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    Théâtre - Toi, moi et les autres

    26 mars 2012 |Sylvie Nicolas | Théâtre
    La date
    Texte de Maxime Robin et Sophie Thibeault, mise en scène, Alexandre Fecteau, avec: Frédérique Bradet, Jean-Michel Déry, Alexandre Fecteau, Maxime Robin, Sophie Thibeault, une production de Nous sommes ici, présentée Chez Premier Acte jusqu'au 7 avril 2012.
    Québec — Avec L'étape, le collectif Nous sommes ici prenait la voie du covoiturage et refaisait le parcours de la vie du chauffeur et de celle de ses passagers. Changing Room soulevait les dessous affriolants des personnificateurs féminins pour remuer ce qui s'y cache. Sa plus récente production, La date, vous invite à laisser votre manteau au vestiaire, à troquer vos bottes pour des pantoufles, à apporter votre vin, à pénétrer l'intimité d'une soirée entre amis et à vivre une incursion dans les ruelles mal éclairées du désir, du cœur et du cul.

    Même si vous êtes hautement allergique au théâtre participatif ou événementiel, vous ne résisterez pas à l'ambiance bon enfant, aux effluves du risotto sur le feu, à l'accueil convivial de la troupe, au jeu de l'amour sans hasard, à ses anecdotes salées-sucrées, à ses histoires qui tournent au vinaigre.

    Tableaux, bibliothèques, lampe sur pied, bougies, cactus, tabourets, coin salle à manger, cuisine labo, sofa, fauteuils, tables, musique d'ambiance, l'espace scénique prend l'allure du design chez soi. Deux écrans livrent en direct les fragments de vie des personnages réfugiés dans la salle de bain. Les éclairages de circonstance cèdent parfois le pas aux bleu et rose pastel (gars/filles). Les acteurs sont des acteurs, mais ils sont également les gais et les hétéros de leur vie affective, les héros de leur roman professionnel et personnel, l'extension de leur génération et les sempiternels pataugeurs amoureux que nous sommes tous sans distinction d'époque.

    Le texte tire ses ficelles de l'autofiction. Le ton va de l'échange des confidences à la confrontation, avec sa touche d'autodérision. Nous sommes résolument ici dans ce théâtre-réalité qui flirte avec sa cadette télévisuelle, son cousin Facebook, sa jumelle en ligne et la petite passe d'impro prévue pour assaisonner le menu. Les déplacements sont fluides, l'interprétation mesurée, la complicité et l'interaction entre les comédiens, d'une part, et le public, d'autre part, réussie. Frédérique Bradet, Jean-Michel Déry, Alexandre Fecteau — qui signe également la mise en scène —, Maxime Robin et Sophie Thibeault, auteurs du texte, sont à la hauteur de ce voyage organisé.

    La date ne révolutionne rien, mais ses ambitions sont sans prétention. La production est chaleureuse, orchestrée, intelligente, sans didactisme. Un reflet convaincant du courant actuel, où l'élu(e) de son coeur se fait aussi rare que le chant des amours des grenouilles de mai.

    ***

    Collaboratrice du Devoir












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