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    La puissante force d’attraction de Leo

    5 juin 2012 |Sylvie Nicolas | Théâtre

    Leo

    Idée originale et interprétation : Tobias Wegner. Mise en scène : Daniel Brière. Une production du Circle of Eleven présentée au Carrefour international de théâtre de Québec jusqu’au 6 juin.

    On ne raconte pas Leo, on ne le définit pas non plus. On hésite même à classer cet étrange objet du désordre qui, en toute simplicité, chavire l’habituelle façon de voir le monde et, ce faisant, bouscule la loi de la gravité.

    On en préserve les moments de grâce et les instants d’éternité pour que tous ceux qui auront la chance de voir Leo en découvrent eux-mêmes les secrets et la toute-puissante force d’attraction. Spectaculaire sans l’être, Leo épouse l’art du théâtre, du mime, du mouvement, marie l’illusion à l’animation visuelle, flirte avec l’art technologique, et nous entraîne dans une traversée de l’imaginaire et de l’éphémère, sans jamais nous distancier du terriblement vivant.


    Créé en 2011 au festival Fringe d’Édimbourg, le personnage de Leo est d’abord né dans la tête de celui qui l’incarne, Tobias Wegner. L’artiste, en collaboration avec la troupe allemande Circle of Eleven, a trouvé entre les mains du Montréalais Daniel Brière une inventive direction qui hisse la notion de mise en espace à un autre niveau. Si le recours à la vidéo, à l’animation et à la chorégraphie concourt subtilement à faire de Leo une oeuvre d’exception, on doit à Flavia Hervia, qui signe la scénographie de Traces, des 7 doigts de la main, également au programme du Carrefour international de théâtre, les éclairages et la conception de cette inépuisable boîte à surprise, à musique, à souhaits, dans laquelle évolue le désarmant Wegner.


    On voudrait un Leo dans chaque pays, chaque ville, chaque maison. On le voudrait pour réinventer nos univers, briser l’isolement, redéfinir nos planchers, nos murs, et remettre dans cette boîte qui nous sert de caboche, trop souvent enchaînée au réel, un merveilleux désordre. On le voudrait pour se prouver, comme le fait Leo, que ce qui nous retient captif d’un lieu, d’une situation, d’une émotion, de nos propres fantômes, nous pousse irrémédiablement à vouloir s’affranchir et trouver la porte, si petite soit-elle, qui s’ouvre sur la liberté.


    Leo dans sa boîte rectangulaire, et en temps réel sur écran, amuse, étonne, bouleverse, soulève l’admiration et pour cause : c’est une oeuvre riche, intelligente et lumineuse. Au sortir de la salle, on sort comblés. Leo, on le sait, ne nous quittera plus et Newton, on le pressent, aurait été fasciné.



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