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    Théâtre - Quand l'inestimable de l'art se manifeste

    17 septembre 2011 |Sylvie Nicolas | Théâtre
    Il n’y a rien de racoleur dans cette production. Les strates de sens sont multiples et elles se déploient bien au-delà du clin d’œil shakespearien. Tubby et Nottubby ne donne ni dans le cliché ni dans l’emprunt accessoire et sa signature est celle du sens de l’existence.<br />
    Photo: Karine Côté Il n’y a rien de racoleur dans cette production. Les strates de sens sont multiples et elles se déploient bien au-delà du clin d’œil shakespearien. Tubby et Nottubby ne donne ni dans le cliché ni dans l’emprunt accessoire et sa signature est celle du sens de l’existence.
    Tubby et Nottubby
    Texte, mise en scène et interprétation: Sophie Brech et Louis Fortier. Une production du Théâtre Fools and Feathers. Présentée au Périscope jusqu'au 1er octobre 2011.
    Il y a des moments de théâtre qui sont de véritables moments de grâce. Des moments où la magie opère en douceur et en profondeur sans rien sacrifier du grave ou du tragique. Tubby et Nottubby du Théâtre Fools and Feathers est de ceux-là.

    L'épopée proposée mène Tubby (Louis Fortier) et Nottubby (Sophie Brech) du désespérant désir d'en finir au bord de la Tamise à la concrétisation du possible rêve. Entre les deux, la grande main du destin tire les ficelles de ces deux laissés-pour-compte qui seront parachutés au coeur d'une guerre en plein désert, amenés à dériver sur les grandes eaux d'une mer agitée, repoussés vers une traversée allégorique des enfers, avant d'être tout doucement conduits vers l'impérieux mais tout simple désir d'être et de vivre.

    Il n'y a rien de racoleur dans cette production. Les strates de sens sont multiples et elles se déploient bien au-delà du clin d'oeil shakespearien. Tubby et Nottubby ne donne ni dans le cliché ni dans l'emprunt accessoire et sa signature est celle du sens de l'existence. On glisse sans heurt de l'intime au social, du français à l'anglais, de la fracture identitaire à la tourmente du siècle, du politique au poétique. On le fait dans la simplicité des choses avec l'arme la plus redoutable qui soit, celle qui déshabille à tout coup: la sincérité.

    On fermera volontiers les yeux sur quelques failles dans le rythme ou certaines hésitations techniques en ouverture. On les fermera pour souligner la force des présences en scène, le jeu des interprètes, leur rapport aux objets — la judicieuse utilisation des valises —, la beauté de la scénographie et son intelligent recours à des pans de rideaux qui s'effeuillent, multiplient les lieux et conjuguent les tempêtes qui font rage à l'art de jouer à être ou à ne pas être. On les fermera pour préserver l'inestimable de l'art qui se manifeste et le lien qui s'établit entre cette démarche et celle de l'auguste cousin russe Slava.

    Les dessins de Renaud Penelle confèrent à l'ensemble une touche unique qui laisse ses traces de tendresse, de sourire et de céleste. Musique, mixage sonore et lumière enrobent le tout avec force et hissent certains tableaux à la hauteur du poème.

    Tubby et Nottubby possède à la fois le souffle grave et léger de l'enfance, celui de la plume en voltige qui s'apparente au battement d'ailes du papillon.

    ***

    Collaboratrice du Devoir












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