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    Biz dans les bottes de Jos Violon

    Le rappeur et son amoureuse, la comédienne Marie-Anne Alepin, entraînent les protagonistes de La chasse-galerie au théâtre dans les mots de Victor-Lévy Beaulieu

    22 septembre 2012 |Christian Saint-Pierre | Théâtre
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	Dans la légende de La chasse-galerie revisitée, Biz devient Jos Violon, le maître conteur, tandis que la comédienne et productrice Marie-Anne Alepin campera une Rose Latulipe, pour ainsi dire, préféministe.</div>
    Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir
    Dans la légende de La chasse-galerie revisitée, Biz devient Jos Violon, le maître conteur, tandis que la comédienne et productrice Marie-Anne Alepin campera une Rose Latulipe, pour ainsi dire, préféministe.

    La Chasse-Galerie

    Texte: Victor-Lévy Beaulieu, d’après les contes de Louis Fréchette. Mise en scène : Stéphane Bellavance. Une production Kléos présentée au théâtre Denise-Pelletier du 28 septembre au 26 octobre 2012.

    Fruit de la tradition orale, la légende de La chasse-galerie a été consignée à la toute fin du XIXe siècle par deux écrivains, Honoré Beaugrand et Louis Fréchette. Si l’histoire du canot volant rempli de bûcherons est surtout connue grâce à la version du premier, Marie-Anne Alepin considère que celle du second est bien plus truculente. « Ça fait pas loin de dix ans que je rêve de voir ces contes-là sur scène », révèle celle qui cumule une fois de plus les fonctions de comédienne et de productrice. « Fréchette est un auteur fascinant. Dans ses écrits polémiques, franchement anticléricaux, on constate à quel point il était incisif. La langue des Contes de Jos Violon est directe, évocatrice, moins précieuse ou même moralisatrice que celle employée par Beaugrand. C’est à mon avis un meilleur témoignage de la manière dont les gens de la campagne parlaient dans ce temps-là. »

    Pour croiser les contes, faire des choix dans ce qu’on pourrait nommer les mille et une nuits du Bas-Canada, on a fait appel à un spécialiste en la matière, nul autre que Victor-Lévy Beaulieu. L’écrivain, qui connaît le répertoire sur le bout des doigts, a su réunir plusieurs légendes et de nombreux protagonistes en une seule et même trame dramatique. À la mise en scène, Stéphane Bellavance a eu la lourde tâche d’orchestrer les allers-retours entre la forêt et le village, la parole et la musique, la terre et le ciel, le quotidien et le fantastique. Sur le plateau, outre Marie-Anne Alepin, qui campe une Rose Latulipe pour ainsi dire préféministe, et son amoureux Biz, qui incarne Jos Violon, le maître conteur, on trouve Marc Angers, Mélissa Dion des Landes, Danny Gilmore, Michel Savard, Marie-Ève Soulard La Ferrière et Denis Trudel.


    Il faut admettre que Biz, dont le vrai nom est Sébastien Fréchette, ressemble en plusieurs points à son lointain ancêtre Louis Fréchette. Le gène de l’artiste politiquement engagé court manifestement dans l’arbre généalogique. Mais les rapprochements entre l’homme et son personnage sont encore plus nombreux. « Jos Violon a vraiment existé, précise celui qui l’incarne. On dit qu’il était grand et maigre et qu’il se balançait d’une jambe à l’autre. Moi aussi, je fais ça, parce que j’ai une jambe plus courte que l’autre, et non pas, comme certains pourraient le penser, pour me donner une attitude de rappeur. Jos, c’était comme moi un ricaneux, un farceux, un raconteux et un chanteux. Cela dit, les ressemblances ne suffisent pas. Je sais très bien que je ne suis pas comédien et c’est pourquoi j’ai beaucoup travaillé pour rejoindre le reste de la troupe. »


    La religion catholique est omniprésente dans les contes de Fréchette. Mais, au-delà de la foi, des croyances et des fêtes religieuses, c’est la peur qui rythme la vie des protagonistes. Peur viscérale de Satan aussi bien que de ses multiples incarnations, le loup-garou, la Bête à grande queue ou encore le Gueulard. « Ces bûcherons-là sont dans un environnement hostile, explique Biz. Une forêt mystérieuse qui semble les pousser à ne pas respecter la chose sainte, qui leur en donne la pulsion. En même temps, quand tu es au bout du monde depuis des mois, que tu as une job de malade, les mains en sang et des poux sur tout le corps, on peut comprendre que tu sois prêt à vendre ton âme pour passer une seule soirée avec les tiens. Le Québec a bien changé depuis, mais, à mon avis, la peur, c’est ce qui relie notre époque à la leur. Nous autres aussi, depuis le 11-Septembre, on est constamment effrayés par quelque chose, terrifiés. »


    Marie-Anne Alepin rappelle que Kléos, la compagnie qu’elle a fondée en 1999, se consacre à garder le répertoire québécois vivant, à s’assurer qu’il conserve une place de choix dans notre imaginaire collectif. Quand elle a produit deux textes de Marcel Dubé, Zone et Florence, c’est la mission qu’elle cherchait à remplir. De son côté, Biz se réjouit de voir qu’un fondement de la littérature québécoise, un morceau de patrimoine et de folklore d’une grande valeur, se déploie sur la scène du théâtre Denise-Pelletier et que, par conséquent, de nombreux jeunes spectateurs le découvrent. « Les contes ne meurent jamais, lance Biz, ils sont tout le temps en dedans de nous. C’est ce que dit Jos Violon, et c’est bien vrai. Cet univers, cette langue, ces histoires, ce mode de vie, tout cela fait partie de notre ADN. Si les jeunes Québécois, qu’ils soient de souche ou immigrants, veulent comprendre dans quelle société ils vivent, il faut qu’ils sachent d’où on vient. »

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	Dans la légende de La chasse-galerie revisitée, Biz devient Jos Violon, le maître conteur, tandis que la comédienne et productrice Marie-Anne Alepin campera une Rose Latulipe, pour ainsi dire, préféministe.</div>
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	Dans la légende de La chasse-galerie revisitée, Biz devient Jos Violon, le maître conteur, tandis que la comédienne et productrice Marie-Anne Alepin campera une Rose Latulipe, pour ainsi dire, préféministe.</div>












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