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    Théâtre - Une marée au gré des lunes

    24 avril 2012 |Sylvie Nicolas | Théâtre
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	Jean-Michel Girouard et Marie-Hélène Gendreau dans une scène de la pièce Amours écureuils.</div>
    Photo: Source: Claudy Rivard
    Jean-Michel Girouard et Marie-Hélène Gendreau dans une scène de la pièce Amours écureuils.
    Amours écureuils
    Texte : Jean-Michel Girouard. Mise en scène : Vincent Champoux. Avec : Jean-Michel Girouard et Marie-Hélène Gendreau. Une production du Théâtre Jésus, Shakespeare et Caroline présentée chez Premier Acte jusqu'au 5 mai.
    Amours écureuils reprend le sentier des amours déçues, de l'urgence de trouver un sens une fois le lien rompu, de retracer la genèse de ce qui a été, de renouer tous les fils de sa propre histoire avec et sans l'autre. Jean-Michel Girouard signe un texte d'une grande beauté, à l'écart de toute facilité, intelligent et follement vrai, à des années-lumière de la « loftisation » amoureuse et de la spectacularisation du soi.

    L'histoire est celle d'Alex qui, un soir de printemps, retourne chez son ex pour lui rendre sa boîte d'effets personnels. Il entre dans la chambre d'Agathe qui feint de dormir et, dans ces heures qui le séparent de l'aube, rejoue ce qui constitue leur histoire.

    La multiplication par trois du lit d'Agathe, de sa fenêtre, de sa table de chevet et de sa lampe, sa fidèle reconstitution par paliers, offre une aire de jeu sobre et une mise en espace ingénieuse que Vincent Champoux, qui signe la mise en scène, explore avec finesse et doigté. Sa direction d'acteurs est précise, nuancée, et Jean-Michel Girouard se révèle un Alex crédible et attachant. On ne peut que se réjouir des variations de son jeu et de la justesse de son interprétation. Le rôle d'Agathe n'a rien de secondaire et présente un réel défi. La présence, la complicité, la fuite dans le silence, la couleur toute personnelle que confère Marie-Hélène Gendreau à son personnage prouve hors de tout doute qu'il va bien au-delà du simple faire-valoir.

    Les éclairages feutrés de Mathieu Bernard, ses glissements d'une lampe à l'autre, d'une fenêtre à l'autre, son bleu discret qui traverse le givre de la porte, cette chute de vert qui plonge Alex dans les eaux sombres du Saint-Laurent, épousent et soulèvent la sensibilité du propos.

    Amours écureuils n'a rien de racoleur, sa poésie offre un brin de parenté avec l'écriture de J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne de Jean-Luc Lagarce. Jean-
    Michel Girouard fait un pas du côté de la dramaturgie, il le fait en optant pour une traversée des sentiments qui s'oppose bellement à la tentation du scénario catastrophe. Sa plume débusque avec tendresse les strates les moins visibles du coeur, dépasse largement le constat générationnel et redonne l'irrésistible envie de « frencher » avec passion.

    ***

    Collaboratrice du Devoir












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