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    Théâtre - Entre les murs

    10 novembre 2011 |Sylvie Nicolas | Théâtre
    Laurier-Station, 1000 répliques pour dire je t'aime
    Texte: Isabelle Hubert. Mise en scène: Jean-Sébastien Ouellette. Avec: Sophie Dion, Véronique Côté, Krystel Descary, Nicolas Létourneau, Joëlle Bond. Une production de La Compagnie dramatique du Québec, en codiffusion avec le Théâtre du Périscope, présentée au Périscope jusqu'au 26 novembre.
    Laurier-Station, 1000 répliques pour dire je t'aime s'ouvre sur l'hésitation de Martin (Létourneau) à subir la vasectomie prévue, la riposte de Nathalie (Dion) qui, n'ayant plus à le conduire à la clinique, déclare aller chez le paternel vider la garde-robe de la mère décédée, mais qui met plutôt le cap sur Toronto avec sa sœur, Anne-Sophie (Côté). On a beau être en mai, tempête de neige oblige, l'autoroute est fermée et les sœurs se retrouvent coincées dans l'unique chambre disponible du motel que possède Carolanne (Bond). Prétexte à un «presque huis clos» qui ravive les tensions filiales, l'héritage du passé, les rôles dont on hérite au sein de la famille, du couple, de la société, le désir de casser les moules et de recoudre les pièces de la courtepointe familiale et amoureuse.

    La chambre créée par Hotton est le lieu de tous les lieux et toutes les chambres se confondent: celle du couple que forment Nathalie et Nicolas, de la mère décédée, des soeurs, celle occupée par des joueurs de hockey d'une ligue de garage «sur le party», et celle d'où l'ado (Descary), fille maltraitée de la propriétaire des lieux, lancera son appel de détresse. Pour démêler les chambres, on a recours à des effets de lumières qui éclairent le haut des murs et dévoilent des pans de tapisserie, à des sons ambiants (télé et bruits de fond) pour recréer l'atmosphère du party, et à une foule d'appels téléphoniques pour faire progresser l'action ou relancer la tension dramatique. On sollicite également l'éclairage pour cerner la narration qui retrace l'histoire familiale.

    La structure — un calque de décor de vaudeville ou de théâtre d'été — cadre mal avec la volonté du metteur en scène de créer un jeu proximité/éloignement, ce qui aurait pu se faire sans heurt dans un espace symbolique, moins contraignant. L'utilisation pédagogique, excédante, de l'éclairage alourdit le rythme. On s'étonne que Ouellette, qui possède l'audace d'imposer de beaux et vrais silences sur scène, ne se soit pas rendu compte qu'ils sont ici lourds, dépossédés du sens qu'ils devraient porter.

    On retrouve ce qui faisait vibrer la plume d'Isabelle Hubert dans La robe de Gulnara: le désir de transmission et d'amour à travers le legs de petits objets qui témoignent d'une vie. Mais Laurier-Station... n'y parvient pas. Malgré un jeu, le plus souvent juste des acteurs, les 1000 répliques pour dire je t'aime restent prisonnières du motel et ne parviennent pas à se dire.


    ***

    Collaboratrice du Devoir












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