révélera un écran, témoin des ciels et nuages qui, en silence, éclairent ou assombrissent l’histoire et les propos.


    Champagne signe une mise en scène adroite et respectueuse, fidèle à l’esprit du projet, et si la pièce accuse certaines longueurs, cela n’a rien à voir avec les interprétations qui sont de la même eau, mais avec la démarche plus linéaire qu’impose la structure de l’oeuvre. La scène de pluie et le chant choral comptent parmi les instants théâtraux les plus précieux. La reconstitution des témoignages donne lieu à des temps d’émotion et de réflexion.


    L’Amérique profonde est tenace. Ses ramifications, on le sait, se retrouvent tant au fond de la radio-poubelle urbaine qu’au coeur du jardin de banlieue ou dans la poche de veston du plus sympathique des voisins. Le nom Laramie, à l’origine, signifie « les larmes de l’amour ». Tentons de ne pas l’oublier.

     

    Collaboratrice













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