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    Théâtre - Plus que juste un peu

    16 octobre 2012 |Sylvie Nicolas | Théâtre
    La chute du piano a de quoi ravir dans son assemblage ludique de sons, de présences, d’images, de voix, de texte et d’espace.
    Photo: Productions Rhizome La chute du piano a de quoi ravir dans son assemblage ludique de sons, de présences, d’images, de voix, de texte et d’espace.

    La chute du piano

    Textes : Virginie Barreteau et Simon Dumas.
    Mise en scène : Gilles Baron et Simon Dumas. Direction musicale : Stéphane Guignard. Intégration technologique : Marc Doucet. Avec : Sylvio Arriola, Gilles Baron, Érick d’Orion, Simon Dumas, Nicolas Jobin, Mélanie Therrien, Camille Téqui et Jean-François Dugas. Une coproduction de Rizhome et éclats. Présentée à la salle Multi de la coopérative Méduse le 13 octobre.

    Présentée dans le cadre de Québec en toutes lettres, et fruit d’une collaboration entre Rhizome (Québec) et éclats (France), La chute du piano a de quoi ravir. Pas dans ses fragments détachés, ou dans son ouverture bon enfant qui reprend l’idée désormais convenue d’absence de représentation, mais dans son assemblage ludique de sons, de présences, d’images, de voix, de texte et d’espace. Il est question de chute et de piano, de philosophie, de café, de littérature. Il est aussi question de mouvement, d’image et de résistance, de cette « collection de choses changeantes » chères à John Cage, ici et maintenant. Pixels, cubes blancs, lumière, projections, déliés les uns des autres, tendent vers la redéfinition d’un même cadre. Tout cela avec légèreté et gravité, humour et intelligence, à l’écart de ce qui ferait de l’objet-spectacle une performance « songée ».

    La chute du piano propose de réinventer (juste un peu) Deleuze et Cage, d’en faire des personnages, Gilles et John (attachants Téqui et Dugas), autour d’un café, mais parvient surtout à couvrir leurs territoires et leur vision de l’art, sans rien sacrifier à la théâtralité qui s’articule. Elle le fait dans une suite de montées et de chutes qui vont de l’intervention sonore abrupte et vertigineuse à la projection qui cherche son écran, de segments dansés, chantés, de lecture et de poésie.


    Le noyau et l’équilibre de la proposition se trouvent hors de tout doute dans la destruction du piano, dans l’instant qui suit sa mise à sac et sa flambée, jusque dans les derniers crépitements (magiques). Les textes de Virginie Barreteau et Simon Dumas se font poétiquement prophétiques, et la voix de Nicolas Jobin, qui au départ se prête au jeu de l’opéra pour moteurs et autres chars de course, s’élève au final telle une berceuse sacrificielle. Même si on comprend l’idée d’absence de représentation, un micro, cependant, aurait mieux servi le rendu de Sylvio Arriola.


    Interventions sonores, intégration technologique, vidéo, enregistrements, corps enchevêtrés, ramenés/tombés, surgissent comme un rappel silencieux dans la dernière chute (celle du spectacle). On conserve, bien après l’exécution de chacun des segments, les sens dont ils sont chargés.


    Dans le désir et le désordre, l’objet demeure perfectible, mais il rejoint bellement le souhait de John Cage d’abolir les différences entre l’art et la vie et nous rappelle, comme le fait le Gilles de la Chute, qu’au fond, ce n’est pas compliqué.


    ***
     

    Collaboratrice













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