Des inconditionnels de La Licorne - Après la scène, la salle et... le plaisir toujours
«Ils ont jeté les murs par terre, mais l'esprit est resté»
Isabelle Vincent l'avoue haut et fort, elle aime La Licorne: «Je suis autant amoureuse de la brique que de ce qui s'y joue!» Et elle n'est pas la seule. Après avoir patienté plus d'un an, pendant que La Licorne redorait son blason, Janine Sutto, Steve Laplante et Daniel Gadouas se disent bien heureux de retrouver les planches du théâtre qu'ils affectionnent tant.
«Je suis extrêmement fidèle à La Licorne. Ça fait des années que j'y vais et je suis de toutes les premières», confie d'emblée Janine Sutto.
La première fois qu'elle a assisté à une pièce de La Licorne, c'était boulevard Saint-Laurent, dans le petit café-théâtre où la troupe de La Manufacture avait établi ses pénates pour y présenter ses productions. «C'était vraiment une très petite salle. On s'y entassait, mais déjà on y présentait des pièces intéressantes», se souvient Mme Sutto.
C'est dans ce même café-théâtre qu'Isabelle Vincent est tombée amoureuse de La Licorne. «À l'époque, j'étais étudiante à l'École nationale de théâtre et j'étais allée voir jouer ma soeur Julie. Je trouvais que les comédiens avaient l'air d'avoir tellement de plaisir à jouer et créer ensemble. Moi qui rêvais de faire du théâtre engagé, de dire des choses, de jouer dans de petites salles intimes, j'étais servie. C'était pour moi la vie rêvée au théâtre», raconte la comédienne.
Si Janine Sutto et Isabelle Vincent gardent un souvenir remarquable de leurs premières expériences à La Licorne, Steve Laplante, lui, se rappelle une première fois plutôt... expérimentale! «Moi, mon premier contact avec La Licorne, c'était en 1992. Ça m'a beaucoup marqué. Je venais d'arriver à Montréal et j'étais étudiant à l'École nationale de théâtre. Louise Portal nous avait invités à voir son spectacle — je crois que c'était sa générale, d'ailleurs. À la fin, on était reparti avec des roches de son jardin. Ça m'avait complètement médusé», se remémore-t-il, un sourire dans la voix.
Une atmosphère particulière
Remis de ses émotions, Steve Laplante n'a pas laissé cette expérience déstabilisante freiner son intérêt pour La Licorne. Après avoir foulé ses planches à plusieurs reprises et assisté à de nombreuses pièces, il décrit le théâtre comme un lieu où il fait bon jouer et où l'atmosphère est toujours agréable.
«En fait, La Licorne, c'est un peu comme une deuxième maison pour moi. Quand j'y vais, j'ai l'impression de retrouver ma famille et je me sens chez moi. Je n'en connais pas beaucoup, des théâtres qui ferment aux petites heures du matin, seulement quand les acteurs décident que c'est le temps de rentrer à la maison. Avec Jean-Denis [Leduc], c'est ça. Le théâtre ferme quand les acteurs s'en vont, quand la famille rentre à la maison. On s'y sent toujours chez soi», précise l'acteur.
Daniel Gadouas, qui a participé à quatre créations de La Manufacture et qui fréquente La Licorne depuis ses débuts, abonde dans le sens de son comparse. «Il y a quelque chose de vraiment spécial avec La Licorne et La Manufacture. C'est vraiment comme une famille. Ç'a toujours été comme ça. Je me souviens, en 1980, je jouais avec La Manufacture dans la pièce La quête du pays. C'était pendant le premier référendum. Le théâtre de La Licorne n'existait pas encore, on jouait à la salle Fred-Barry. Déjà, on sentait cet esprit convivial si caractéristique de La Licorne», dit-il.
Nouveaux locaux
Comme Daniel Gadouas et Steve Laplante, Isabelle Vincent a toujours beaucoup apprécié l'atmosphère particulière qui régnait à La Licorne. Aussi, lorsqu'elle a appris que le théâtre allait se refaire une beauté, elle avoue avoir craint que cet esprit ne se dissipe à travers les travaux.
«J'aime la nouvelle Licorne, avec sa valeur ajoutée, son hall et son bar d'inspiration anglaise. J'ai un coup de coeur pour La Petite Licorne, cette petite salle de 90 places tellement inspirante. Quant à La Grande Licorne, avec son plafond bas qui impose une scénographie de proximité, je crois qu'elle s'inscrit tout à fait dans l'esprit du théâtre d'origine. En fait, c'est comme si on avait réussi à capturer l'esprit de l'ancienne Licorne, à le mettre dans une petite boîte et à l'insuffler dans ce nouveau théâtre. L'atmosphère y est vraiment toujours la même; je ne sais pas comment on a pu y arriver, mais c'est le cas», commente l'actrice.
Lorsqu'il a visité les nouveaux locaux de La Licorne, Steve Laplante a eu le même genre de réaction. «Les nouveaux locaux, ils sont beaux! C'est une réussite totale! L'ensemble de l'oeuvre est génial: les deux salles, le bar, la salle de répétitions. [...] L'espace, c'était le problème principal de l'ancienne Licorne. On a juste à se souvenir de la billetterie, où tout le monde jouait du coude, pour comprendre ce que je veux dire. Maintenant, tout est aéré! Et, ce qui est le plus fantastique, c'est qu'on se sent encore à La Licorne. Ils ont jeté les murs par terre, mais l'esprit est resté», soutient l'acteur.
Aussi impressionné que ses collègues par la beauté et la fonctionnalité des nouveaux locaux du théâtre, Daniel Gadouas se dit enthousiaste à l'idée de remonter sur les planches de La Licorne. «Je crois que je vais y retrouver le même plaisir qu'à l'ancienne Licorne. Cette nouvelle salle a été pensée dans le même esprit, mais elle est beaucoup plus fonctionnelle. J'espère y retourner le plus tôt possible», déclare-t-il.
Meilleurs voeux
Fidèle à ses habitudes, Janine Sutto était présente le 3 octobre dernier lors de la première de La fin de la sexualité, événement qui a officiellement marqué le début des activités de la nouvelle Licorne.
«Je vais continuer d'y être, souligne Mme Sutto. On n'a pas besoin d'essayer de me convaincre, je suis vraiment une inconditionnelle! J'espère que c'est ce que les gens feront aussi. Je sens chez Denis Bernard cette volonté de poursuivre ce qu'a entamé Jean-Denis et je lui souhaite vraiment le plus grand des succès.»
Toujours sous le charme de La Licorne, Isabelle Vincent formule à peu près les mêmes voeux: «La Licorne est un théâtre audacieux, avant-gardiste et de création. Ce que je souhaite pour la nouvelle Licorne, c'est qu'on continue d'y faire du théâtre d'acteurs et d'auteurs, qu'on continue également d'y encourager la relève et qu'on y conserve une place pour les marathoniens comme nous qui aimons profondément ce théâtre.»
De son côté, Daniel Gadouas espère que, avec cette grande salle, La Licorne réussira à attirer de nouveaux publics: «J'espère que les gens se feront nombreux. La Licorne, c'est un théâtre vrai, du quotidien, un théâtre poétique. Je souhaite que, avec cette nouvelle salle et toutes les belles idées qui y pullulent, on continue à rejoindre les jeunes, mais également qu'on convainque les moins jeunes, qui ont l'habitude d'un théâtre plus classique, de choisir La Licorne.»
Pour voir plus de détails sur la programmation de La Licorne ou pour jeter un oeil aux nouvelles installations: theatrelalicorne.com.
***
Collaboratrice du Devoir
«Je suis extrêmement fidèle à La Licorne. Ça fait des années que j'y vais et je suis de toutes les premières», confie d'emblée Janine Sutto.
La première fois qu'elle a assisté à une pièce de La Licorne, c'était boulevard Saint-Laurent, dans le petit café-théâtre où la troupe de La Manufacture avait établi ses pénates pour y présenter ses productions. «C'était vraiment une très petite salle. On s'y entassait, mais déjà on y présentait des pièces intéressantes», se souvient Mme Sutto.
C'est dans ce même café-théâtre qu'Isabelle Vincent est tombée amoureuse de La Licorne. «À l'époque, j'étais étudiante à l'École nationale de théâtre et j'étais allée voir jouer ma soeur Julie. Je trouvais que les comédiens avaient l'air d'avoir tellement de plaisir à jouer et créer ensemble. Moi qui rêvais de faire du théâtre engagé, de dire des choses, de jouer dans de petites salles intimes, j'étais servie. C'était pour moi la vie rêvée au théâtre», raconte la comédienne.
Si Janine Sutto et Isabelle Vincent gardent un souvenir remarquable de leurs premières expériences à La Licorne, Steve Laplante, lui, se rappelle une première fois plutôt... expérimentale! «Moi, mon premier contact avec La Licorne, c'était en 1992. Ça m'a beaucoup marqué. Je venais d'arriver à Montréal et j'étais étudiant à l'École nationale de théâtre. Louise Portal nous avait invités à voir son spectacle — je crois que c'était sa générale, d'ailleurs. À la fin, on était reparti avec des roches de son jardin. Ça m'avait complètement médusé», se remémore-t-il, un sourire dans la voix.
Une atmosphère particulière
Remis de ses émotions, Steve Laplante n'a pas laissé cette expérience déstabilisante freiner son intérêt pour La Licorne. Après avoir foulé ses planches à plusieurs reprises et assisté à de nombreuses pièces, il décrit le théâtre comme un lieu où il fait bon jouer et où l'atmosphère est toujours agréable.
«En fait, La Licorne, c'est un peu comme une deuxième maison pour moi. Quand j'y vais, j'ai l'impression de retrouver ma famille et je me sens chez moi. Je n'en connais pas beaucoup, des théâtres qui ferment aux petites heures du matin, seulement quand les acteurs décident que c'est le temps de rentrer à la maison. Avec Jean-Denis [Leduc], c'est ça. Le théâtre ferme quand les acteurs s'en vont, quand la famille rentre à la maison. On s'y sent toujours chez soi», précise l'acteur.
Daniel Gadouas, qui a participé à quatre créations de La Manufacture et qui fréquente La Licorne depuis ses débuts, abonde dans le sens de son comparse. «Il y a quelque chose de vraiment spécial avec La Licorne et La Manufacture. C'est vraiment comme une famille. Ç'a toujours été comme ça. Je me souviens, en 1980, je jouais avec La Manufacture dans la pièce La quête du pays. C'était pendant le premier référendum. Le théâtre de La Licorne n'existait pas encore, on jouait à la salle Fred-Barry. Déjà, on sentait cet esprit convivial si caractéristique de La Licorne», dit-il.
Nouveaux locaux
Comme Daniel Gadouas et Steve Laplante, Isabelle Vincent a toujours beaucoup apprécié l'atmosphère particulière qui régnait à La Licorne. Aussi, lorsqu'elle a appris que le théâtre allait se refaire une beauté, elle avoue avoir craint que cet esprit ne se dissipe à travers les travaux.
«J'aime la nouvelle Licorne, avec sa valeur ajoutée, son hall et son bar d'inspiration anglaise. J'ai un coup de coeur pour La Petite Licorne, cette petite salle de 90 places tellement inspirante. Quant à La Grande Licorne, avec son plafond bas qui impose une scénographie de proximité, je crois qu'elle s'inscrit tout à fait dans l'esprit du théâtre d'origine. En fait, c'est comme si on avait réussi à capturer l'esprit de l'ancienne Licorne, à le mettre dans une petite boîte et à l'insuffler dans ce nouveau théâtre. L'atmosphère y est vraiment toujours la même; je ne sais pas comment on a pu y arriver, mais c'est le cas», commente l'actrice.
Lorsqu'il a visité les nouveaux locaux de La Licorne, Steve Laplante a eu le même genre de réaction. «Les nouveaux locaux, ils sont beaux! C'est une réussite totale! L'ensemble de l'oeuvre est génial: les deux salles, le bar, la salle de répétitions. [...] L'espace, c'était le problème principal de l'ancienne Licorne. On a juste à se souvenir de la billetterie, où tout le monde jouait du coude, pour comprendre ce que je veux dire. Maintenant, tout est aéré! Et, ce qui est le plus fantastique, c'est qu'on se sent encore à La Licorne. Ils ont jeté les murs par terre, mais l'esprit est resté», soutient l'acteur.
Aussi impressionné que ses collègues par la beauté et la fonctionnalité des nouveaux locaux du théâtre, Daniel Gadouas se dit enthousiaste à l'idée de remonter sur les planches de La Licorne. «Je crois que je vais y retrouver le même plaisir qu'à l'ancienne Licorne. Cette nouvelle salle a été pensée dans le même esprit, mais elle est beaucoup plus fonctionnelle. J'espère y retourner le plus tôt possible», déclare-t-il.
Meilleurs voeux
Fidèle à ses habitudes, Janine Sutto était présente le 3 octobre dernier lors de la première de La fin de la sexualité, événement qui a officiellement marqué le début des activités de la nouvelle Licorne.
«Je vais continuer d'y être, souligne Mme Sutto. On n'a pas besoin d'essayer de me convaincre, je suis vraiment une inconditionnelle! J'espère que c'est ce que les gens feront aussi. Je sens chez Denis Bernard cette volonté de poursuivre ce qu'a entamé Jean-Denis et je lui souhaite vraiment le plus grand des succès.»
Toujours sous le charme de La Licorne, Isabelle Vincent formule à peu près les mêmes voeux: «La Licorne est un théâtre audacieux, avant-gardiste et de création. Ce que je souhaite pour la nouvelle Licorne, c'est qu'on continue d'y faire du théâtre d'acteurs et d'auteurs, qu'on continue également d'y encourager la relève et qu'on y conserve une place pour les marathoniens comme nous qui aimons profondément ce théâtre.»
De son côté, Daniel Gadouas espère que, avec cette grande salle, La Licorne réussira à attirer de nouveaux publics: «J'espère que les gens se feront nombreux. La Licorne, c'est un théâtre vrai, du quotidien, un théâtre poétique. Je souhaite que, avec cette nouvelle salle et toutes les belles idées qui y pullulent, on continue à rejoindre les jeunes, mais également qu'on convainque les moins jeunes, qui ont l'habitude d'un théâtre plus classique, de choisir La Licorne.»
Pour voir plus de détails sur la programmation de La Licorne ou pour jeter un oeil aux nouvelles installations: theatrelalicorne.com.
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Collaboratrice du Devoir










