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    Théâtre

    Entre les flancs de la vie et du rêve

    6 octobre 2011 |Sylvie Nicolas | Théâtre
    Écume
    Texte et mise en scène: Anne-Marie White. Avec: Joëlle Bourdon, Marc-André Charrette, Geneviève Couture, Pierre Antoine Lafon Simard. Une production du Théâtre du Thrillium en codiffusion avec le Théâtre Périscope, présentée au Périscope jusqu'au 15 octobre 2011.
    Ce qui fait que l'univers prend son ampleur, que le propos se soulève, qu'humour et détresse cohabitent sans heurt et que le jeu des comédiens ravit est dû à cette ingénieuse idée qu'a eue White de créer un personnage de croque-mort qui procède à la fois de l'archétype du mort-vivant, du ténébreux mais résolument moderne gothique, du transgenre (porteur de la femme-en-lui) et du médium de service. C'est non seulement dans ce personnage, pourtant secondaire, que réside la clé de la proposition dramaturgique, mais c'est grâce à cette déroutante incarnation que l'ensemble prend forme. L'interprétation que fait Marc-André Charrette de cet inestimable Monsieur Momo mérite mention, car il aurait suffi de peu pour que ce personnage-fauve issu de la forêt des contes, d'une case sombre de bande dessinée de série noire, de la marginalité sociale et des frontières du visible et de l'invisible sombre dans la caricature. Au contraire, la finesse du jeu de Charette, son effacement autant que sa présence en scène viennent ponctuer et mettre en valeur toutes les autres présences.

    Et il s'agit bien de présences dans cette pièce, qu'il s'agisse de celle de Simone (la mère morte) à laquelle Geneviève Couture prête voix et vie, sensibilité et intelligence. Ou de Morgane, cette jeune femme-poisson qu'incarne Joëlle Bourdon avec une sincère naïveté et une capacité de rendre l'enfance sans infantiliser son jeu, ou de Pierre Antoine Lafon Simard dont l'interprétation exige l'équilibre entre l'esprit scientifique et rationnel, l'humour de situation et le battement irrégulier du coeur dérouté.

    La notion de présence, dans Écume, s'étend à toute la production: à son esthétisme scénographique, aux costumes, à la gestuelle des comédiens et à leur rapport aux objets, à la mise en place autant qu'à la direction.

    Un plateau dénudé, des éléments de décor qui trouvent leur pleine symbolique, des éclairages d'une finesse et d'une pureté saisissantes, un environnement sonore à la limite du langage, un texte simple qui voyage entre la fable, le conte et l'allégorie, une mise en situation où réel et imaginaire, vie et mort, mondes visible et invisible sont soulevés par des vents d'épousailles entre les flancs de la vie et du rêve. Écume est tout cela, le bercement en sus.

    ***

    Collaboratrice du Devoir












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