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    Théâtre - La classe de Dante

    20 septembre 2011 |Sylvie Nicolas | Théâtre
    Il faut souligner la beauté de la trame musicale, plusieurs effets d’éclairage d’une efficacité indéniable et la beauté des voix féminines qui s’élèvent pour caresser la voûte des lieux.<br />
    Photo: Larry Rochefort Il faut souligner la beauté de la trame musicale, plusieurs effets d’éclairage d’une efficacité indéniable et la beauté des voix féminines qui s’élèvent pour caresser la voûte des lieux.
    Imagination du monde
    Dramaturgie et mise en scène: Hanna Abd El Nour. Avec: Jérémie Aubry, Tai Wei Foo, Shawn Cotton, Édith Patenaude, Jocelyn Pelletier, Raphaël Posadas, Danièle Simon, Mykalle Bielinski, Cynthia Trudel, Sarah Chouinard-Poirier, Maryse Damecour, Annie Gagnon, Isabelle Gagnon. Une production du Théâtre URD. Présentée à l'église Saint-Coeur-de-Marie (530, Grande-Allée Est, Québec) jusqu'au 1er octobre 2011.
    Librement inspirée de La Divine Comédie de Dante, Imagination du monde, du dramaturge et metteur en scène Hanna Abd El Nour, se présente comme une invitation au voyage, une pénétration de nos enfers individuels et collectifs, une cérémonie, une célébration du vivant et un lieu de rassemblement de divers horizons de création. Exploratoire et multidisciplinaire, ce projet du théâtre URD met à contribution une cinquantaine d'artistes, dont treize danseurs et comédiens. Présentée dans le ventre dévasté de l'église Saint-Cœur-de-Marie, la production trouve là un espace symbolique indéniable.

    La noblesse des intentions qui animent cette production ne saurait être mise en cause. La quête de sens, la volonté de dénoncer ce qui étouffe le vivant, la préservation du cérémoniel et du sacré, la dénonciation des valeurs marchandes qui abrutissent, tout cela est louable. Le faire par la voie de la création — dans le premier territoire où l'intime et le politique se croisent — l'est tout autant, et plusieurs laboratoires de recherche théâtrale s'y consacrent. En ce sens, Imagination du monde n'échappe pas au formalisme et au rigoureux entraînement auxquels se soumettent acteurs et chercheurs pour leur permettre de repousser les limites du corps, d'expérimenter autrement le spatial, le sensoriel, le sonore, le rythme et tout ce qui peut contribuer à déstabiliser afin que surgisse ce qui autrement resterait tapi quelque part dans une zone de confort interprétative.

    Et c'est ici, exactement ici que le bagage d'intentions, de sensations, d'émotions se dépose: au seuil de la représentation, dans cette fine ligne de démarcation qui sépare les uns des autres quand le transfert de l'expérience vécue et ressentie ne parvient pas à se frayer un chemin au coeur du public.

    Il faut souligner la beauté de la trame musicale, plusieurs effets d'éclairage d'une efficacité indéniable, certaines images issues des dix tableaux et fresques humaines que façonnent les comédiens et la beauté des voix féminines qui s'élèvent pour caresser la voûte des lieux. Si à certains moments, on croit se retrouver devant le cri silencieux du tableau de Munch ou face à la Nef des fous de Jérôme Bosch, on se retrouve à d'autres à assister à une sorte de théâtre expiatoire en quête de rédemption. Malgré l'investissement de coeur, de corps et d'esprit dont font preuve les comédiens, l'expérience ne trouve pas son achèvement.

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    Collaboratrice du Devoir












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