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    Du théâtre esthétisant

    20 août 2012 |Philippe Couture | Théâtre
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	La proposition de René Migliaccio emprunte à l’expressionnisme allemand, aux traditions japonaises et à la commedia dell’arte.</div>
    Photo: René Migliaccio
    La proposition de René Migliaccio emprunte à l’expressionnisme allemand, aux traditions japonaises et à la commedia dell’arte.

    Le Malade Imaginaire


    De Molière. Mise en scène de René Migliaccio. Une production de la Compagnie de la Lettre 5.

    Au Lion d’Or le mardi 21 août.

    Pourquoi René Migliaccio, metteur en scène travaillant à New York et à Montréal pour de petites compagnies, a-t-il voulu monter Le Malade imaginaire ? C’est la grande question sans réponses. Sa proposition, très esthétisante mais aussi très inachevée, emprunte à l’expressionnisme allemand, aux traditions japonaises (nô, bunraku) et à la commedia dell’arte, de même qu’elle intègre la vidéo, sans toutefois y imprimer une signification, sans que cela éclaire le texte ou le révèle.

    On ne va certes pas se plaindre du fait que Migliaccio s’intéresse à des traditions de jeu peu explorées. Les pratiques théâtrales montréalaises ne quittent pas souvent le territoire du réalisme et, certes, il faut encourager toute tentative de s’en éloigner. Le jeu expressionniste, caractérisé par une surexpressivité du visage et une légère déformation ou accentuation des traits, est d’ailleurs mieux travaillé dans cette mise en scène que les emprunts très artificiels aux traditions japonaises.


    Mais que vient faire cette esthétique expressionniste chez Molière ? En grattant un peu, on peut évidemment faire un lien entre l’hypocondrie d’Argan et le climat angoissant généré par ces visages déformés, traversés par l’anxiété et jetant un regard inquiet sur le monde. Mais est-ce bien suffisant ? D’autant que la pièce ne fonctionne pas tout à fait selon le principe d’identification à ce personnage : plus l’action progresse et plus Molière se distancie du drame vécu par le pauvre Argan pour s’en faire le plus virulent critique. De même, l’idée d’installer une caméra sur la tête du malade pour capter la réalité à partir de son point de vue me semble plus ou moins pertinente. Du moins dans cette forme rudimentaire.


    Avec toute la bonne volonté du monde, ce spectacle se contente de trop peu. Mais cet alliage d’expressionnisme et de jeu oriental n’en est pas moins prometteur. Reste à peaufiner longuement cette esthétique (un travail pointu est nécessaire pour maîtriser des codes de jeu aussi précis) et surtout, à provoquer un meilleur dialogue entre le travail scénique et la dramaturgie.


    ***
     

    Collaborateur













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