Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?
Abonnez-vous!
Publicité

Lettre - Pour Michel Bélair!

21 juin 2012 | Louis-Dominique Lavigne, Codirecteur artistique, Théâtre de Quartier - Le 19 juin 2012 | Théâtre
J’apprends que votre critique et chroniqueur de théâtre Michel Bélair signe sa dernière chronique ce mardi le 19 juin 2012. Je voudrais par ces quelques mots saluer ce journaliste que j’ai particulièrement apprécié tout au long de sa carrière.

Michel Bélair n’est pas un critique de théâtre comme les autres. Ayant commencé très tôt comme journaliste, il a pu suivre tous les courants idéologiques qui ont traversé le Québec depuis la fin des années soixante. Ainsi a-t-il connu les grandes révolutions théâtrales qui font que notre théâtre actuel est ce qu’il est : un outil puissant de prise de parole qui participe activement au façonnement de notre culture. Michel Bélair était impliqué lui-même, d’une manière radicale, à travers la revue Mainmise, dans la contreculture des années soixante-dix. C’est sans doute cet engagement singulier qui lui a permis de suivre avec tant de perspicacité l’évolution du théâtre jeune public québécois, une catégorie si vivante de notre théâtre. La prise en compte de l’enfant, en tant que «dernier des opprimés» faisait partie des grands thèmes de cette culture d’opposition qui prenait naissance durant ces années militantes. Michel Bélair a toujours été animé par ce souffle progressiste dans l’écriture de ses papiers. J’ai toujours pensé que la retraite est parfois un choix professionnel discutable pour les journalistes et les professeurs. Ces deux métiers ont besoin de sages et d’observateurs expérimentés afin de mieux regarder le présent et l’avenir tout en nous rappelant à l’occasion notre passé. Autant dans le domaine artistique que celui de la politique, nous avons tendance à oublier d’où nous venons et à répéter parfois ce passé souvent redondant plutôt que de se construire un présent ouvert sur l’avenir. Le théâtre québécois se bâtit aussi avec des témoins privilégiés comme Michel Bélair afin de mieux se comprendre et de continuer à se développer avec autant de vivacité. J’espère que les réapparitions ponctuelles que Michel Bélair nous promet en vos pages se feront plus nombreuses que prévues. Nous avons encore besoin de lui.


***
 

Louis-Dominique Lavigne, Codirecteur artistique, Théâtre de Quartier - Le 19 juin 2012

 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer
Publicité
Articles les plus : Commentés|Aimés
Blogues
Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel