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Carrefour international de théâtre - Wholesome Cowboy

7 juin 2012 | Sylvie Nicolas | Théâtre
Rick Miller: vendu
Version française de Hardsell 2.0, un texte de Rick Miller et Daniel Brook, traduit et interprété par Rick Miller, une production de WYRD présentée dans le cadre du Carrefour international de théâtre à La Bordée jusqu'au 9 juin.
Québec — On se réveille un matin, la conscience allumée comme une 100 watt et la réalité foudroie. Tout ce qu'on touche et nous touche participe de cet infernal engrenage de la marchandisation et du temple de la (sur)consommation. Le voile se lève sur tous les maillons de ces formidables machines corporatives qui enchaînent les uns, enrichit les autres, et dominent nos vies jusque dans nos désirs les plus sincères d'y échapper. Atteint d'une incurable lucidité, Rick Miller tente de concilier l'engagement moral, les valeurs familiales, humaines, et le métier d'artiste. Il lui faut éviter d'être le bouffon de service du divertissement corporatif, trouver une manière de concilier ses multiples talents (et ils sont réels). Mais Rick n'est pas seul, son double, Arnie, veille au grain. Rick Miller : vendu nous plonge dans les coulisses de l'ambition artistique, du marketing, et dans celle, humble et légitime, du parcours de l'artiste.

Version française de Hardsell 2.0, Rick Miller : vendu propose une formule double. Une première partie sans artifice où l'artiste se met à nu. Le ton est sympathique et s'apparente avec humour et autodérision à la confession, la conférence, la prise de conscience. Sorte de croisement entre Laure Waridel, Paul Arcand, Michael Moore (en résolument plus joli) et Yvon Deschamps, Rick risque le jeu de la vérité tout en maintenant une interaction attachante avec le public. Dans sa deuxième partie, Rick se transforme à vue et fait place au féroce Arnie, l'alter ego, le joker, l'extraverti, le performeur qui dénonce les contradictions de Rick, l'élasticité de sa conscience, mais offre en contrepartie un échantillon convaincant de ses capacités de chanteur, de créateur, de dessinateur et d'imitateur. Ses Clotaire Rapaille et Bono sont des fragments d'anthologie. Sa vieille Russe, une merveille trop vite passée. Morgan Freeman, la tribu des Simpson, au nombre des plus vrais que vrais. Le numéro des Barbie dans la valise, étonnamment simpliste mais brillant laisse ses traces, et la délurée Violette devient dans sa main plus qu'une marionnette d'appoint. 

 

Être artiste et ne pas être un produit. Être ce que nous pourrions être sans fermer les yeux sur ce qui s'empare de nos cerveaux et dirige nos vies. Être sans tricher et sans solder les parties de son tout. Rick Miller est devant nous comme nous le sommes devant nos propres zones d'ombres : déchiré. Il y a la vie et le show. Rick Miller tente d'éviter que la vie ne soit qu'un show lucratif. 

 
 
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