Danièle Drolet, directrice administrative - «Nous devions garder le public à proximité des artistes sur scène»
Comme directrice administrative, Danièle Drolet doit s'assurer que les projets de La Licorne et de la compagnie de théâtre La Manufacture se réalisent. Les 14 derniers mois ont été particulièrement bien remplis. Entrevue.
En entrant dans la nouvelle Licorne, on remarque tout de suite l'odeur de peinture fraîche. L'équipe s'est installée dans son nouvel espace de travail à la fin de juin. Un aboutissement après plus d'un an de travail acharné. Danièle Drolet et ses collègues ont dû gérer le chantier de construction, puis le déménagement de La Licorne. En parallèle, la compagnie de théâtre La Manufacture a mis au monde deux créations et est partie en tournée. «Je suis essoufflée, c'est certain, mais ce sont des moments exaltants», affirme Mme Drolet.
Si ce grand projet est enfin réalisé, la directrice administrative sait bien que c'est le début d'une toute nouvelle aventure pour La Licorne et La Manufacture. «Nous avons maintenant un bel outil entre les mains pour améliorer la qualité des productions. Nous pouvons aussi aller chercher un plus grand public. Il y a plusieurs types de développement possibles. Nous sommes prêts. Nous attendions depuis longtemps cet agrandissement. Nous étions comme des chevaux qui piaffaient», affirme Mme Drolet, arrivée à La Licorne il y a 15 ans.
Un long parcours
L'idée de s'offrir un plus grand espace de travail a germé dans la tête de La Manufacture à l'hiver 2002. «Nous affichions très souvent complet, donc nous ne pouvions plus développer de nouveaux publics, indique Mme Drolet. De plus, la salle de La Petite Licorne était inadéquate. La scène était minuscule et les comédiens devaient passer par dehors pour entrer sur scène. L'hiver, c'était l'enfer. L'été également, d'ailleurs, puisque nous n'avions pas de climatisation! Nous manquions aussi de place pour l'administration et nos nombreux pigistes.»
L'équipe de La Licorne voulait demeurer dans le quartier, puisqu'elle y est bien ancrée. C'est finalement sur l'immeuble voisin de l'ancienne Licorne que l'équipe a jeté son dévolu. Une fois que toutes les études de faisabilité ont été terminées et concluantes, il a fallu attacher le financement.
«Cette étape a été très longue, indique Mme Drolet. Plusieurs élections ont ralenti le processus. Nous avons organisé également une campagne de financement pour avoir une somme à investir dans le projet. Le financement a été complété à l'automne 2009. Nous avons donc acheté l'immeuble. Il fallait ensuite revoir nos plans et nos coûts, parce que cinq ans s'étaient écoulés depuis nos premières évaluations. Ensuite, nous avons fait l'appel d'offres en juin 2010 et le chantier a commencé deux mois plus tard.»
Pendant la durée du chantier, chaque jour était exigeant pour la directrice administrative. «Un chantier, ça n'attend pas. Il y a toujours des imprévus. Les ouvriers sont sur place, donc il faut réagir rapidement. Nous avons été chanceux, par contre. Nous n'avons pas eu de choix déchirants à faire. Tout le temps que nous avons eu pour travailler sur notre projet a fait en sorte que nous l'avions bien planifié.»
Le béton et la mission
Tout au long de la construction, Danièle Drolet a fait en quelque sorte le lien entre les différentes équipes. «Lorsqu'on construit une salle de spectacles, il y a énormément de besoins à combler et c'est éminemment technique. Il y avait bien des gens concernés: l'architecte, l'entrepreneur, les professionnels et le gestionnaire de projet, qui était Technopôle Angus. L'administration, ce n'est pas seulement une affaire financière. C'est également une affaire d'humains.»
Mme Drolet devait s'assurer que le nouveau lieu serait au profit de la mission du théâtre La Licorne. «Nous sommes un théâtre de rencontres, donc nous voulions un lieu invitant et accueillant. Nous sommes aussi un théâtre intimiste, donc nous voulions le demeurer tout en agrandissant. Nous devions garder le public à proximité des artistes sur scène. À chaque imprévu, je devais m'assurer que la décision prise allait bien servir le théâtre», indique Mme Drolet.
Maintenir le rythme
Pendant que l'ancienne Licorne a été jetée par terre et que la nouvelle a été construite, la compagnie de théâtre La Manufacture a continué à créer. «Nous avons fait deux créations dans l'année, précise Danièle Drolet. L'Espace Go a eu la gentillesse de nous accueillir. Il y a eu aussi deux tournées. Ç'a été une bonne année aussi pour La Manufacture.»
Comme directrice administrative, Danièle Drolet travaille en collaboration avec Denis Bernard, directeur artistique et général de La Licorne et de La Manufacture, pour décider des budgets des différents projets sur la table.
«Certains pensent que les directions artistique et administrative sont en dichotomie, mais ce n'est pas vrai. Il faut travailler dans le même sens. Il faut être proactif et voir venir les choses. Nous, nous prenons environ quatre ans d'avance pour nos projets. Ensuite, nous pouvons monter des campagnes de financement avec le conseil d'administration, organiser des événements-bénéfices, aller chercher des commandites, etc.»
L'un des projets sur lesquels travaille Danièle Drolet en ce moment consiste à établir des ententes de réciprocité avec d'autres théâtres dans le monde. «Nous voulons des partenaires pour échanger des productions. Auparavant, nous ne le pouvions pas parce que notre salle ne nous permettait pas de les accueillir convenablement», explique Mme Drolet. Cette année, de premiers échanges seront établis avec Traverse Theatre, d'Édimbourg.
D'ici là, l'équipe de La Licorne et de La Manufacture doit aussi évaluer s'il y a de petits correctifs à apporter dans son nouvel espace.
«Nous sommes en rodage pour quelques mois encore. Le défi, c'est de ne pas se laisser ralentir par tout ça, affirme Mme Drolet. D'autant plus que nous avons un rythme très rapide. Nous présentons environ 14 spectacles chaque année, ce qui fait environ 300 représentations, en plus d'une trentaine en tournée. Tout ce qui ne monte plus redescend. Il faut donc faire mieux, ou faire plus. Ou faire mieux et plus!»
***
Collaboratrice du Devoir
En entrant dans la nouvelle Licorne, on remarque tout de suite l'odeur de peinture fraîche. L'équipe s'est installée dans son nouvel espace de travail à la fin de juin. Un aboutissement après plus d'un an de travail acharné. Danièle Drolet et ses collègues ont dû gérer le chantier de construction, puis le déménagement de La Licorne. En parallèle, la compagnie de théâtre La Manufacture a mis au monde deux créations et est partie en tournée. «Je suis essoufflée, c'est certain, mais ce sont des moments exaltants», affirme Mme Drolet.
Si ce grand projet est enfin réalisé, la directrice administrative sait bien que c'est le début d'une toute nouvelle aventure pour La Licorne et La Manufacture. «Nous avons maintenant un bel outil entre les mains pour améliorer la qualité des productions. Nous pouvons aussi aller chercher un plus grand public. Il y a plusieurs types de développement possibles. Nous sommes prêts. Nous attendions depuis longtemps cet agrandissement. Nous étions comme des chevaux qui piaffaient», affirme Mme Drolet, arrivée à La Licorne il y a 15 ans.
Un long parcours
L'idée de s'offrir un plus grand espace de travail a germé dans la tête de La Manufacture à l'hiver 2002. «Nous affichions très souvent complet, donc nous ne pouvions plus développer de nouveaux publics, indique Mme Drolet. De plus, la salle de La Petite Licorne était inadéquate. La scène était minuscule et les comédiens devaient passer par dehors pour entrer sur scène. L'hiver, c'était l'enfer. L'été également, d'ailleurs, puisque nous n'avions pas de climatisation! Nous manquions aussi de place pour l'administration et nos nombreux pigistes.»
L'équipe de La Licorne voulait demeurer dans le quartier, puisqu'elle y est bien ancrée. C'est finalement sur l'immeuble voisin de l'ancienne Licorne que l'équipe a jeté son dévolu. Une fois que toutes les études de faisabilité ont été terminées et concluantes, il a fallu attacher le financement.
«Cette étape a été très longue, indique Mme Drolet. Plusieurs élections ont ralenti le processus. Nous avons organisé également une campagne de financement pour avoir une somme à investir dans le projet. Le financement a été complété à l'automne 2009. Nous avons donc acheté l'immeuble. Il fallait ensuite revoir nos plans et nos coûts, parce que cinq ans s'étaient écoulés depuis nos premières évaluations. Ensuite, nous avons fait l'appel d'offres en juin 2010 et le chantier a commencé deux mois plus tard.»
Pendant la durée du chantier, chaque jour était exigeant pour la directrice administrative. «Un chantier, ça n'attend pas. Il y a toujours des imprévus. Les ouvriers sont sur place, donc il faut réagir rapidement. Nous avons été chanceux, par contre. Nous n'avons pas eu de choix déchirants à faire. Tout le temps que nous avons eu pour travailler sur notre projet a fait en sorte que nous l'avions bien planifié.»
Le béton et la mission
Tout au long de la construction, Danièle Drolet a fait en quelque sorte le lien entre les différentes équipes. «Lorsqu'on construit une salle de spectacles, il y a énormément de besoins à combler et c'est éminemment technique. Il y avait bien des gens concernés: l'architecte, l'entrepreneur, les professionnels et le gestionnaire de projet, qui était Technopôle Angus. L'administration, ce n'est pas seulement une affaire financière. C'est également une affaire d'humains.»
Mme Drolet devait s'assurer que le nouveau lieu serait au profit de la mission du théâtre La Licorne. «Nous sommes un théâtre de rencontres, donc nous voulions un lieu invitant et accueillant. Nous sommes aussi un théâtre intimiste, donc nous voulions le demeurer tout en agrandissant. Nous devions garder le public à proximité des artistes sur scène. À chaque imprévu, je devais m'assurer que la décision prise allait bien servir le théâtre», indique Mme Drolet.
Maintenir le rythme
Pendant que l'ancienne Licorne a été jetée par terre et que la nouvelle a été construite, la compagnie de théâtre La Manufacture a continué à créer. «Nous avons fait deux créations dans l'année, précise Danièle Drolet. L'Espace Go a eu la gentillesse de nous accueillir. Il y a eu aussi deux tournées. Ç'a été une bonne année aussi pour La Manufacture.»
Comme directrice administrative, Danièle Drolet travaille en collaboration avec Denis Bernard, directeur artistique et général de La Licorne et de La Manufacture, pour décider des budgets des différents projets sur la table.
«Certains pensent que les directions artistique et administrative sont en dichotomie, mais ce n'est pas vrai. Il faut travailler dans le même sens. Il faut être proactif et voir venir les choses. Nous, nous prenons environ quatre ans d'avance pour nos projets. Ensuite, nous pouvons monter des campagnes de financement avec le conseil d'administration, organiser des événements-bénéfices, aller chercher des commandites, etc.»
L'un des projets sur lesquels travaille Danièle Drolet en ce moment consiste à établir des ententes de réciprocité avec d'autres théâtres dans le monde. «Nous voulons des partenaires pour échanger des productions. Auparavant, nous ne le pouvions pas parce que notre salle ne nous permettait pas de les accueillir convenablement», explique Mme Drolet. Cette année, de premiers échanges seront établis avec Traverse Theatre, d'Édimbourg.
D'ici là, l'équipe de La Licorne et de La Manufacture doit aussi évaluer s'il y a de petits correctifs à apporter dans son nouvel espace.
«Nous sommes en rodage pour quelques mois encore. Le défi, c'est de ne pas se laisser ralentir par tout ça, affirme Mme Drolet. D'autant plus que nous avons un rythme très rapide. Nous présentons environ 14 spectacles chaque année, ce qui fait environ 300 représentations, en plus d'une trentaine en tournée. Tout ce qui ne monte plus redescend. Il faut donc faire mieux, ou faire plus. Ou faire mieux et plus!»
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Collaboratrice du Devoir








