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    Jardins et vents intérieurs au Carrefour

    29 mai 2012 |Sylvie Nicolas | Théâtre

    Où tu vas quand tu dors en marchant… 2

    Spectacle déambulatoire présenté dans le quartier Saint-Roch dans le cadre du Carrefour international de théâtre de Québec.

    Plus qu’une fabuleuse idée, Où tu vas quand tu dors en marchant s’impose d’année en année comme un rite de passage qui abolit toute frontière entre la rue et la scène, l’intime et le social, soi et l’autre. Ils sont plus d’une centaine d’artistes à recréer des îlots de vie et les marcheurs de plus en plus nombreux à vivre le parcours.



    Nos jardins intérieurs


    Nancy Bernier signe au jardin Saint-Roch, une magnifique série de tableaux du quotidien où la solitude et ses échos cacophoniques entrent en collision avec l’esthétisme des univers recréés et la féerie des éclairages. Il suffit de s’attarder devant les piqueuses de courtepointe, l’aînée dans son nid de souvenirs, le couple ou la famille dans sa cuisine, et de prendre le temps d’observer Patric Saucier, entouré de nymphéas dans le bassin d’eau transformé en bar, pour saisir la puissance de ce qui trouble et hante, de ce qui remue entre le coeur et les tempes, ce qui jacasse dans nos têtes et rêve d’éclater aux yeux du monde.

     

    Nos vents de nuit


    La vente de nuit de Steve Gagnon se fait le rappel de ce qu’on doit laisser derrière. Le ton est aux puces, aux sourires complices, mais ce qui frappe, quelques pas plus loin dans la rue Fleurie, c’est le vent de chuchotements des endeuillés, chacun avec sa ou son disparu. Sentir l’odeur de la terre, marcher entre les chagrins, être dans le souffle des acteurs et, en particulier, dans celui de Marie-Ginette Guay, émus devant ce reflet de nos deuils et, comme dans la vie, poursuivre sa route.


    Du vrai


    C’est rue Dupont qu’Alexandre Fecteau et Marie Gignac ont conçu un Pour de vrai tissé de réel et de désirs, d’appartenance et de quêtes. La sobriété des images de l’infirmier de la rue (Gilles Kègle) et de ses protégés, la désarmante fraîcheur des jeunes passionnés du « costuming » manga, et le Ballet sur roues du Carrefour des personnes handicapées, chorégraphié par Chantal Bonneville, confèrent à ce segment de rue sa pleine grandeur. L’émouvant tango de l’an dernier a cédé la place à un rythme funky et l’imposante formation, composée de 18 danseurs en fauteuil, prend possession de la rue avec ampleur et éloquence. Cette prestation a de quoi rappeler que la danse prend racine dans le coeur et qu’elle se déploie, radieuse, sur les visages de ceux qui la font et dans les yeux de ceux qui regardent.


    Où tu vas quand tu dors… donne raison à Shakespeare : « Le monde entier est une scène ».


    ***

     

    Collaboratrice













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