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    Théâtre - De corps et d'eaux

    13 mars 2012 |Sylvie Nicolas | Théâtre
    Réminiscence plonge dans l’éternel «qui suis-je?» auquel ni homme ni femme n’échappent, dans ce qui fait que nous sommes nos âges, nos souvenirs, les êtres qui nous ont précédés autant que celui ou celle que l’on touche et qui nous touche.<br />
    Photo: Source: Louise Leblanc Réminiscence plonge dans l’éternel «qui suis-je?» auquel ni homme ni femme n’échappent, dans ce qui fait que nous sommes nos âges, nos souvenirs, les êtres qui nous ont précédés autant que celui ou celle que l’on touche et qui nous touche.
    Réminiscence
    Écriture et mise en scène: Jean-Philippe Joubert, avec la collaboration de l'équipe de création. Avec: Danièle Belley, Valérie Laroche, Laurie-Ève Gagnon, Sonia Montminy, Olivier Normand, Mathieu Campagna et Jean-Philippe Joubert. Une production de Nuages en pantalon en codiffusion avec le Périscope. Au Périscope jusqu'au 24 mars.
    Québec — Après Le chant de la mer, conçu pour les enfants, et L'ivresse des profondeurs, offert aux adolescents, Nuages en pantalon offre à son public adulte Réminiscence, le troisième volet de cette trilogie de l'eau qui couronne dix ans de création théâtrale.

    Liées par le même thème, campées dans le même espace (un carré d'eau, bordé de trottoirs de lattes de bois, délimité par une palissade de planches en fond de scène), les trois explorations tendent vers ce même souci d'explorer le rapport à l'eau, la résonance des origines, les émotions et les remous qui en sont indissociables.

    Réminiscence plonge dans l'éternel «qui suis-je?» auquel ni homme ni femme n'échappent, dans ce qui fait que nous sommes nos âges, nos souvenirs, les êtres qui nous ont précédés autant que celui ou celle que l'on touche et qui nous touche. Nous sommes dans l'origine de nos quêtes identitaires, dans son commencement autant que dans son incontournable finalité.

    Théâtre-danse, exploration sensitive et physique, à la limite de l'installation, de la manoeuvre ou de l'art-performance, Réminiscence délaisse le champ narratif et rejoint ce qui caractérisait, à la fin des années 1960, ce processus de création fondé sur le corps, le collectif et le désir d'inviter le spectateur à découvrir sa propre réceptivité à l'oeuvre.

    Plus prenante dans ses fragments télescopés où, à la suite d'un noir, un corps se substitue à un autre, Réminiscence parvient à former des tableaux d'une grande intensité: celui des chaises blanches où la lenteur du geste trouve son aboutissement, celui où les corps nus forment d'abord une bouleversante sculpture humaine avant de se détacher et de reformer ses blocs isolés, chacun, sous sa chute de lumière.

    Les textes restent en deçà de la gestuelle qui s'enclenche, la palissade riche de possibles est sous-utilisée, les projections demeurent — et c'est là une signature de Nuages en pantalon — d'une grande puissance d'évocation, et la musique, belle dans ses cordes, trouve sa force organique dans l'accompagnement à l'accordéon. L'ensemble demeure inégal et ce n'est pas faute de sens, mais peut-être est-ce dû à l'exploration elle-même qui, dans sa forme, prend le pas sur le fond. Nuages en pantalon fonde son travail sur la liberté de créer et la liberté du spectateur de lire en lui ce qui s'écrit au contact de l'oeuvre. Une qualité indéniable qui a ses fragilités.

    Les 17 et 24 mars, l'oeuvre sera présentée dans son intégralité.

    ***

    Collaboratrice du Devoir












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