Théâtre - Un distrayant Distrait
À retenir
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Le Distrait
- De Jean-François Regnard.
- Mise en scène: Frédéric Bélanger.
- Dans le jardin français de la Maison Antoine-Lacombe, à Saint-Charles-Borromée
- Du vendredi au dimanche, à 20h, jusqu'au 7 août.
Depuis maintenant cinq ans, le Théâtre Advienne que pourra (TAQP) anime avec énergie et brio le jardin français de la Maison Antoine-Lacombe, à Saint-Charles-Borromée, à un jet de pierre de Joliette. Le théâtre d'été qu'il propose, en puisant au répertoire classique (Molière, Goldoni, Dumas, Féval), se caractérise par sa légèreté rafraîchissante et intelligente, une rareté sur les scènes théâtrales estivales.
La production de cette année est à la hauteur des attentes. Oeuvre du méconnu dramaturge français Jean-François Regnard (1655-1709), un auteur comique dont l'univers fait tout de suite penser à ceux des Molière et Goldoni, Le Distrait raconte avec esprit une histoire d'amours juvéniles, entravées par une matrone plus portée sur les calculs financiers que sensible aux élans du coeur de sa fille.
Isabelle (Maude Campeau) veut donc épouser le Chevalier (Guillaume Baillargeon), un séduisant noceur plein de panache, mais sa mère (solide Nancy Gauthier) souhaite plutôt l'unir au Distrait (François-Simon Poirier), en attente du riche héritage de son oncle. Pendant ce temps, Clarice (Valérie Descheneaux), la soeur du Chevalier, entretient une passion contrariée pour ce même désopilant Distrait, qui la lui rend bien. Madame Argante (Marie-Josée Forget), tante du Chevalier et de sa soeur, ainsi que les valets Lisette (Milène Leclerc) et Carlin (Benoît McGinnis) comploteront avec les jeunes amoureux pour confondre la bonne femme.
Le célèbre critique Gustave Lanson qualifiait Regnard de «vaudevilliste qui a du style». Pendant 90 minutes, à la brunante, les comédiens du TAQP confirment ce jugement, en dopant un texte qui pétille au rythme et à l'entrain. Dans une mise en scène nerveuse de Frédéric Bélanger qui tire vers l'arlequinade, ils déclament avec assurance, sur une cadence endiablée, des alexandrins pleins de grâce et de mordant, mettent leur corps en jeu et poussent même la chansonnette, sur des compositions d'Audrey Thériault.
Bélanger a choisi de transposer l'action dans le Paris du début du XXe siècle, avec décors et costumes à l'avenant. Cette adaptation, malheureusement, n'est pas justifiée et semble plaquée sur un propos habité par l'esprit littéraire du Grand Siècle finissant. Cette légère impertinence, toutefois, se fait vite oublier dans un éclat de rire irrépressible, tant tout le reste enchante.
***
Collaborateur du Devoir
La production de cette année est à la hauteur des attentes. Oeuvre du méconnu dramaturge français Jean-François Regnard (1655-1709), un auteur comique dont l'univers fait tout de suite penser à ceux des Molière et Goldoni, Le Distrait raconte avec esprit une histoire d'amours juvéniles, entravées par une matrone plus portée sur les calculs financiers que sensible aux élans du coeur de sa fille.
Isabelle (Maude Campeau) veut donc épouser le Chevalier (Guillaume Baillargeon), un séduisant noceur plein de panache, mais sa mère (solide Nancy Gauthier) souhaite plutôt l'unir au Distrait (François-Simon Poirier), en attente du riche héritage de son oncle. Pendant ce temps, Clarice (Valérie Descheneaux), la soeur du Chevalier, entretient une passion contrariée pour ce même désopilant Distrait, qui la lui rend bien. Madame Argante (Marie-Josée Forget), tante du Chevalier et de sa soeur, ainsi que les valets Lisette (Milène Leclerc) et Carlin (Benoît McGinnis) comploteront avec les jeunes amoureux pour confondre la bonne femme.
Le célèbre critique Gustave Lanson qualifiait Regnard de «vaudevilliste qui a du style». Pendant 90 minutes, à la brunante, les comédiens du TAQP confirment ce jugement, en dopant un texte qui pétille au rythme et à l'entrain. Dans une mise en scène nerveuse de Frédéric Bélanger qui tire vers l'arlequinade, ils déclament avec assurance, sur une cadence endiablée, des alexandrins pleins de grâce et de mordant, mettent leur corps en jeu et poussent même la chansonnette, sur des compositions d'Audrey Thériault.
Bélanger a choisi de transposer l'action dans le Paris du début du XXe siècle, avec décors et costumes à l'avenant. Cette adaptation, malheureusement, n'est pas justifiée et semble plaquée sur un propos habité par l'esprit littéraire du Grand Siècle finissant. Cette légère impertinence, toutefois, se fait vite oublier dans un éclat de rire irrépressible, tant tout le reste enchante.
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