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Grand succès public et critique pour Belles-soeurs à Paris

Paris — On s'attendait à ce que la comédie musicale Belles-sœurs remporte au minimum à Paris un joli succès. Ça commence à ressembler à un énorme succès, voire à un triomphe. Tous les soirs, les spectateurs, «époustouflés et ravis», comme l'a noté le journal La Croix, ovationnent les 15 comédiennes. La critique, à quelques rares exceptions, couvre de son côté le spectacle en «joual» de louanges.

Les belles-soeurs de Michel Tremblay, revues par René Richard Cyr et Daniel Bélanger, sont un peu plus qu'à mi-chemin de la série de représentations programmées au théâtre du Rond-Point à Paris, où elles sont à l'affiche jusqu'au 7 avril. Dès la première, le 16 mars, l'accueil avait été très chaleureux et on pressentait que la mayonnaise n'allait pas tarder à prendre. La tendance s'est confirmée, stimulée par un bon bouche-à-oreille.

«Ça a vraiment décollé. Ça carbure très fort depuis la semaine dernière», indique-t-on. Résultat: les places se font rares et Belles-soeurs va vraisemblablement finir sa course parisienne à guichets fermés.

«On remplit déjà à plus de 90 %», confirme l'attachée de presse Michèle Traverse, une des figures québécoises des milieux culturels parisiens. Dans le public, on note souvent la présence d'invités de marque, comme Charles Aznavour, venu plus tôt cette semaine.

Du côté de la critique, la comédie musicale, et particulièrement la performance des comédiennes-chanteuses, est unanimement saluée. Pour Le Pariscope, il s'agit même d'un des meilleurs spectacles présentés à Paris depuis longtemps. «Ce spectacle fait partie des meilleures productions proposées ces dernières années. Le texte, les musiques, les chansons, la mise en scène, la scénographie, les costumes et l'interprétation, tout nous a ravis», a écrit l'hebdomadaire, qui recense tous les spectacles à l'affiche chaque semaine à Paris.

Toute la presse n'a pas parlé de Belles-soeurs (il y a 800 spectacles chaque soir à Paris). Le Monde et Libération, par exemple, l'ont boudé, mais l'influent magazine Télérama (dans son supplément parisien «Sortir») s'est enthousiasmé pour ce «joyau théâtral», pièce à la «portée exemplaire» à la fois «joyeuse et grave, malicieuse et tendre, détonnante et déconnante. Incontournable».

Même enthousiasme dans le journal satirique Le Canard enchaîné, séduit par ce texte majeur «magnifiquement transformé en théâtre musical, servi par une troupe de comédiennes-chanteuses absolument exceptionnelles».

Dans le journal La Croix, le critique Jean-Claude Raspiengeas, fin connaisseur du Québec, a parlé d'une «franche réussite, ovationnée par le public, époustouflé et ravi par le rythme et l'énergie de ce choeur de femmes».

Quelques fausses notes se sont fait entendre dans ce concert de louanges. Le Journal du dimanche a jugé que «l'intérêt faiblit quelque peu au fil du spectacle» et que «le livret de René Richard Cyr est plus ou moins bien inspiré, selon les registres».

Le journal Les Échos a été plus sévère: «Le spectacle démarre sur les chapeaux de roue. [...] La fin est hélas moins réussie: René Richard Cyr peine à négocier le virage grave de la pièce, où s'exprime la misère sociale et sexuelle des Belles-soeurs. Le mélo passe mal la rampe après un tel déluge de bonne humeur», a écrit le quotidien économique, qui note que le spectacle connaît un «gros succès public, malgré tout».
 
 
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