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Partenariat - Quand affaires et théâtre font bon ménage

De jeunes professionnels donnent de leur temps, argent et expertise au monde du théâtre

1 juin 2012 13h07 | Hélène Roulot-Ganzmann | Théâtre
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	Ginette Noiseux, directrice générale et artistique de l’Espace Go</div>
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir
Ginette Noiseux, directrice générale et artistique de l’Espace Go
Seize mois après le speed-dating qui a amené vingt et un jeunes gens d’affaires de chez Ernst & Young, McCarthy Tétrault et Banque Scotia à entrer dans les conseils d’administration de sept jeunes compagnies de théâtre, l’heure est au premier bilan. Extrêmement positif, à en croire Ginette Noiseux, directrice générale et artistique de l’Espace Go et coauteure du projet.

«Certaines compagnies ont vu leur conseil d’administration doubler, explique d’emblée Ginette Noiseux. On aurait pu s’attendre à des accrochages durant la première année… Eh bien, pas du tout. La seule personne qui a quitté est un jeune homme très performant qui a été muté à l’étranger. Lors de la soirée d’ouverture du festival du Jamais lu, début mai, les compagnies ont d’ailleurs tenu à souligner le dynamisme, l’engagement de ces nouveaux venus dans leur conseil d’administration et le changement que ç’avait apporté dans leur structure, souligne-t-elle. Je trouve notamment très intéressant que ce soit des gens de même génération qui bâtissent ensemble. Le conseil d’administration d’Espace Go est réputé pour être l’un des plus solides à Montréal, et on a vu les gens qui y siègent grandir au sein de leur propre entreprise… Eux sont au début d’un projet d’avenir et ça crée une motivation d’autant plus grande. Ils ont le sentiment, et à juste titre, de participer au succès des défis que ces compagnies relèvent. »
 
Janvier 2011

Retour en arrière. Le 24 janvier 2011, à l’initiative de Jacques Dostie, associé chez Ernst & Young, et de Ginette Noiseux, une activité de réseautage est organisée pour mettre en relation de jeunes gens issus du milieu d’affaires et des troupes de théâtre reconnues mais n’ayant pas encore les reins très solides, à savoir le Théâtre de la Banquette arrière, le Théâtre du Grand Jour, le Théâtre de la Pire Espèce, le Théâtre Porte Parole, le Théâtre Tout à Trac, le Festival du jamais lu et le Théâtre aux Écuries.
L’objectif est de permettre à de jeunes professionnels de rejoindre les conseils d’administration de ces organismes culturels afin d’y apporter ce que ceux-ci attendent dans l’immédiat et qui leur manque cruellement, soit de l’argent, mais aussi des conseils et un réseau.
 
« Les compagnies ont besoin de faire des campagnes de financement, explique Mme Noiseux. Elles nous disent souvent qu’elles ont besoin d’argent, notamment pour pouvoir se payer un employé pour s’occuper du travail technique et administratif. Mais, ce que je trouve intéressant, c’est qu’elles attendent également de leurs nouveaux membres du conseil d’administration qu’ils leur apportent des plans de développement. On qualifie souvent cette initiative de speed-dating… C’est loin d’être ça. Il faut construire, durant une année, apprendre à se connaître. Les compagnies ont dû arriver à regarder ces gens-là comme des personnes utiles, même là où elles ne s’en doutaient pas. Le côté artistique reste le pré carré des gens de culture, c’est très clair. Mais si une compagnie a un projet de coproduction internationale, avec ces gens-là, elle peut le placer dans le temps, elle va pouvoir travailler à ce que tous les moyens soient réunis pour que ça fonctionne. Ce n’est donc pas juste une question de vendre des billets de bingo… C’est vraiment une collaboration. L’argent, c’est un outil dont les compagnies ont besoin, admet-elle, mais il s’agit aussi de savoir sur quoi on travaille et quelles étapes il faut franchir. Parfois, ce sont aussi des échanges de services en publicité, en prêt d’équipements, etc. »
 
Heureuses rencontres

De leur côté, les jeunes professionnels ont compris qu’ils allaient évidemment jouer un rôle qui dépasse celui du financement. En apprivoisant les enjeux, les modes de fonctionnement et l’expertise des compagnies, ils ont pu constater que les problèmes de ces dernières sont semblables, à plusieurs égards, à ceux rencontrés à l’intérieur de leur entreprise de fiscalité, de droit ou de services bancaires. Ce rapprochement entre deux univers, mais aussi la foi des directeurs des troupes, a renforcé en eux le désir de participer au développement de celles-ci.
 
L’arrivée de nouveaux membres a amené un changement de dynamique certain, parfois même radical, à l’intérieur des conseils, mais toujours positif. « Je suis très surprise du succès et de l’écho de ce projet, poursuit la directrice générale et artistique de l’Espace Go. Je ne pensais pas que ça grandirait aussi rapidement et que les gens d’affaires se seraient aussi investis. Ils ont des horaires d’enfer. Début de jeunes familles, responsabilités accrues, ils doivent évoluer au sein de leur propre entreprise… Je crois qu’ils vont chercher là, aussi, une bouffée d’oxygène et de créativité. Les gens qui travaillent dans les théâtres sont des professionnels qui œuvrent avec peu de moyens et qui ont donc développé une pensée pour le matériel, les ressources, qui est très enrichissante. Les gens d’affaires apprennent de notre dynamisme et de notre efficacité. C’est du gagnant-gagnant. »
 
Pas de deuxième cycle de rencontres rapides au programme pour l’instant, même si la demande semble être là des deux côtés. Un vrai bilan sera dressé d’ici 18 mois, afin de vérifier que, au bout de trois ans, ces conseils d’administration mixtes puissent voler de leurs propres ailes.
 
En revanche, le Conseil des arts de Montréal (CAM) a décidé de reprendre le concept pour l’appliquer au milieu de la danse et de la musique. « J’aime cette idée que le CAM, qui a les ressources et le personnel pour le faire, reprenne le projet et l’améliore. Je m’en tiens loin parce que j’ai assez de mes sept compagnies, auprès desquelles je joue encore un rôle de mentor, mais les échos que j’en ai me disent que c’est aussi un succès. »

***
 
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