Les auteurs et La Licorne - Écritures vives
Cette année, La Licorne accueille six auteurs en résidence. Une habitude que la compagnie a prise, d'abord un auteur à la fois, dès la fin des années 1990, parce «qu'il est bon que les compagnies prennent en main la dramaturgie», selon le directeur fondateur, Jean-Denis Leduc. Microportraits de trois auteurs.
Jean-Philippe Lehoux, Catherine Léger, Fabien Cloutier, Jean-Marc Dalpé, Fanny Britt et François Archambault sont les plumitifs que La Licorne garde cette année sous son aile, histoire de couver des textes. Chacun bénéficie d'une bourse, s'engage dans le comité de lecture, dispose du soutien des directeurs, échange idées et discussions avec eux. Si une production peut naître de ces résidences, le spectacle n'est pas sine qua non. «Un texte, ça prend plus ou moins trois ans à se développer», indique Jean-Denis Leduc, qui aime laisser le temps prendre part à la création.
Fanny Britt
Repêchée dès sa sortie de l'École nationale pour franciser La reine de beauté de Leenane, de Martin McDonagh, Fanny Britt a trouvé à La Licorne un lieu privilégié pour traduire. «La Licorne est un des moteurs de la dramaturgie traduite au Québec. Il y a eu depuis dix ans un extraordinaire travail d'approfondissement des liens avec la dramaturgie contemporaine écossaise, anglaise et irlandaise.» Les traducteurs oeuvrent souvent à plus d'une pièce d'un même auteur, creusant leur compréhension de l'imaginaire.
«Comme spectatrice et comme étudiante en théâtre, j'avais de La Licorne une perception qui n'a pas beaucoup changé: celle d'une famille théâtrale, d'un esprit de troupe, se rappelle Britt. On chialait, étudiants, qu'on y voyait toujours le même monde sur scène, que le cercle était fermé. Avec les années, j'ai maintenant l'impression qu'il y a là quelque chose de lent et de bien: on peut grandir et évoluer aux côtés des auteurs et des univers qu'on aime. On y a la possibilité de prendre le temps.» Mardi, Chaque jour, première création de Fanny Britt à y être montée, inaugurera la nouvelle Licorne. La pièce est née de la résidence qu'elle a tenue en 2007. «Les mots et le jeu ont préséance à La Licorne, avec un parti pris pour la simplicité.»
Jean-Marc Dalpé
Jean Marc Dalpé, qui a signé Trick or Treat, texte-phare de La Licorne, abonde dans ce sens. «Je crois que ce qui différencie La Licorne, c'est que l'esthétique y est au service d'un dire, alignée avec le contenu, avec une parole contemporaine, urbaine, sociale, politique — dans le sens large de ce mot. On y trouve un théâtre plus réaliste, ancré sans être nécessairement naturaliste. C'est souvent un peu dur, coup-de-poing, direct, avec une façon de jouer qui correspond.»
Si les thèmes urbains s'y déploient souvent, Dalpé s'est amusé, avec Août: un repas à la campagne, deuxième pièce signée pour La Licorne, à composer un monde rural. «C'est l'été, on doit sentir les odeurs... Je savais que ça serait un défi pour La Licorne.» Comme spectateur, il garde un souvenir précieux du Cabaret neiges noires, de Dominic Champagne, ainsi que des premières éditions des Contes urbains.
François Archambault
Avec La société des loisirs — quelque 200 représentations, sur place et en tournée — et Les frères Laforêt, François Archambault a frappé fort à La Licorne.
«Il y a pour moi quelque chose qui va de soi, là, qui n'est pas compliqué. Mes rapports — avec le théâtre, avec Jean-Denis Leduc, avec le théâtre qui s'y fait — sont directs et sans flaflas. Je crois que, pour mes textes, c'est presque une rencontre qui allait de soi. J'aime ce théâtre direct, un théâtre d'acteur, j'aime m'adresser aux gens, je ne suis pas très porté sur les explorations formelles. J'aime davantage jouer avec les idées, les conflits entre les personnages, et j'aime que les spectateurs se sentent interpellés. J'aime ce genre de dialogue entre ce qui se passe sur scène et la salle. Ce qui me branche, c'est quand j'arrive à susciter une réaction ambivalente dans la salle, quand des gens sont d'accord avec les personnages et d'autres pas, quand le conflit sur la scène teinte aussi la salle.» La configuration intime du théâtre facilite cet éclaboussement.
Les auteurs ont été mobilisés même pour penser les rénovations. «Jean-Denis Leduc nous a rencontrés pour voir ce qu'on pensait qu'il fallait préserver», explique François Archambault, aussi membre du conseil d'administration du théâtre. Jean-Marc Dalpé et Pierre-Michel Tremblay étaient aussi de ce comité-conseil ad hoc. Contrairement à ces hauts plafonds rêvés par les directeurs techniques qui facilitent les accrochages, les auteurs ne voulaient pas que le ciel soit trop haut. «Le fait que les acteurs ne sont pas perdus dans l'espace permet aux personnages de prendre une dimension plus grande, qu'on se sente plus proche d'eux.»
Jean-Denis Leduc a d'autres projets et d'autres idées pour les auteurs, y compris des liens avec les partenaires outre-mer, afin de garder à La Licorne des écritures vives.
Jean-Philippe Lehoux, Catherine Léger, Fabien Cloutier, Jean-Marc Dalpé, Fanny Britt et François Archambault sont les plumitifs que La Licorne garde cette année sous son aile, histoire de couver des textes. Chacun bénéficie d'une bourse, s'engage dans le comité de lecture, dispose du soutien des directeurs, échange idées et discussions avec eux. Si une production peut naître de ces résidences, le spectacle n'est pas sine qua non. «Un texte, ça prend plus ou moins trois ans à se développer», indique Jean-Denis Leduc, qui aime laisser le temps prendre part à la création.
Fanny Britt
Repêchée dès sa sortie de l'École nationale pour franciser La reine de beauté de Leenane, de Martin McDonagh, Fanny Britt a trouvé à La Licorne un lieu privilégié pour traduire. «La Licorne est un des moteurs de la dramaturgie traduite au Québec. Il y a eu depuis dix ans un extraordinaire travail d'approfondissement des liens avec la dramaturgie contemporaine écossaise, anglaise et irlandaise.» Les traducteurs oeuvrent souvent à plus d'une pièce d'un même auteur, creusant leur compréhension de l'imaginaire.
«Comme spectatrice et comme étudiante en théâtre, j'avais de La Licorne une perception qui n'a pas beaucoup changé: celle d'une famille théâtrale, d'un esprit de troupe, se rappelle Britt. On chialait, étudiants, qu'on y voyait toujours le même monde sur scène, que le cercle était fermé. Avec les années, j'ai maintenant l'impression qu'il y a là quelque chose de lent et de bien: on peut grandir et évoluer aux côtés des auteurs et des univers qu'on aime. On y a la possibilité de prendre le temps.» Mardi, Chaque jour, première création de Fanny Britt à y être montée, inaugurera la nouvelle Licorne. La pièce est née de la résidence qu'elle a tenue en 2007. «Les mots et le jeu ont préséance à La Licorne, avec un parti pris pour la simplicité.»
Jean-Marc Dalpé
Jean Marc Dalpé, qui a signé Trick or Treat, texte-phare de La Licorne, abonde dans ce sens. «Je crois que ce qui différencie La Licorne, c'est que l'esthétique y est au service d'un dire, alignée avec le contenu, avec une parole contemporaine, urbaine, sociale, politique — dans le sens large de ce mot. On y trouve un théâtre plus réaliste, ancré sans être nécessairement naturaliste. C'est souvent un peu dur, coup-de-poing, direct, avec une façon de jouer qui correspond.»
Si les thèmes urbains s'y déploient souvent, Dalpé s'est amusé, avec Août: un repas à la campagne, deuxième pièce signée pour La Licorne, à composer un monde rural. «C'est l'été, on doit sentir les odeurs... Je savais que ça serait un défi pour La Licorne.» Comme spectateur, il garde un souvenir précieux du Cabaret neiges noires, de Dominic Champagne, ainsi que des premières éditions des Contes urbains.
François Archambault
Avec La société des loisirs — quelque 200 représentations, sur place et en tournée — et Les frères Laforêt, François Archambault a frappé fort à La Licorne.
«Il y a pour moi quelque chose qui va de soi, là, qui n'est pas compliqué. Mes rapports — avec le théâtre, avec Jean-Denis Leduc, avec le théâtre qui s'y fait — sont directs et sans flaflas. Je crois que, pour mes textes, c'est presque une rencontre qui allait de soi. J'aime ce théâtre direct, un théâtre d'acteur, j'aime m'adresser aux gens, je ne suis pas très porté sur les explorations formelles. J'aime davantage jouer avec les idées, les conflits entre les personnages, et j'aime que les spectateurs se sentent interpellés. J'aime ce genre de dialogue entre ce qui se passe sur scène et la salle. Ce qui me branche, c'est quand j'arrive à susciter une réaction ambivalente dans la salle, quand des gens sont d'accord avec les personnages et d'autres pas, quand le conflit sur la scène teinte aussi la salle.» La configuration intime du théâtre facilite cet éclaboussement.
Les auteurs ont été mobilisés même pour penser les rénovations. «Jean-Denis Leduc nous a rencontrés pour voir ce qu'on pensait qu'il fallait préserver», explique François Archambault, aussi membre du conseil d'administration du théâtre. Jean-Marc Dalpé et Pierre-Michel Tremblay étaient aussi de ce comité-conseil ad hoc. Contrairement à ces hauts plafonds rêvés par les directeurs techniques qui facilitent les accrochages, les auteurs ne voulaient pas que le ciel soit trop haut. «Le fait que les acteurs ne sont pas perdus dans l'espace permet aux personnages de prendre une dimension plus grande, qu'on se sente plus proche d'eux.»
Jean-Denis Leduc a d'autres projets et d'autres idées pour les auteurs, y compris des liens avec les partenaires outre-mer, afin de garder à La Licorne des écritures vives.








