Arts et affaires - «Pas de culture sans troupe artistique en santé»
Denis Chamberland préside la destinée du théâtre La Licorne depuis les premiers jours de la grande transformation.
Il jongle (avec les chiffres), tient l'équilibre (budgétaire) et adore les premières. Denis Chamberland se considère comme un peu artiste... des affaires. Loin de lui l'idée de voler la vedette aux artistes de la scène. Le coassocié directeur de la firme comptable RSM Richter Chamberland prend surtout son pied à l'arrière-scène du (nouveau) théâtre La Licorne, en veillant à la saine administration de ses créations théâtrales... pour assurer leur survie.
«Mon côté innovant et créatif est assouvi dans le monde des affaires», confie-t-il au Devoir, quelques heures avant la première de la pièce La fin de la sexualité, de Francis Létourneau, qui lance la saison d'une Licorne agrandie et rénovée. «Mon rôle [de président de La Licorne] est de bien comprendre la vocation artistique et de discuter des moyens pour qu'elle voie le jour.»
Pour lui, le mariage arts-affaires est naturellement consommé. Rien de surprenant dans cet alliage, selon lui, qui est simplement essentiel à la vitalité des arts et... de la société. «L'importance de l'engagement de la communauté d'affaires est évidente. Faut pas être surpris s'il y a des gens d'affaires au théâtre et des artistes qui s'intéressent aux affaires, les deux vont ensemble. Pas de culture sans troupe artistique en santé. [...] La culture fait partie de la santé d'une société.»
Il se réjouit que les maillages arts-affaires se consolident depuis quelques années. C'était d'ailleurs l'un des objectifs du Sommet de Montréal, métropole culturelle en 2007. «Ça fait partie de la recette pour assurer une vie artistique riche à Montréal et au Québec.» Lui-même, quand il compose son conseil d'administration, veille toujours à jeter de nouveaux ponts entre ces deux milieux. «J'essaie d'avoir des mélanges d'âges dans la composante d'affaires. C'est une bonne façon d'éveiller les jeunes gens d'affaires à la créativité artistique d'ici.»
Mais il ne se livre pas au premier organisme culturel venu. L'aventure débute toujours par une amitié qui l'inspire, une relation humaine en laquelle il a confiance. Quand il a accepté de présider la troupe de danse d'Édouard Lock, La La La Human Steps, de 2007 à 2009, c'était à la mémoire de l'époque où son ami Marc Béland y dansait. Son arrivée à La Licorne coïncide avec celle de son ami Denis Bernard à la barre (intérimaire) artistique du Théâtre de La Manufacture. «Ça part toujours d'une expérience personnelle; c'est ça, le point d'ancrage.»
Pour l'amour du risque
La danse d'Édouard Lock en est une d'avant-garde. Le théâtre de la rue Papineau est reconnu pour ses textes audacieux, parfois provocateurs et irrévérencieux, le plus souvent écrits par de jeunes auteurs. Visiblement, Denis Chamberland ne craint pas l'art qui pique ou qui pointe. «Ça correspond bien à mon tempérament, dit-il. Je suis quelqu'un qui n'hésite pas à sortir de sa zone de confort. Et il n'y a pas d'évolution sans prise de risques.» C'est justement ce qui fait de La Licorne un «endroit incontournable».
Il admet ne pas tout aimer, mais jamais il n'a regretté qu'une pièce soit portée à la scène. Tant que ça stimule les discussions après le spectacle — un de ses grands bonheurs — et que ça reflète une «démarche artistique intègre», sous-tendue par une recherche et des convictions, condition sine qua non de son engagement dans l'administration d'une troupe. Pour assurer la bonne gouvernance d'une entité culturelle, il faut d'abord «croire à l'entreprise», juge-t-il. Et croire en une troupe de théâtre, c'est faire confiance à son flair artistique.
S'il «prend plaisir à [s]'investir dans la culture», Denis Chamberland apprécie donc aussi assister aux premières, goûter à l'effervescence de la découverte, au vertige de l'inconnu. «Qu'est-ce qu'on dit de La fin de la sexualité?», lance-t-il à la journaliste en se tortillant sur son siège.
«La Licorne est un endroit où je me sens bien, confie-t-il. Je pense qu'on a réussi à recréer ce bien-être dans un espace moderne. C'est comme être en voyage, il y a une simplicité, on s'installe, parfois on aime, parfois pas, puis on en discute autour d'une bière...»
Il jongle (avec les chiffres), tient l'équilibre (budgétaire) et adore les premières. Denis Chamberland se considère comme un peu artiste... des affaires. Loin de lui l'idée de voler la vedette aux artistes de la scène. Le coassocié directeur de la firme comptable RSM Richter Chamberland prend surtout son pied à l'arrière-scène du (nouveau) théâtre La Licorne, en veillant à la saine administration de ses créations théâtrales... pour assurer leur survie.
«Mon côté innovant et créatif est assouvi dans le monde des affaires», confie-t-il au Devoir, quelques heures avant la première de la pièce La fin de la sexualité, de Francis Létourneau, qui lance la saison d'une Licorne agrandie et rénovée. «Mon rôle [de président de La Licorne] est de bien comprendre la vocation artistique et de discuter des moyens pour qu'elle voie le jour.»
Pour lui, le mariage arts-affaires est naturellement consommé. Rien de surprenant dans cet alliage, selon lui, qui est simplement essentiel à la vitalité des arts et... de la société. «L'importance de l'engagement de la communauté d'affaires est évidente. Faut pas être surpris s'il y a des gens d'affaires au théâtre et des artistes qui s'intéressent aux affaires, les deux vont ensemble. Pas de culture sans troupe artistique en santé. [...] La culture fait partie de la santé d'une société.»
Il se réjouit que les maillages arts-affaires se consolident depuis quelques années. C'était d'ailleurs l'un des objectifs du Sommet de Montréal, métropole culturelle en 2007. «Ça fait partie de la recette pour assurer une vie artistique riche à Montréal et au Québec.» Lui-même, quand il compose son conseil d'administration, veille toujours à jeter de nouveaux ponts entre ces deux milieux. «J'essaie d'avoir des mélanges d'âges dans la composante d'affaires. C'est une bonne façon d'éveiller les jeunes gens d'affaires à la créativité artistique d'ici.»
Mais il ne se livre pas au premier organisme culturel venu. L'aventure débute toujours par une amitié qui l'inspire, une relation humaine en laquelle il a confiance. Quand il a accepté de présider la troupe de danse d'Édouard Lock, La La La Human Steps, de 2007 à 2009, c'était à la mémoire de l'époque où son ami Marc Béland y dansait. Son arrivée à La Licorne coïncide avec celle de son ami Denis Bernard à la barre (intérimaire) artistique du Théâtre de La Manufacture. «Ça part toujours d'une expérience personnelle; c'est ça, le point d'ancrage.»
Pour l'amour du risque
La danse d'Édouard Lock en est une d'avant-garde. Le théâtre de la rue Papineau est reconnu pour ses textes audacieux, parfois provocateurs et irrévérencieux, le plus souvent écrits par de jeunes auteurs. Visiblement, Denis Chamberland ne craint pas l'art qui pique ou qui pointe. «Ça correspond bien à mon tempérament, dit-il. Je suis quelqu'un qui n'hésite pas à sortir de sa zone de confort. Et il n'y a pas d'évolution sans prise de risques.» C'est justement ce qui fait de La Licorne un «endroit incontournable».
Il admet ne pas tout aimer, mais jamais il n'a regretté qu'une pièce soit portée à la scène. Tant que ça stimule les discussions après le spectacle — un de ses grands bonheurs — et que ça reflète une «démarche artistique intègre», sous-tendue par une recherche et des convictions, condition sine qua non de son engagement dans l'administration d'une troupe. Pour assurer la bonne gouvernance d'une entité culturelle, il faut d'abord «croire à l'entreprise», juge-t-il. Et croire en une troupe de théâtre, c'est faire confiance à son flair artistique.
S'il «prend plaisir à [s]'investir dans la culture», Denis Chamberland apprécie donc aussi assister aux premières, goûter à l'effervescence de la découverte, au vertige de l'inconnu. «Qu'est-ce qu'on dit de La fin de la sexualité?», lance-t-il à la journaliste en se tortillant sur son siège.
«La Licorne est un endroit où je me sens bien, confie-t-il. Je pense qu'on a réussi à recréer ce bien-être dans un espace moderne. C'est comme être en voyage, il y a une simplicité, on s'installe, parfois on aime, parfois pas, puis on en discute autour d'une bière...»








