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De mort et d'amour

Denise Bombardier   23 avril 2011  Théâtre
L'actualité des dernières semaines nous a placés, tous tant que nous sommes, au cœur même de la tragédie humaine. Autour de l'affaire Cantat se sont déployées nos grandeurs et nos misères. Sur l'écran blanc, chacun a projeté ses peurs, ses failles, ses fantasmes refoulés, ses sentiments inavouables, ses vérités. Personne n'est sorti indemne de ce débat où l'art a servi d'alibi pour les uns, de rempart pour d'autres, d'absolu pour un certain nombre. La polémique a rejoint une opinion publique interpellée par les médias et mis en lumière, si besoin était, une fracture entre les défenseurs de l'art pour l'art et le commun des mortels. Une lutte des classes, à vrai dire, entre une élite artistique et la plèbe. Voilà pour les apparences.

En réalité, ce débat où le mépris et la haine, l'angélisme et la vengeance, la grandeur d'âme et la mesquinerie ont tour à tour dominé demeure salutaire. Qu'est-ce que l'art? L'artiste est-il inattaquable? La morale est-elle une idéologie de droite? La violence conjugale est-elle la plaie si officiellement réprouvée? Voilà quelques questions auxquelles on ne peut pas échapper.

Wajdi Mouawad, par sa sortie publique et cette lettre hautement perturbante à Aimée, sa fille de trois ans («si je suis moi-même ton propre assassin, je ne voudrais pas être jeté aux orties des humains»), nous entraîne davantage dans ses propres démons. Mais peu importe qu'il s'en défende, il a quitté l'art pour un terrain mouvant où son élan créateur ne peut le mettre à l'abri du jugement des autres. Le roi est nu cette fois. Son analyse de la justice, où la reconnaissance du crime, la sentence imposée puis purgée suffiraient au rachat de l'assassin, procède d'une vision primaire du pardon et ressemble plutôt à une invitation à assassiner la mémoire par l'oubli.

En passant par sa petite fille pour s'adresser au public qui l'a porté aux nues dans le passé, Wajdi Mouawad s'enfonce lui-même dans les abysses de son propre mystère et met en péril, d'une certaine manière, le créateur, c'est-à-dire celui qui ne doit pas traverser le miroir vers la réalité. Si l'on poursuit son raisonnement, il aurait choisi Marc Lépine, si ce dernier ne s'était pas suicidé, pour jouer son rôle dans l'adaptation scénique du drame de Polytechnique dont il fut l'assassin délirant.

Ce débat nous a aussi plongés dans un malaise indéfinissable. «Si Marie Trintignant avait été heurtée par un bus, je suppose que vous auriez lynché le conducteur», m'a écrit un lecteur courroucé dans une tentative de banalisation plus ou moins consciente de la violence conjugale. «Je me tiens aux côtés de celui qui ôta sa vie à la femme qu'il aimait», écrit aussi le metteur en scène et dramaturge dans la lettre à sa petite Aimée. Or, le cardiologue Guy Turcotte, qui a assassiné dans un rituel au-delà de l'horreur ses deux enfants pour les soustraire à leur mère qui l'avait quitté, a déclaré à l'ambulancier qui le transportait à l'hôpital: «J'aime ma femme», comme un écho de tous ceux et celles qui ont mis en avant la justification amoureuse pour expliquer l'assassinat de l'aimée Marie et de tant d'autres aimées tuées ou battues par des «amoureux» exacerbés.

Faut-il à l'occasion de cette fête de Pâques qui marque pour les chrétiens la résurrection du Christ, mort pour racheter l'homme, rappeler la parole évangélique «Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime»?

Les meurtres qu'on dit d'amour ne seraient-ils pas dictés par la haine? La haine de soi, certes, mais la haine de l'autre avant tout. La colère, la rage, le ressentiment sont les moteurs du passage à l'acte de tuer. La vision romantique du crime passionnel est affaire de littérature, de théâtre. La réalité est plus sordide. Les coups de couteau qui transpercent la poitrine d'un enfant, les coups de poing à mains baguées qui frappent à répétition la tête de la victime, les halètements de la bête humaine qui s'acharne sur sa proie seraient dictés par l'amour?

Wajdi Mouawad, en invitant son «ami», son «frère» Bertrand Cantat à faire partie de la distribution de sa trilogie, avant de faire un choix artistique, a choisi la transgression sociale. «L'art est miroir des souffrances et des douleurs», comme il l'écrit, mais ajoutons: à la condition de demeurer dans l'espace fantasmé.

Si l'on peut donner sa vie pour l'amour de l'autre, l'on ne peut pas tuer l'autre pour atténuer sa souffrance et son désespoir. Et ceux qui tuent, aussi souffrants soient-ils, conservent intacte, à moins d'être atteints de démence, une liberté que reconnaît la justice des hommes en les condamnant au nom de la loi.

La résurrection des chrétiens est symboliquement le triomphe de la vie sur la mort. L'amour qui tue marque la dérive du coeur et de l'esprit fascinés par la Noirceur si chère aux tragédiens. L'amour sans la conservation de vie est un non-lieu, un non-sens, un huis clos dont l'assassin est éternellement prisonnier.

***

denbombardier@videotron.ca
 
 
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  • Claude Gilbert - Inscrit
    23 avril 2011 01 h 40
    Je n'arrive pas à comprendre que vous ne compreniez pas, Madame Bombardier. Vous si cultivée et souvent si perspicace!
    Wajdi Mouawad vient d'un pays traversé de conflits qui furent sanglants pendant 25 ans, qui ont fait fuir sa famille avec combien d'autres de ses compatriotes aujourd'hui dispersés sur toute la planète. Mais ce pays a survécu, existe encore, et aucun des anciens belligérants n'a exterminé l'autre, ce qui aurait en un sens facilité la suite des choses. Qu'est-ce qu'on fait alors pour recommencer à vivre? Il faut bien en venir à accepter qu'une certaine justice approximative ait le pouvoir de déterminer à peu près les responsabilités des uns et des autres; sinon, si on exige la justice intégrale, complète, à son propre gré... autant dire qu'on va repartir la guerre civile. La réconciliation, c'est l'acceptation de ce qu'il est nécessaire de passer à autre chose un moment donné, ou alors on retombe dans la spirale de la violence rétributrice à l'infini. C'est dur à saisir dans un pays comme le nôtre? Pourtant, même en Afrique du Sud, les travaux de la commission d'enquête mise sur pied après la chute de l'apartheid ne visaient pas seulement "la vérité" mais aussi "la réconciliation". Autrement dit, faire face ET dépasser; faire face, oui, mais POUR dépasser. Quel aurait été là-bas l'autre terme d'une alternative? Éliminer les Blancs, qui l'auraient peut-être mérité? Nelson Mandela ne l'a pas vu ainsi, lui qui, élu président, parlait afrikaner avec son dernier prédécesseur blanc, c'est-à-dire la langue des oppresseurs déchus.
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    23 avril 2011 04 h 43
    Vous posez des questions intéressantes.
    Wajdi Mouawad se pose des questions que la plupart des gens ne se posent pas. En tant que créateur, il a des outils abstraits qui lui permettent de nous amener subjectivement à nous questionner et à tenter de répondre nous aussi aux questions qu'il pose par ricochet.

    Avec l'affaire Cantat, nous n'étions plus dans le subjectif. Wajdi Mouawad nous mettait devant un miroir afin de nous amener objectivement à la simple question de savoir concrètement où nous nous situons par rapport au pardon. Avec raison, beaucoup de gens se sont sentis bousculés par la procédure.

    Normalement, un être humain ne réfléchit pas quand on le bouscule. Il est alors en réaction à quelque chose, souvent même sans pouvoir réellement définir cette chose. Une fois le bouclier levé, c'est d'autant plus difficile d'amener l'autre à quelque introspection que ce soit.

    L'art est souvent subtil, mais l'artiste, qui doit vivre avec ses propres fantômes, est souvent lui-même bousculé par ce qui l'habite. Mon impression, à prendre avec un certain bémol, est que Wajdi Mouawad voulait nous faire manger un fruit qui n'avait pas assez mûri. Sa réflexion va se poursuivre!

    De mon côté, j'ai vu la pièce de théâtre "Incendie", de Wajdi Mouawad. Il était dans la salle et, après la pièce, nous avions eu la chance, le privilège de lui poser des questions. Mon impression est qu'il y a beaucoup de gentillesse dans ce monsieur, et je pense aussi que ce n'est pas une gentillesse affectée.

    Cette affaire n'a pas été inutile pour moi, ni fort probablement aussi pour d'autres. Votre texte prouve d'ailleurs que l'évènement est encore en délibéré pour certains d'entre nous.
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  • Eric Allard - Abonné
    23 avril 2011 06 h 40
    Le miroir de Mouawad
    M. Mouawad, dans sa lettre, a été tres rapide a juger selon ses propres valeurs les gens qu'il condamne pour avoir jugé M. Cantat, et le geste de l'avoir invité a jouer dans cette piece.

    J'espere au moins qu'il possede l'art de l'introspection afin de revoir son geste, sa lettre, et les incohérences qu'il a commises dans ce drame.

    En tout premier lieu, M. Mouawad s'était-il informé des difficultés légales a faire venir en terre canadienne M. Cantat avant d'annoncer en grande pompe sa présence sur scene? Si ce n'est pas le cas, il n'a que lui-même a fustiger pour toute cette histoire. Et si il s'était informé, alors on pourrait écrire qu'il a créé toute cette histoire dans le but de faire de la publicité gratuite a sa piece. Car avec les conservateurs au pouvoir, en pleine campagne électorale, qui aurait pu imaginer que cette histoire ne sortirait pas dans les journaux?

    M. Mouawad peut bien attaquer ce qu'il qualifie de lynchage public, il a lui-même arrosé de gas M. Cantat, et il se plaint qu'une étincelle aie mis le feu. Pourtant, en tant qu'artiste et habitué a jouer avec les émotions humaines, il devrait savoir que ce n'est pas l'institution de la justice qui fait le repentir des hommes, mais bien leurs propres actions depuis. Et qu'a fait M. Cantat en sortant de prison? Il se promene d'une scene a l'autre, comme si rien de tout ça était arrivé. Il croit pouvoir reprendre sa vie ou il l'avait laissée, sans geste public de repentir.

    En dernier lieu, M. Mouawad, d'ou provient en majorité la célébrité de M. Cantat selon vous. Est-il plus célebre pour sa carriere artistique passée, ou pour le meurtre de Marie Trintignant? Répondez a cette question honnêtement, et vous saurez a votre tour vous mettre a la place de l'Autre, de celui et celle qui s'insurge contre sa venue sur les planches chez nous.
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  • Manon Carrière - Abonnée
    23 avril 2011 07 h 38
    D'un autre monde
    Madame Bombardier, je trouve que vous visez juste. J'ajouterai seulement cette remarque à votre propos : monsieur Mouawad partage ce trait commun à certaines cultures qui sacralisent les amitiés masculines et banalisent la violence faite aux femmes. Ses réflexes psychologiques propres doivent à cet espace culturel.

    L'insolent
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  • France Marcotte - Abonnée
    23 avril 2011 07 h 36
    La lectrice est apaisée
    Comme lectrice, comme citoyenne, comme artiste, comme femme, j'attendais encore, désespérant, sans trop savoir quoi, avec cette affaire.
    Je crois que c'est ce texte que j'attendais. Il dit vrai avec sensibilité, savoir et intelligence et il nous fait honneur.
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  • Marie Labelle - Abonné
    23 avril 2011 08 h 02
    Au nom de l'amour...
    Madame Bombardier, merci, vous touchez une problématique très juste et très troublante. Ces êtres humains qui maltraitent et qui vont jusqu'à tuer mais qui pensent, malgré tout, aimer. Quel beau prétexte pour commettre les pires gestes...

    Mouawad, en ce sens, a fait ses choix, mais ils sont précipités. Ils reposent sur des valeurs magnifiées où la grande notion d'amour embrasse tout... mais étreint si mal.

    Au delà du pardon qui commande du temps et qui concerne d'abord la démarche personnelle et intime de celui qui commet l'irréparable, il y a énormément à réfléchir sur l'amour ... conditionnel, celui qui exige et qui attend, celui qui veut être payé de réciprocité, sans quoi il se transforme en ressentiment et puis en haine.

    Que savons-nous, nous tous, de l'amour inconditionnel???
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  • Valérien Lachance - Abonné
    23 avril 2011 08 h 24
    l'Amour est plus fort que la mort.
    Bravo Mme Bombardier.

    Vous avez visé juste en ce samedi de Pâques pour mettre en lumière le véritable sens de l'Amour: l'Amour désintéressé, celui qui donne, pardonne et s'abandonne aux intérêts supérieurs des autres.
    Un cordial merci. Joyeuses Pâques.
    Valérien Lachance
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  • Roshdy Yann - Inscrit
    23 avril 2011 08 h 48
    La violence conjugale
    En effet madame Bombardier, d'un côté l'effort était là pour cette lettre, mais de l'autre, la banalisation de la violence conjugale fait perdre tout le sens à cette poignante représentation.

    http://www.violenceconjugale.gouv.qc.ca/comprendre

    "Personne ne cherche ou ne provoque la violence de l’autre. C’est son comportement et lui seul qui en est responsable. Personne ne mérite de subir la violence."

    "La violence n’est pas une maladie. C’est un comportement choisi par celui qui l’exerce pour dominer et contrôler l’autre. Il est conscient des gestes qu’il fait, car il poursuit un but : tout contrôler et décider."

    "Il est responsable à 100 % de ses comportements violents. Il va cependant chercher à rendre sa conjointe responsable de sa violence pour qu’elle ne le quitte pas et ne le dénonce pas."

    Parmi les mythes les plus utilisés durant toute cette saga, j'ai sélectionné ceux-ci provenant de ce site du gouvernement québécois sur la violence conjugale.

    Je ne me suis en aucun cas prononcé sur l'actuel débat hormis pour dire que je suis derrière la loi canadienne. Par contre, je prend comme malhonnêteté intellectuelle le fait que monsieur Mouawad ne se soit pas renseigner plus sur ce type de violence: "Aujourd'hui pourtant je me tiens aux côtés de celui qui ôta la vie à la femme qu'il aimait. Cette mort, bien qu'il n'ait pas eu l'intention de la donner"

    L'intention? Vraiment?
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  • Genevieve Fiset - Abonnée
    23 avril 2011 10 h 00
    Le même malaise
    Merci pour votre texte d'opinion madame Bombardier. Je ne suis pas une grande féministe mais j'ai ressenti le même malaise lorsque j'ai lu la lettre de Wajdi Mouawad. Cette lettre destinée "poétiquement" à sa fille m'a dégoutée!

    Je me suis demandé comment Pierre-Hughes Boisvenu, père de Julie Boisvenu, avait réagit en lisant cette lettre. Je suis convaincue que lui aussi aborde plutôt dans votre sens que dans celui de Wajdi Mouawad.

    Monsieur Mouawad vit un peu trop dans le Pathos et pas assez dans la réalité!

    Une chose est certaine: Bien que la programmation semble excellente, ne comptez pas sur moi pour acheter des billets au TNM prochainement! La lettre de Wajdi Mouawad m'a convaincue d'y renoncer!
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  • Leproff - Inscrit
    23 avril 2011 10 h 18
    Le pardon ou la justice
    Plusieurs semblent ignorer que Cantat à donner la mort à Marie Trintignant en la frappant à plusieurs reprises (selon l'autopsie, 17 coups mortels ont été portés à sa victime), crime aggravé d'autant par une non-assistance à personne en danger, car Marie T. a été laissée huit heures sans soin... Voilà où le bât blesse, et il serait bon de considérer toute la preuve avant de d'accorder le pardon à Cantat.

    Cantat, on le sait, n'est resté que 4 ans en prison alors que la jurisprudence québécoise et canadienne prévoit de 10 à 25 ans, et même à perpétuité, pour ce genre de crime. Voilà pourquoi, ce me semble, une majorité de Québécois ont dit NON à la venue de Cantat au Québec. Cela n'a rien à voir avec l'art, mais avec la justice car Cantat a perpétré un crime trop grave pour s'en tirer à si bon compte.
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  • tohi1938 - Inscrit
    23 avril 2011 10 h 35
    Bienvenue dans la caverne de Platon!
    Rien de plus touchant que cette piété naïve, en autant qu'elle soit sincère, qui tente de justifier un mythe par un autre mythe. C'est bien le comble de l'intoxe, et cette fois Madame Bombardier ne fait pas dans la dentelle.
    Tout y passe, tous les clichés dont on a été imbibés, avec le point d'orgue magistral, en fait "magistériel", selon lequel donner sa vie pour ceux qu'on aime est la plus grande preuve d'amour!
    Donner sa propre vie, je veux bien, mais prendre la vie d'un autre, d'une autre en l'occurrence? Ne serait-ce pas la plus grande preuve de haine égoïste?
    La seule rédemption possible par la mort, pour rester dans le thème, eût dû impliquer que l'assassin se détruisit.
    Au moins on n'en parlerait plus...
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  • Geoffroi - Abonné
    23 avril 2011 10 h 48
    Malaise indéfinnisable
    Vous écrivez :
    « Ce débat nous a aussi plongés dans un malaise indéfinissable.»

    Calmez-vous que diable. C'est moins pire, me semble-t-il, que ce qui se passe actuellement en Lybie et en Syrie : là-bas, on tire à la mitrailette
    et du canon sur des femmes, des enfants et des hommes.
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  • Leproff - Inscrit
    23 avril 2011 13 h 39
    Comparaisons et amalgames
    « C'est moins pire, me semble-t-il, que ce qui se passe actuellement en Lybie »

    Une femme qui se fait battre, qui supplie son agresseur d'arrêter, qui tombe sous les coups, et que se relèvent pour se faire frapper encore et encore, jusqu'à ce qu'elle sombre dans l'inconsceince et qu'elle en meure, à quel autre crime peut-on référer?

    Une femme qui se fait violer, sanss pouvoir se défendre, à quel autre crime plus abominable peut-on comparer cet acte horrible?

    La guerre, c'est autre chose, et ce n'est pas cela qu'a vécu Marie Trintignant. Il ne faut pas comparer les genres, comme au théâtre.
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  • Roland Berger - Abonné
    23 avril 2011 13 h 53
    Contre la violence faite aux femmes
    Des Québécois qui dénoncent la violence faite aux femmes appuieront le 2 mai Stephen Harper qui, comme Charest, coupe les fonds aux organismes de lutte contre la violence faite aux femmes, entre autres ces luttes qu'un grand nombre d'elles livrent pour garder le pouvoir sur leur propre corps. Madame Bombardier aurait pu consacrer ses efforts à défendre ses dernières, et ce malgré le côté vers lequel penche son coeur de catholique.
    Roland Berger
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  • François Beaulé - Abonné
    23 avril 2011 14 h 14
    Comment la participation de Cantat sera-t-elle percue en France
    Mouawad maintient la participation de Cantat en France si la pièce est jouée hors le festival d'Avignon. Ainsi que dans d'autres pays européens. Comment les Français réagissent à cela?
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  • Le prince du Nord - Inscrit
    23 avril 2011 14 h 25
    Mr le sénateur Boisvenu
    @ Geneviève Fiset
    Puisque vous citez Mr Boisvenu, sachez que celui-ci n'est jamais intervenu auprès de son patron, Mr Harper, concernant l'enfant soldat Omar Kader! Je me serais attendu à plus de rigueur de sa part, lui défendant les victimes!
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  • Leproff - Inscrit
    23 avril 2011 16 h 26
    L'Affaire Kader
    L'affaire Kader est hors sujet et très différente de l'affaire Cantat, mais dans le cas de Kader, la justice américain prétend que Kader a tué un soldat américain. LE p'tit Kader n'était plus un enfant, mais un grand ados qui s'est retrouvé sur un champ de bataille de pas une décision de son père.
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  • André Michaud - Inscrit
    23 avril 2011 17 h 56
    Même Jésus ne pouvait TOUT pardonner
    Les hommes qui tuent des femmes ou des enfants méritent t'ils le pardon?

    Des gens qui s'attaquent aux enfants, même JÉSUS l'homme du pardon et du tendre l'autre joue ne pouvait leur pardonner. "Mieux vaudrait leur mettre une meule autour du coup et les jeter à la mer" qu'il disait. Hélas le clergé catholique lui pardonnait facilement ce crime, contrairement à Jésus.

    L'agression ou le meurtre de femmes ou enfants doit il être pardonné?
    Et quatre ans de prison , est-ce vraiment une juste punition?

    A t'on le pardon plus facile quand c'est un crime commis par un amis? Comme le clergé pardonnait facilement à ses prêtres pédophiles..
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  • Leproff - Inscrit
    23 avril 2011 20 h 20
    Le pardon
    «A t'on le pardon plus facile quand c'est un crime commis par un ami?»

    Excellente question. Qu'est-ce que je ferais si mon meilleur ami tuait sa conjointe? Pourrais-je lui tourner le dos? Je ne sais quoi répondre car cet à ami à qui je pense, je l'aime comme un frère. Assurément pas facile?

    Le pardon n'est pas facile, et pourtant plusieurs arrivent à pardonner au bourreau de leur enfant? Comment font-ils? Le pardon n'est pas facile et souvent impossible. La citation de Jésus m'interroge beaucoup. Serait-ce à penser que certains crimes sont à ce point monstrueux que même Dieu ne pardonnerait pas.

    Comment pardonner à Hiter? à Mao? à Pol Pot?
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  • Roland Berger - Abonné
    23 avril 2011 21 h 07
    Encore de la propagande religieuse
    Bombardier cite ce qu'elle dit être une parole évangélique : «Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime», alors que rien ne dit que cette parole eut été prononcée par le Jésus. Comme rien ne dit que ce Jésus ait donné sa vie pour sauver l'humanité entière, lui qui était un rabbin juif révolutionnaire qui voulait convertir le peuple dont il faisait partie à une religion d'amour de ses semblables... juifs. C'est le pseudo-apôtre Paul qui, s'opposant au frère de Jésus qui voulait continuer son oeuvre, a transformé le Jésus des Juifs en Jésus de toute l'humanité. Madame Bombardier a omis de dire qu'elle fait partie de l'élite qui se plaît à mépriser la plèbe inculte et anti-catholique. Il lui aurait fallu traverser son propre miroir.
    Roland Berger
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  • Isabelle Lachance - Abonné
    23 avril 2011 23 h 53
    Comme une impression de déjà-vu...
    Souvenons-nous du refus de l'éditeur Calmann-Lévy de publier _Les Bienveillantes_ de J. Littell. Voici les raisons invoquées par le directeur: « Tout sidéré que j'aie été par la prouesse littéraire, je l'ai refusé sans la moindre hésitation, et dût-il se vendre à 1 million d'exemplaires et recevoir le prix Goncourt que je ne le regretterais pas. Pour contribuer à tirer de l'oubli les victimes des Einsatzgruppen, plutôt que de faire appel aux souvenirs apocryphes d'un officier SS, je préfère, par exemple, m'appuyer sur le père Patrick Desbois, qui travaille depuis deux ans à l'exhumation des centaines de fosses communes laissées par les "unités spéciales" nazies» etc. Il poursuit, à propos du récit de P. Desbois : «Il est tout sauf romanesque et laisse au lecteur le soin d'essayer d'imaginer, à partir des indices et des témoignages, ce que fut le calvaire des victimes. Cet effort d'imagination, qu'on ne peut faire sans effroi, provoque une forme de communion avec les victimes qui s'appelle l'empathie. Elle nous oblige à aller vers elles, et ce mouvement n'a rien à voir avec celui qui nous fait nous détourner, horrifiés mais fascinés, de leur bourreau, dont Jonathan Littell voudrait néanmoins nous faire assumer l'abjection au titre de notre appartenance commune à l'humanité. »

    Si la vie démocratique est fondée sur la nécessité du débat et de l'argumentation, force est d'admettre qu'il y a des limites à ce qui peut être remis en question par ce débat et cette argumentation. Autrement, aucun absolu, tels les droits humains par exemple, ne tiendrait.
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  • julia - Inscrit
    24 avril 2011 07 h 39
    Je ne veux meme pas lire les commentaires..
    On m'a prévenu que c'etait "stupéfiants!". Vais pas "alimenter" la noirceur.

    Bravo Mme pour cette analyse si "lumineuse". Solidarnosc avec les victimes,

    souvent des mères et leurs enfants qu'il ne faut pas oublier.

    Au fait, selon la loi, Cantat reste un bon père , non?
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  • Georges Paquet - Abonné
    24 avril 2011 07 h 45
    Roland Berger ne sait pas comment exprimer so accord avec l'artiste...
    Roland Berger voudait bien appuyer Wajdi Mouhawad, mais il ne veut pas exprimer le fond de sa pensée. Alors il accuse ,à tort et à travers, les autres, ceux qui votent conservateu4r, et le style de mme Bombardier...
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  • julia - Inscrit
    24 avril 2011 07 h 58
    @ François Beaulé
    En France le meme "malaise", d'autant que TRINTIGNANT ETAIT INVITE LUI AUSSI. Scandaleux, quel mépris de la part de Cantat d'avoir accepté le Festival d'Avignon ou serait le pere de sa victime.
    Le premier a decliner sa venue, et le second ne viendra pas non plus.
    Enfin pour en terminer sur le thme de "Paques" (belles fetes à tous ;) , en Avignon on fait encore plus fort que Cantat au festival, on fait un Christ dans un bocal d'urine en expo..."Pardonnez leur, il ne savent pas ce qu'il font " : [[
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  • Leproff - Inscrit
    24 avril 2011 09 h 08
    Le mépris
    «...quel mépris de la part de Cantat d'avoir accepté le Festival d'Avignon ou serait le pere de sa victime.»

    En se plaçant sur la même tribune que le père, Cantat voulait laisser comme impression qu'il aime encore Marie. Mme Bombardier l'exprime bien dans son texte, lorsqu'elle parle du cardiologue Guy Turcotte qui hurle son amour à son épouse après avoir assassiné ses deux enfants.

    « ... comme un écho de tous ceux et celles qui ont mis en avant la justification amoureuse pour expliquer l'assassinat de l'aimée Marie et de tant d'autres aimées tuées ou battues par des «amoureux» exacerbés.»

    Un psy ne dirait pas mieux.
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    24 avril 2011 10 h 44
    La caverne de Platon de l'un des intervenants.
    C'est vrai qu'il y a un peu de la caverne de Platon dans l'explication de Madame Bombardier. Globalement, ses arguments font plus d'ombre qu'ils projettent de lumière. On dit que parfois l'ombre plait au sens commun. On dit aussi que trop de lumière peut rendre aveugle le sens commun.

    Quant à moi, je pense que madame Bombardier est une personne honnête. C'est ce qui est le plus important pour moi. Pour le reste, les gens peuvent bien avaler tout ce qu'ils veulent. Non mais, entre vous et moi, je peux être drôlement arrogant quand je le veux. C'est plus fort que moi, toutes mes excuses.

    Par ailleurs, la caverne de Platon pourrait expliquer beaucoup de choses un peu tordu de notre époque. Jean Guitton disait, de mémoire, "on s'élève selon ses ailes, on s'enfonce selon son poids, on ne dépasse pas sa mesure".
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  • Suzanne Chabot - Inscrite
    24 avril 2011 12 h 03
    On ne peut pas forcer le pardon, mais c est ce qui est le mieux

    Excusez l absence d accents dans le texte.

    Les chretiens ne pretendent-ils pas, si je me souviens bien, que Jesus a dit, alors qu il etait sur la croix : Pardonne-leur parce qu ils ne savent pas ce qu ils font ?

    En tout cas, nous, les musulmans, on ne croit pas que Jesus est mort sur la croix pour sauver l humanite du peche originel. Nous croyons que cette histoire est une fabrication, un mensonge, dans le but de fourvoyer les gens pour pouvoir mieux les dominer. Nous croyons plutot que c est une personne qui lui ressemblait qui a ete crucifiee a sa place (certains savants disent que ce serait Judas) et que Jesus a ete eleve au ciel et qu il reviendra a la fin des temps pour lutter contre l ante-christ.

    En ce qui a trait au meurtre, pour nous, les musulmans, c est la peine de mort qui est prescrite en application a la loi du talion. Toutefois, la famille a le droit de pardonner au tueur et la peine ne sera pas appliquee dans ce cas.

    M. Mouawad est musulman ou non? En tout cas, s il est musulman, je l invite a considerer le souhait de la famille Trintignant de ne pas pardonner au tueur. C est leur choix, ils en ont le droit, et leur choix devrait etre respecte, parce qu il est conforme a la justice divine, meme si les meilleurs d entre les etres humains sont ceux qui pardonnent. Il devrait chercher a convaincre les Trintignant de pardonner a son ami avant de convaincre les Quebecois de le rehabiliter. En tout cas, c est mon avis a lui, si jamais il lit ce commentaire.

    Suzanne Oum Ayoub
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  • Lepelletier - Abonné
    24 avril 2011 13 h 30
    L'affaire Cantat ou la multiplicité de l'angle d'approche.
    Par delà le drame, l'homicide conjugal,le créateur voulait -il mettre en lumière l'arbitralité de la justices des hommes et des femmes?Cherchait-il a provoquer la réaction en chaine?Lancer un cailloux dans l'oasis?Le Pardon absolu,nous donnons le permis de tuer à des soldats sans la moindre remise en question ou si peu.C'est triste que son urticaire se fasse dans le non-respect de la disparue.C'est mon point de vue.
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  • Roland Berger - Abonné
    24 avril 2011 15 h 42
    À Georges Paquet
    Bien voyons donc. Selon vous, me voici incapable d'exprimer mon accord avec le dramaturge. Je reprends pour vous qu'en voulant imposer le choix de Cantat aux spectateurs de ses pièces et, par extension, à l'ensemble du Québec, ce dramaturge a fait montre d'un profond mépris à l'égard d'un peuple qui s'efforce encore d'échapper à une culture catholique qui considérait et considère encore les femmes comme des machines à reproduction devant être soumises aux désirs sexuels de leur mâle de maris, ces derniers étant bénis par l'Église pour leur contribution à l'augmentation du troupeau de ses fidèles. Joyeuses Pâques !
    Roland Berger
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  • Jacques Baril - Inscrit
    24 avril 2011 22 h 25
    Ma vie m'assassine...
    Allez! on passe à autre chose!
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  • Danielle Cote - Inscrit
    25 avril 2011 01 h 19
    Bravo Mme Bombardier
    Je ne peux qu'ajouter Bravo à Mme Bombardier qui sait mettre les mots sur les maux de notre monde en proie à la confusion.

    Que la Lumière de Jésus Ressuscité nous éclaire tous !

    Donnez sa vie pour sauver celui ou celle que l'on aime est un amour qui dépasse notre raisonnement bien humain.

    Mais enlevez la vie à de pauvres innocents pour faire souffrir celle que l'on dit aimer est une marque d'égoïsme pure et très méprisable. Je ne peux juger, Seul Dieu peut juger les âmes. Mais je désapprouve ce geste provocateur au nom de l'art. Avant l'art il y a l'Amour, le Respect et la Justice.

    Mme Bombardier voit juste.
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  • Georges Paquet - Abonné
    25 avril 2011 07 h 47
    Mais oui, M. Mouhawad...
    Mais oui, c'est ce que vous mériteriez...

    Mon cher Wajdi, vous écrivez, dans la lettre à votre fille: "si je suis moi-même ton propre assassin, je ne voudrais pas être jeté aux orties des humains..."

    Mais oui, à mon avis, c'est ce que vous mériteriez. Être jeté aux orties des humains. Heureusement notre société évolue vers un peu plus d'humanité, et elle traite de façon humaine et aussi juste que possible, ses citoyens coupables de manque d'humanité. Elle les condamne à une réclusion temporaire ou perpétuelle.

    Il me semble pourtant que si ce sentiment d'humanité n'est pas partagé par celui qui doit faire face à ses semblables, il est plutôt mal placé pour en réclamer davantage qu'il en a démonntré...
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  • Nazlow - Inscrit
    25 avril 2011 11 h 28
    Rupture de catharsis ...
    La catharsis, dont on a tant parlé depuis qu’Aristote, dans sa Poétique, en a proposé la notion, s’effondre avec le projet de Wajdi Mouawad. Sensée susciter crainte et pitié tout en nous mettant à l’abri du réel puisqu’il ne s’agit que de théâtre, la catharsis ne tient plus, du moins pas sous cette forme puisque Mouawad désire vraisemblablement briser l’équation qui fait qu’une représentation n’est pas la réalité.
    Wajdi Mouawad vient de briser le moule. Il proposait une identification, voire une identité, entre un des protagoniste du choeur et l’objet même des pièces de Sophocle qu’il met en scène. Davantage, il voulait que le spectateur puisse s’en rendre compte, non pas en accusant encore et encore quelqu’un déjà condamné et ayant purgé sa peine, pas plus qu’en l’applaudissant plus qu’un autre sur la scène, mais comme partie prenante d’une tragédie écrite voilà plus de deux mille ans et qui se vit encore aujourd’hui. Cet immense défi de rompre avec une tradition qui remonte à Aristote est à saluer malgré toute la gravité et la complexité existentielle qu’elle met alors en scène dans toutes nos vies et pas seulement sur les planches d’un théâtre.
    Entre la démagogie populiste d’un Richard Martineau, l’apparente neutralité d’un Jean-Luc Mongrain, l’énervement infantile d’un Serge Denoncourt, on a pu entendre un Robert Lévesque beaucoup plus à propos et surtout un Wajdi Mouawad disponible et brillant dans sa pensée, à l’abri de toute vérité et donc de toute forme d’intransigeance ou d’intégrisme, ce qui ne veut pas dire confortable, bien au contraire.
    Ne répondre que oui ou que non à une question freine la réflexion, entraîne la pensée à s’enfermer sur elle-même, à mourir ! Wajdi Mouawad a manifestement refusé cet enfermement et pousse la réflexion dans des retranchements dont on ne soupçonne peut-être même pas l'existence ni la nature, sa
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  • Leproff - Inscrit
    25 avril 2011 13 h 03
    Les religions
    «Nous croyons que cette histoire est une fabrication, un mensonge, dans le but de fourvoyer les gens...»

    C'est la même chose pour l'Islam, ne vous en déplaise. Mahomet a bien manoeuvré pour entraîner une bande de gens armés dans son groupe qu'il a petit à petit transformé en religion. Il n'y a rien de plus à ajouter. Mahomet n'a jamais voulu créeer une religion, pas plus que Jésus.
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  • Marc O. Rainville - Inscrit
    25 avril 2011 14 h 19
    En bref
    ''La polémique a rejoint une opinion publique interpellée par les médias et mis en lumière, si besoin était, une fracture entre les défenseurs de l'art pour l'art et le commun des mortels. Une lutte des classes, à vrai dire, entre une élite artistique et la plèbe. Voilà pour les apparences.''

    Ce n'est pas si simple.

    ''Wajdi Mouawad, par sa sortie publique et cette lettre hautement perturbante à Aimée, sa fille de trois ans («si je suis moi-même ton propre assassin, je ne voudrais pas être jeté aux orties des humains»), nous entraîne davantage dans ses propres démons. Mais peu importe qu'il s'en défende, il a quitté l'art pour un terrain mouvant où son élan créateur ne peut le mettre à l'abri du jugement des autres. Le roi est nu cette fois. ''

    Très juste.

    ''L'amour sans la conservation de vie est un non-lieu, un non-sens, un huis clos dont l'assassin est éternellement prisonnier.''

    Éternellement... Comme la meurtrière Corriveau, condamnée à mourir suspendue dans sa cage de fer !
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  • Jacques Baril - Inscrit
    25 avril 2011 16 h 02
    «Le livre d'Éli», la Thorah, le Talmud, al Qur'ān... toutes graphies et religions confondues(!)
    Allez! on passe à autre chose!
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  • Fernande Trottier - Abonnée
    25 avril 2011 18 h 27
    Le pardon...
    La veille de l'entrevue de M. Mouawad, j'avais entendu le témoignage d'une femme qui vivaiti de la violence, qui a toléré, jusqu'à ce qu'elle se rende compte
    que sa fosse était creusée en arrière de leur résidence. Elle a quitté avec ses enfants avant que l'irréparable se produise, a fait un retour aux études et gagne maintenant sa vie et celle de ses enfants. Comment après avoir entendu cela,
    aurais-je pu passer l'éponge et oublier si rapidement l'affaire Cantat. On peut pardonner, mais on oublie jamais ! Libre après quatre ans seulement, ce M. doit faire ses preuves, qu'il aille travailler auprès des démunis, des malades, des
    prisonniers, etc., qu'il se mouille les mains dans la misère des autres, qu'il apprenne la
    vraie réalité de ceux qui sont des "sans adresse", après un cinq ans de liberté contrôlée, il pourra retourner au théâtre...il aura fait du temps et le pardon lui sera peut-être accordé, bien qu'il faut qu'il vienne du coeur !
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  • Odebel - Inscrite
    30 avril 2011 07 h 06
    EXCUSER, PARDONNER
    Madame,

    Personnellement, même si ces deux mots sont synonymes, j'ai tendance à faire une différence entre « excuser » et « pardonner ».

    Quant au geste, je ne peux l'excuser, car il est inexcusable. Quelles que soient les circonstances, du reste en sa faveur ou en sa défaveur, Cantat aurait dû se contenir et ne pas frapper. Mais, comme on sait, l'usage de drogues (chez Cantat comme chez Trintignant) mène à de graves dérèglements de la personnalité, du caractère, voire de l'âme. Je ne peux donc pas excuser ce geste, comme je ne l'excuserait pas non plus si la situation avait été inverse et que ce soit Cantat qui serait mort des coups portés par sa femme. Cela arrive aussi que les femmes soient violentes. Par contre, sur le plan humain, parce que personne n'est à l'abri de l'erreur, parce qu'une âme a le droit d'espérer essayer de se racheter, je pardonne. Je pardonne parce que tout esprit de vengeance, toute haine, ne font qu'enfermer l'Homme dans le cercle vicieux de la dissolution. Donc, je pardonne pour que l'âme ait la possibilité de s'agripper à son propre salut.

    Par ailleurs, en réfléchissant à tous ces hommes qui en veulent à leur femme de les laisser et se vengent de la plus horrible façon soit en la tuant ou en tuant ses enfants, je me dis que, peut-être, les hommes en veulent inconsciemment et inconsidérément aux femmes parce qu'elles représenteraient l'inceste (la femme, surtout si elle a mis au monde, serait toujours la « mère ») qu'ils commettraient par la force des choses. La question que je me pose est : est-ce que ce sont indirectement leur mère que les hommes tuent à travers leur femme? et encore LA mère que les hommes tuent indirectement à travers leurs enfants?

    (à suivre)
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  • Odebel - Inscrite
    30 avril 2011 07 h 06
    SUITE DE EXCUSER, PARDONNER
    Pour revenir à Cantat, je crois qu'en tant qu'être humain, il a le droit (je dirais même le devoir) de refaire sa vie, d'essayer de la continuer du mieux qu'il peut et, pour cela, d'avoir l'appui de personnes qui peuvent l'y aider. Mais je serais encline à penser qu'il faudrait alors qu'il choisisse un autre métier. On ne peut tout de même pas aller applaudir sur une scène quelqu'un qui a commis un tel geste...

    Quant à M. Mouawad, par cette lettre totalement démente écrite à sa fille de trois ans, il vient justement de l'assassiner pour le restant de ses jours. Cette enfant est déjà marquée du sceau de l'assassinat... Dur-dur! Et comme tout se passe, dit-on, avant 5 ans... Je prie pour qu'elle soit divinement aidée.

    Du point de vue artistique, je crois, Madame, que vos réflexions sont justes bien que le jeu de miroirs qu'installe cette dynamique instaurée par Mouawad puisse avoir en bout de ligne un effet cathartique et pour eux et pour la communauté artistique et dans le tissu social. Et, justement, la justice sociale doit se manifester au premier plan.

    Pourquoi les humains sont-ils si bêtes? Dans l'échelle évolutive, ne devraient-ils pas tout faire pour se hisser au haut de cette pyramide? Pour donner l'exemple? Ne sommes-nous pas censés nous conduire mieux que le simple animal?
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