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    Théâtre - De la chair au menu ce soir

    29 octobre 2012 |Sylvie Nicolas | Théâtre
    Deux inconnus, un bar, une nuit, du vrai, du faux, du sexe, de la fougue, et l’horreur qui se referme sur l’insatiable soif d’être aimé.
    Photo: Gabriel Talbot-Lachance Deux inconnus, un bar, une nuit, du vrai, du faux, du sexe, de la fougue, et l’horreur qui se referme sur l’insatiable soif d’être aimé.

    Viande

    Texte et mise en scène Maxime Robin.
    Avec Jean-Michel Déry, Pierre-Olivier Grondin et Noémie O’Farrell.
    Une production de La Vierge folle présentée chez Premier Acte jusqu’au 10 novembre 2012.

    Viande est la deuxième incursion de Maxime Robin dans le double univers de la dramaturgie et de la mise en scène. On se souvient d’Iphigénie en auto qui marquait chez lui une tentative de fusion du tragique et du psychologique. Cette fois, Robin tente un croisement entre légende urbaine, univers du conte, et ces Vendredi 13 qui maintiennent la tradition du frisson d’Halloween.

     

    Pas de monstre, sinon celui qui se cache en soi, chez l’ami, la soeur, la voisine ou le collègue. Aucun excès qui risque la bascule du tragique vers la caricature. Du probable et de l’inattendu, suffisamment de chair autour de l’os pour permettre aux comédiens de bien mordre dans leur personnage, et ce qu’il faut de soin pour que la scène « chirurgicale » ne sombre pas dans le scénario de troisième ordre. La trame est simple : deux inconnus, un bar, une nuit, du vrai, du faux, du sexe, de la fougue, et l’horreur qui se referme sur l’insatiable soif d’être aimé.


    Les qualités de Viande sont plus visibles au moment de l’entrée sur scène de Jean-Michel Déry, dont la présence vient ancrer la pièce dans son socle. Ses déplacements sont précis, son ton assuré, et le rapport de force qu’il entretient avec l’autre se rive dans le geste, le regard, jusque dans le martèlement de ses bottes de « jobber ». Fuyante en première partie (rôle oblige) dans ce « jeu dans le jeu », Noémie O’Farrell se révèle dès lors solide. Un rôle qui n’est pas encore celui qui nous fera voir l’étendue de son talent, mais qui formule ses promesses. Elle a de la voix, de la sensibilité et du chien. Pierre-Olivier Grondin complète le trio. Le personnage conçu par Robin n’offre pas une grande manoeuvre, mais on garde de lui la vérité de cette scène à la chandelle, son jeu pudique et sobre.


    L’arrière-scène, le rouge qui l’éclaire, la lenteur imposée dans la traversée qui mène au plateau n’offrent pas l’effet escompté. On comprend l’idée de forêt, de chaperon, de méchant loup, mais comme pour les halètements et le corps à corps du début, on reste à la lisière du cliché, là où la volonté d’illustrer force la mécanique et prend le pas sur la théâtralité. L’usage de la caméra est intéressant et l’aurait été davantage si la scène de l’habillage avait été filmée, projetée sur le réfrigérateur, combinée à Mon corps, d’Ariane Moffatt, et à l’entrée en scène du couple sorti du bar.


    Viande possède les ingrédients nécessaires, mais il lui manque l’équilibre des saveurs pour en faire un plat de résistance.


    ***
     

    Collaboratrice













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