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Zoofest - Six personnages en quête d’insolence

21 juillet 2012 | Fabien Deglise | Théâtre
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	Simon Dépôt et Claudia Levasseur, deux des comédiens de l’Insolite cabaret insolent qui a l’intention de surprendre. </div>
Photo : Pedro Ruiz - Le Devoir
Simon Dépôt et Claudia Levasseur, deux des comédiens de l’Insolite cabaret insolent qui a l’intention de surprendre. 

Insolite cabaret insolent

Avec Benoit Fiset, Claudia Levasseur, Catherine Paquin-Béchard, Olivier Rousseau, Léonie St-Onge et Simon Dépôt

À l’Église au toit rouge

Du 21 au 29 juillet

Un majeur pointé vers le ciel peut être, parfois, plus insolent qu’un autre. Surtout si c’est celui d’une petite grand-mère faisant la moue, installée dans le cadre de porte de sa maison.

L’image est forte. Elle est aussi étrangement racoleuse puisqu’elle vise depuis le début du mois de juillet à attirer dans le hall de l’angicane Église au Toit Rouge, salle de spectacle improbable du Quartier des spectacles de Montréal, les adeptes de récits décalés et effrontés prenant le quotidien comme inspiration.


Bien sûr, le choc de la photo vient avec des questions : Qui ? Pouquoi ? Vraiment ?

 

Le goût de l’insolence


« C’est la grand-mère d’une des comédiennes qui a prêté son corps, son visage et son doigt,» résume la jeune artiste Claudia Levasseur, une des voix de l’Insolite cabaret insolent (ICI) qui, derrière cette image, prend son envol dès ce samedi dans le cadre du festival Zoofest. «L’image est insolente, c’est vrai. Mais, finalement, moins que le cabaret lui-même. » Oh, on vient de poser le doigt sur quelque chose.


Imaginé par un groupe de comédiens fraîchement sortis de l’école de théâtre du cégep de Saint-Hyacinthe, ce cabaret a visiblement l’intention de surprendre et choquer en proposant une incursion dans le quotidien loufoque de cinq personnages qui, tour à tour, vont se présenter sur scène pour raconter une histoire vécue inventée, en insistant sur les indiscrétions, les éléments gênants, et en surlignant les commentaires déplacés et disgracieux que tout cela leur inspire. « Nous sommes au coeur d’histoires rocambolesques, mais aussi de numéros crus, expose l’artiste rencontrée plus tôt cette semaine sur le parvis de la Place des Arts, sous le soleil et sur des chaises longues. On cherche à déranger le public, mais surtout, on l’espère, à faire sortir toutes les gammes de réaction dans la salle, pour faire rire de toutes les couleurs, parce que c’est épouvantable, bien sûr. »


Le projet est ambitieux. Il n’est pas original. Il est aussi sorti tout droit d’un cours d’impro au cégep et a été éprouvé avec succès dans un café de la ville en janvier dernier. « Au début, on faisait ça pour s’amuser, raconte Mme Levasseur, mais finalement, on s’est rendu compte que cela intéressait d’autres personnes. »

 

Chiens écrasés


La formule éclatée y est sans doute pour quelque chose. C’est que cet ICI propose en effet, dans son format d’une heure, un mélange des genres en convoquant la danse, le chant, le théâtre et l’humour, « par le texte et le jeu », précise-t-elle. « Nous sommes tous issus d’une école de théâtre, pas de l’école de l’humour. » Le spectacle trouve aussi son moteur créatif dans une série de véritables faits divers qui ont servi de base à l’écriture de ces récits délirants du quotidien. Des faits insolites, comme celui de cet homme mort dans un appartement d’un complexe en France et découvert trois ans plus tard, ou encore celui de ce chirurgien esthétique qui a grossi les fesses d’une patiente avec du silicone pour se venger d’elle. En gros. « C’est notre inspiration, dit Simon Dépôt, maître de cérémonie du cabaret et responsable de la partie musicale du spectacle, mais sur scène, nous n’en faisons pas de cas. Il s’agit de notre secret de fabrication. »


Grossier, mais pas vulgaire, assure-t-il. Provocant, mais toujours festif, ce cabaret de l’insolite et de l’insolence espère, dans le cadre de Zoofest, poser les bases d’un rendez-vous mensuel, qui pourrait prendre place quelque part dans la ville. « Nous avons le cadre pour un cabaret évolutif », dit Claudia Levasseur, à condition bien sûr que dans les prochains jours les spectateurs, attirés par un majeur bien placé dans la main d’une vieille, décident en choeur de porter plutôt leur pouce vers le ciel.

 
 
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