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Théâtre pour jeunes publics - Une fois, c’t’un gars qui arrive à l’hôtel…

1 octobre 2012 | Michel Bélair | Théâtre
Le spectacle est une course folle à travers un univers bifurquant sans arrêt dans une direction ou dans une autre, selon ce qui se présente soudain : couloir, escalier, néons, fête foraine…
Photo : Brigitte Pougeoise Le spectacle est une course folle à travers un univers bifurquant sans arrêt dans une direction ou dans une autre, selon ce qui se présente soudain : couloir, escalier, néons, fête foraine…

Derrière la porte

Spectacle de marionnettes scénarisé et mis en scène par Éric Domenicone. Avec Delphine Bardot et Yseult Welschinger. Une création de la S.O.U.P.E. Cie de France présentée à la Maison Théâtre jusqu’au 7 octobre puis aux Gros Becs, à Québec. Public visé : les enfants de 2 à 5 ans. Durée : 37 minutes.

C’est toujours spécial un début de saison à la Maison Théâtre : les tout-petits et les autobus jaunes qui en sont à leur première sortie ou presque, l’excitation, les cris retenus, la fébrilité que l’on sent partout… Tout cela est encore plus évident quand le spectacle d’ouverture vise un public de 2 à 5 ans. Et que la plupart des enfants qui sont là viennent pour la première fois au théâtre ; un moment unique. Marquant, souvent.

D’où l’importance de leur mettre rapidement l’eau à la bouche… ce que savent pertinemment les gens de la S.O.U.P.E. Cie. Ici, les petits spectateurs prennent leur place en regardant déjà l’impressionnante série de boîtes colorées qui servira de décor ; chacune d’elles, ou presque, s’ouvrira bientôt pour dévoiler un univers hautement farfelu et, disons-le, jouissif. Derrière la porte raconte en effet l’histoire d’un monsieur qui arrive dans un hôtel et qui rencontre une dame, au fond du miroir de sa chambre…


Pourtant, ce qui leur arrive est vraiment secondaire. Ce que l’on voit ici, c’est une course folle à travers un univers bifurquant sans arrêt dans une direction ou dans une autre, selon ce qui se présente soudain : couloir, escalier, néons, fête foraine… Une sorte de labyrinthe ludique que deux comédiennes-marionnettistes tissent à mesure sous nos yeux, d’une section de l’hôtel à l’autre, sans mots. Le tout avec portes s’ouvrant en tous sens, en série souvent, et bruits étranges surgissant de la nuit ou du rêve… Sur un fond de musique folle, drôle, et des éclats de rire aussi, et même un long cou de girafe qui apparaît soudain sans raison aucune à la fenêtre ou sur le siège arrière d’un petit avion qui passe. Surréalisme 101.


Stimulante, inventive, la proposition de l’équipe d’Éric Domenicone est en plus esthétiquement très séduisante. Passant d’une forme de marionnette à une autre et dévoilant souvent les artifices du jeu, les deux jeunes femmes amènent les petits sur les chemins de l’imaginaire, un territoire que tout le monde souhaite les voir explorer. Si ce type d’expérience avec la petite famille vous intéresse, hâtez-vous : les billets sont rares…

 

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