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    Théâtre - Là-bas et ici

    28 septembre 2012 |Sylvie Nicolas | Théâtre

    Québec-Barcelone

    Texte : Mercè Sarrias. Traduction et mise en scène : Philippe Soldevila. Avec : Éva Daigle, Normand Bissonnette, Alma Alonso Peironcely, Victor Alvaro Gomez. Une production du Théâtre Sortie de secours, en codiffusion avec le Théâtre Périscope, présentée au Périscope jusqu’au 14 octobre.

    On se souviendra de la très colorée et urbaine Défense des moustiques albinos de Mercè Sarrias, qui marquait une première et solide collaboration avec Philippe Soldevila et le Théâtre Sortie de secours. C’est à la demande de Soldevila, qui en signe la traduction et en assure la mise en scène, que Québec-Barcelone, qui prend l’affiche au Périscope, renouvelle l’expérience en intégrant deux comédiens catalans à l’équipe de jeu.

    L’univers que propose Sarrias met en scène deux cousines éloignées, l’une de Québec, l’autre de Barcelone qui, l’espace de quelques semaines, échangent leur maison, plongent dans le quotidien de l’autre et se trouvent confrontées à ce qu’elles sont ici comme ailleurs. Anne (Éva Daigle) quitte son chez-soi et l’obsédante obligation de baise effrénée en période d’ovulation (sans se douter que son dentiste de mari, qu’incarne Normand Bissonnette, lui cache son infertilité) pour s’aventurer en terre espagnole et percer le mystère de ce grand-oncle resté au loin. Laï (Alma Alonso Peironcely), enseignante au primaire, délaisse son compagnon (Victor Alvaro) et débarque avec, dans le berceau de son imaginaire, le personnage de Caillou créé par Hélène Desputeau.


    La comédie, on le comprend, se veut bon enfant et tourne autour des particularités culturelles qui caractérisent le Québec : un pays de grand froid peuplé d’ours, pigmenté de hockey, de poutine et de nos inquiétudes quant à l’intimidation à l’école et à la négligence d’enfants. Malheureusement, la pièce manque de substance, le propos de chair et les personnages, malgré le talent des interprètes, de texture et d’étoffe. Les disparités culturelles deviennent accessoires, les épisodes de rêves, qui ramènent à la vie l’oncle disparu, l’Histoire, la guerre, l’amour romantique et Caillou, travesti en mascotte grandeur nature, plutôt que d’ajouter en essence créent un flou, gentil certes, mais qui accentue le sentiment que la pièce reste à l’état de « carte postale ».


    Ce qui se dégage de l’ensemble porte le sceau de la joie, celle du tandem Sarrias-Soldevila et celle de la connivence entre les acteurs qui, à n’en pas douter, prennent plaisir à partager la scène. La défense des moustiques albinos nous avait permis de découvrir une plume vigoureuse, une mise en scène alerte et une production d’un comique de dérision d’une belle facture. On ne peut qu’aspirer à une troisième aventure qui renouera avec les forces qui avaient présidé à la première rencontre.

     

    Collaboratrice













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